CHRONIQUE DU JEUDI : Angel Beats!

Angel Beats! – La chronique du jeudi #20

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques !


Key est un studio de visual novel particulièrement réputé pour trois ouvrages majeurs qui ont connu un grand succès aussi bien dans leur format original que grâce à leurs adaptations animées : Air, Kanon et Clannad. Trois ouvrages qui ont su toucher un public large grâce à la palette d’émotions qui les composent. Avec Key, la comédie et la tragédie ne sont jamais très loin et l'on peut aussi bien pleurer de rire que de tristesse. Rajoutez à cela des incrustations malignes d’éléments fantastiques dans des cadres « réalistes », des personnages complets et, bien souvent, une abondance de fins (Clannad en possède une vingtaine) et vous comprendrez l’aura d’un studio qui continue aujourd’hui d’être productif avec les sorties récentes de Little Busters! ou bien Rewrite.


En 2010, le studio s'associe au studio d’animation P.A. Works pour proposer une œuvre originale qui ne soit l’adaptation d’aucun de leurs visual novels. Cela donne un animé de treize épisodes nommé Angel Beats! qui est, bingo, le sujet de l’article d’aujourd’hui.




Les personnages principaux d'Angel Beats! dans le sens des aiguilles d'une montre en partant du haut :

Yuri, Tenshi, Otonashi, Hideki, Yui

All my friends are dead


Le héros de cet animé est un jeune homme nommé Otonashi. Il se réveille un jour au beau milieu d’un campus lycéen, mais ne se souvient ni de son nom ni de son passé. Il fait alors la rencontre d’une élève nommée Yuri, qui lui propose de rejoindre sa rébellion contre « Dieu ».


En effet, le campus sur lequel il se trouve est bien particulier : déjà, aucun élève ne peut physiquement le quitter. Ensuite, une majorité desdits élèves ne sont pas réellement humains, mais sont en fait des « PNJ » (personnages non-joueurs), c’est-à-dire des intelligences artificielles qui sont simplement censées se conduire mécaniquement comme des élèves « normaux », mais qui ne disposent pas vraiment d’une personnalité ou d’une quelconque humanité. Enfin, tous ceux qui ne sont pas des PNJ… ne peuvent pas mourir. Ils auront beau chuter de haut, être criblés de balles, boire du poison ou se pendre, ils reviendront à la vie comme si de rien n’était quelques minutes plus tard. Il n’y a donc aucune issue dans ce campus et pire, une mystérieuse entité nommée Tenshi (ange) semble faire disparaître les élèves un par un…


Yuri, de son côté, est donc le leader de la SSS, c’est-à-dire la Shinda Sekai Shinsen, un front de résistance qui cherche à s’opposer à Tenshi et à élucider les mystères qui régissent ce purgatoire… Car, oui, tous les élèves de ce campus sont en fait morts dans leur vie antérieure et ils vivraient ici simplement une étrange existence post-mortem. Les treize épisodes seront donc dédiés à cette quête du SSS pour découvrir la vérité tandis qu’Otonashi essaiera de se souvenir de son passé et de qui il est vraiment.


La Brigade SSS


Voici, en gros, le synopsis d’Angel Beats! et il faut bien avouer qu’il ne passe pas inaperçu. Il reprend certes un cadre classique mille fois vu ailleurs (les campus lycéens), mais parvient à suffisamment le codifier pour lui offrir d'emblée une véritable personnalité. Ce concept d’au-delà lycéen est parfaitement exploité et les enjeux sont posés clairement dès le premier épisode, ce qui attise la curiosité et crée un certain enthousiasme.


Surtout que plus la série avance, plus on retrouve cette patte Key typique avec ce mélange audacieux – mais très réussi – d’un humour parfois très potache avec des scènes émouvantes et touchantes… L’animé se plaît même à rajouter des scènes parfois assez cruelles et il n’est pas forcément recommandé de trop s’attacher à certains personnages. Un mélange succulent, donc, même si l’écriture manque parfois un poil de subtilité et que certains reprocheront un abus certain de pathos.



