CHRONIQUE DU JEUDI : Ben-to

Ben-to - Chronique du jeudi #11

Tous les jeudis, Amo reviendra sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Ces articles sont garantis sans spoilers et sont susceptibles de contenir des anecdotes triviales et amusantes. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques !

 

Bien avant de travailler sur les adaptations animées de la famille Joestar, le tout jeune studio David Production s’était fait les dents sur un light novel assez cinglé nommé Ben-to. Cinglé comment ? Eh bien, disons que le scénario parle d’humains comme vous et moi qui, chaque soir, se retrouvent peu avant la fermeture des supermarchés pour se battre dans les rayonnages. À la clé pour les vainqueurs de ces combats à mains nues sans pitié : le droit de prendre et d’acheter les plats préparés passés moitié prix dans l’après-midi.

 

Nous suivons donc les aventures d’un petit groupe centré autour du pauvre Satô, un lycéen normal et extrêmement pauvre qui se retrouve bon gré mal gré au centre de ces combats sans foi ni loi. Mais a-t-il le choix, compte tenu de son argent de poche limité ? Il sera accompagné par Sen Yarizui, présidente du club des bento moitié prix de son lycée, une véritable experte de la mêlée qui lui apprendra tous les rouages et autres mécanismes de ce monde nocturne qui ne laisse que peu de place aux plus faibles…

 

Voilà le postulat de Ben-to, un animé sorti en octobre 2011 et se montrant bien plus amusant qu’il n’y paraît.

 

De gauche à droite : au premier rang — Hana, Shaga et Satô. Au second rang — Inoue, Ume et Yarizui.

 

 

Hungry Like A Wolf

Ne cherchez pas de la subtilité ou de l’intelligence dans Ben-to car c’est un ouvrage qui en est dépourvu. Tout ici cherche à donner le sourire au spectateur, quelque soient les moyens mis en œuvre. Car Ben-to est over the top. Rien n’est fait dans la demi-mesure. On part ainsi d’un postulat incroyablement stupide… qui est traité avec le plus grand des sérieux. Car pour les personnages de cet animé, le combat pour manger un délicieux plat préparé est important : la défaite signifie rentrer chez soi la queue entre les jambes, obligé de manger des nouilles instantanées, symbole de l’ultime humiliation.

 

C’est d’autant plus flagrant que les scènes de baston font preuve d’un certain soin : bien animées et chorégraphiées, c’est un véritable plaisir à regarder. Les personnages y évoluent avec fluidité et naturel, et rares sont les scènes répétitives, tant on trouve de stratégies et de contextes différents. Le scénario évolue au fur et à mesure, greffant à ces batailles de supérettes des enjeux de plus en plus démesurés comme l’entrée en scène de gangs, véritables bandes organisées bien déterminées à voler les bento moitié prix de tous ceux qui s’opposent à eux, ou bien les doutes des héros sur leurs compétences... ou sur leur manière d’apprécier leurs repas. Est-ce qu’un repas pour lequel on ne se bat pas garde toute sa saveur ? Voilà l’une des questions philosophiques posées par la série (et cette phrase est un poil ironique).

 

 

Rien à dire : son sujet a beau avoir l’air a priori ridicule, Ben-to n’hésite pas à lui accorder de l’importance et à traiter les bento moitié prix comme s’il s’agissait des dernières reliques de Jésus Christ. Et c’est de très loin sa plus grande qualité, car cette folie assumée et contrôlée lui offre instantanément une personnalité unique qu’on aimerait voir plus souvent dans l’animation japonaise.

En plus de ses combats, Ben-to possède un casting de personnages secondaires assez varié, avec entre autres la cousine du héros, Shana, une beauté à lunettes pleine d’énergie ou bien Oshiroi, une petite binoclarde gringalette qui semble toujours bénéficier d’une chance ahurissante en plus de posséder une passion démesurée pour le yaoi, n’hésitant pas à créer des couples avec les différents personnages masculins s’il le faut.

 

Nom nom nom

La série ne dure que 12 épisodes et aucune seconde saison n’a été annoncée ces trois dernières années, pour le meilleur comme pour le pire. Adaptation de light novel, Ben-to ne possède donc pas de véritable fin et il faudra essayer de trouver les tomes en japonais pour savoir quel avenir attend nos héros, ce qui est particulièrement frustrant.

 

Plus dommageable est la légère irrégularité qualitative dans les derniers épisodes de la série. Certains épisodes de la seconde moitié de la série sont ainsi assez pénibles à regarder et partent dans un humour de comédie lycéenne assez bas du front qui, pour le coup, a déjà été vu 300 fois ailleurs. Malgré ça, c’est aussi dans cette seconde moitié qu’on trouve les meilleurs moments, comme cet épisode de piscine qui restera dans les annales.

 

 

Ben-to est avant tout un divertissement simple, bête et méchant. On y trouve tout ce qu’il faut pour ne pas s’ennuyer : de la baston, de jolies filles, de beaux mecs, de l’humour et du délire. Le tout est bien rythmé, est techniquement assez solide et se regarde facilement avachi devant la télé une main dans le sceau de popcorn.

 

On pourrait croire que c’est quelque chose de simple de faire une série « juste » divertissante… mais nombreux sont les animés qui nous ont prouvé le contraire en confondant être divertissant et juste prendre ses spectateurs pour des courges. C’est ainsi la plus grande force de Ben-to : être un anime con tout en parvenant malgré tout à ne pas mépriser qui que ce soit. C’est juste fun, certes, mais c’est très bien fait et l’on n’en sort pas en se sentant intellectuellement insulté. Contrat rempli.

 

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Quand il n’écrit pas des pavés, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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