Highschool of the Dead


La légende veut qu’avant d’être un anime de 13 épisodes, Angel Beats! fût prévu pour en durer le double, c’est-à-dire 26. Compte tenu du résultat final, il ne serait pas impossible que cette légende soit vraie, car le plus gros défaut de la série est de très loin sa fin soudaine et un peu vulgairement expédiée. Sans trop spoiler, disons qu’arrivé à la moitié de la série, le scénario fait une embardée. Les personnages deviennent le centre de la série et chaque épisode est alors dédié à un de ces (très) nombreux personnages secondaires. Chacun est développé avant de disparaître dans une scène assez émouvante, car le vrai scénario d’Angel Beats est avant tout de voir des âmes au passé traumatisant apprendre à trouver un peu de bonheur pour être apaisé et pouvoir quitter le cycle.


Mais le problème est que la série n’a le temps de s’attarder que sur un ou deux personnages avant de devoir mettre la clé sous la porte ! Le dernier épisode est certes très émouvant, mais il fait en dix minutes des choses qui auraient eu un effet supérieur avec un épisode dédié, méritant un meilleur développement…



Et le pire, c’est que l'on rate le développement de nombreux personnages qui l’auraient mérité, car il faut l’avouer, les personnages secondaires d’Angel Beats! sont attachants. Ils ont tous des traits de personnalités assez délirants et forgent entre eux une dynamique divertissante qui fonctionne admirablement bien. Que ce soit TK le breakdancer à l’anglais pété, Sheena le ninja facilement distraite par les trucs mignons ou bien Takamatsu le faux intello véritablement débile, il se dégage une bonne ambiance du casting et c’est ce qui compte. Cela n’empêche pas quelques erreurs comme le personnage de Yuri qui ne parvient jamais vraiment à convaincre, mais dans l’ensemble c’est du bon.


Du coup, on sent qu’initialement, Key et P.A. Works voulaient développer chaque personnage et leur offrir à tous leur moment de gloire. C’est terrible parce que les dix premiers épisodes ont par conséquent un rythme et une construction complètement différents des trois derniers. À partir du onzième, on sent que les auteurs ont pris conscience que non, ça n'allait pas être 26 épisodes et qu’il fallait commencer à tout boucler le plus rapidement possible. Au moins, la série parvient à ne pas se perdre et réussit à répondre à toutes les questions tout en offrant à tous les personnages au moins une seconde de gloire, mais hélas, ça passe trop vite et cela se fait au détriment de l’ambiance, qui ne parvient plus à se poser et ressemble du coup à un immense hachis parmentier qui gave l’estomac plus qu'il régale le palais.


On ne l'attendait pas forcément, mais Angel Beats! possède également de très jolies scènes de concert


Après, Key a essayé de profiter d’autres supports pour développer cet univers : il y a un light novel, un manga… Tous essaient de raconter l’histoire sous un autre angle et de mettre en lumière des personnages différents autres qu'Otonashi, mais étrangement, ce n’est pas pareil. Surtout parce que l’anime est somptueux – il s’agit là d’un des premiers travaux de P.A. Works qui nous a depuis éblouis les yeux avec des animés visuellement superbes comme Hanasaku Iroha, Nagi no Asukara ou certainement le futur Glasslip. Il y a ainsi ce travail ahurissant sur les couleurs et sur le chara design des personnages, typique du studio, en plus de ce petit fétichisme pour les levers et couchers de soleil que le studio semble particulièrement affectionner. C’est vraiment un beau travail d’animation et la technique est dans l’ensemble d’une qualité non négligeable. Si vous en avez l’occasion, essayez de voir la série en Blu-ray. Bref, on aurait aimé voir ce que raconte le light novel et le manga avec cette qualité visuelle.


Enfin, la série va peut-être connaître un nouveau souffle et un développement tant attendu puisqu’une série de visual novels par Key devrait couvrir les événements qu'elle n'a pas pu raconter. Le premier des cinq épisodes devait même sortir cette année, avant d'être repoussé aux calendes grecques…




En fin de compte, la seule chose que l'on pourrait vraiment reprocher à Angel Beats! c’est de ne pas tenir ses promesses : le cadre est original, le visuel est superbe, les idées sont intéressantes et la série est suffisamment bien rythmée pour être un divertissement plus qu’appréciable. Du coup, cette fin expédiée et ces personnages non développés frustrent plus qu’autre chose et nuisent à l’appréciation de la série, qui aurait vraiment pu être bien meilleure.


Malgré tout, si vous cherchez une courte série très divertissante, très drôle et qui est susceptible de vous arracher quelques larmes, Angel Beats! ne peut pas faire de mal !


Si vous avez aimé Angel Beats!, donnez une chance à : Little Busters!


Jeune adulte responsable ayant pleuré durant tout l'épisode 13 d'Angel Beats!, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo
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