CHRONIQUE DU JEUDI : AnoHana

Ano Hi Mita Hana no Namae wo Bokutachi wa Mada Shiranai. – La chronique du jeudi #24

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques !



Jintan est un lycéen qui reste cloîtré chez lui. Déprimé, il ne voit plus vraiment de raison de vivre et cherche encore une place dans la société. Un beau jour lui apparaît le fantôme de Menma, une amie d’enfance décédée il y a maintenant plusieurs années lors d’un mystérieux été qui le marquera à jamais. Cela va le motiver à reprendre contact avec ses amis de l’époque afin de savoir ce qu’ils sont devenus et peut-être, enfin, faire le deuil de Menma…


Voici, tel quel, le pitch d'Ano Hi Mita Hana no Namae wo Bokutachi wa Mada Shiranai., un animé de 2011 qui aura pas mal marqué le cœur de tous ses spectateurs. Et qui a un nom tellement long que, naturellement, on l’appellera AnoHana pour tout le reste de l’article.





Souviens-toi l’été dernier


AnoHana est donc une série d’onze épisodes réalisés par A-1 Pictures. C’est une série originale qui se place durant le fameux créneau « noitaminA ». Si vous ignorez ce que c’est, dites-vous qu’il s’agit d’une case horaire bien précise de la chaîne Fuji TV qui a pour ambition de proposer des œuvres d’animation « différentes » et adressées à un public plus mature et peut-être moins familier de l’industrie. Y furent diffusés une soixantaine d’animés, entre autres Psycho-Pass, Honey and Clover, Nodame Cantabile, Eden of the East, Guilty Crown, Tsuritama ou bien, actuellement, Terror in Resonance.


C’est un créneau important pour l’animation japonaise dans son ensemble, car on y trouve effectivement des œuvres qui, parfois, n’auraient pas pu se trouver une place ailleurs. En outre, on est souvent assurés d’y avoir des animés techniquement plus travaillés que la moyenne, ceux-ci subissant une pression supplémentaire compte tenu de « l’importance » du créneau. Après, la qualité en elle-même n’est évidemment pas toujours au rendez-vous et être labellé noitaminA ne signifie pas automatiquement que vous êtes un bon animé, mais au moins cela vous met en avant de manière indiscutable.


C’est donc accompagné de C: The Money of Soul and Possibility Control qu’AnoHana occupe fièrement le créneau noitaminA du printemps 2011. Dès le premier épisode, difficile de ne pas être pris au jeu. À l’heure où beaucoup d’animés disposent d’un rythme assez lent et aiment disséminer leurs informations au compte-gouttes, ce premier épisode d’AnoHana se veut dynamique et rempli d’informations. On nous présente ainsi les différents protagonistes et on comprend très vite que la plupart d’entre eux sont encore profondément marqués par la mort de leur amie, une mort qui date pourtant de sept/dix ans.


Car au delà d’une histoire vaguement fantastique avec un fantôme mignon comme tout, AnoHana est avant tout une histoire sur le deuil, son acceptation et à quel point la mort soudaine d’un proche peut changer radicalement un groupe de personnes, aussi bien collectivement qu’individuellement. Mais au lieu d’utiliser un ton sombre, grave et déprimant pour transmettre son message, la série préfère aller visiter le terrain de la comédie. Attention : ne pensez pas que « comédie » signifie que vous allez rire aux éclats pendant onze épisodes, loin de là. Cela signifie simplement que le ton se veut léger, ce qui n'empêche pas la série de dire des choses graves, mais en l’enrobant d’une certaine douceur.



Adolescents


Le vrai sujet d’AnoHana, c’est ses six protagonistes, qui faisaient tous partie du même groupe d’ami durant leur enfance, sous le nom Super Peace Busters :


Menma, le fantôme qui apparaît auprès du héros et que lui seul peut voir. Morte noyée dans une rivière il y a des années, elle semble avoir gardé son état d’esprit enfantin, et elle continue à porter sur elle la robe dont elle était vêtue lors de sa mort. Pour tous ses camarades de l’époque, elle était un modèle à suivre et une personne généreuse, remplie d’énergie et très charismatique. Mais quelles sont les vraies circonstances de sa mort ? Est-elle véritablement un fantôme ou tout simplement une invention de l’esprit de Jintan ? Si elle est un fantôme, comment apaiser son âme pour qu’elle puisse partir définitivement vers l’au-delà ?


Jintan, un lycéen introverti qui s’est isolé du reste du monde en s’enfermant chez lui. Quand il était enfant, c’était au contraire un garçon plein d’énergie qui servait de leader à tout le petit gang d’amis. Il était amoureux de Menma à l’époque, mais tragiquement, la mort les a séparés. Passant désormais son temps à jouer aux jeux vidéo et à sécher les cours, la réapparition de Menma va l’amener à se remettre en question et à essayer de se trouver une place. Cela va l’amener à revivre cet été tragique et à essayer de revoir tous ses amis de l’époque.



Anaru, une des anciennes amies de Jintan. Avant l’accident, c’était une jeune fille timide et peu sûre d’elle. Après, elle s’est mise à radicalement se transformer physiquement, multipliant maquillage, achats de vêtements, coiffure, vernissage des ongles, etc. Malgré tout, elle reste assez attachée à certaines de ses passions secrètes comme le jeu vidéo. Elle perçoit la mort de Menma comme la perte d’un modèle et a assez mal vécu l’isolement de Jintan.


Poppo, comme Jintan, a abandonné sa scolarité, mais ne le vit pas de la même façon. Là ou Jintan reste enfermé chez lui, Poppo est toujours en dehors de chez lui : soit il continue de vivre dans la petite base secrète qui servait de point de rendez-vous aux Super Peace Busters, soit il voyage tout autour du monde, finançant ses déplacements à l’aide d’un travail assez physique au sein d’une entreprise de construction. Restant malgré tout assez immature et détaché, son caractère drôle et excentrique cache en fait une culpabilité immense. Comme tous ses camarades, il aura été profondément affecté par la disparition de Menma…


Yukiatsu. Le « bras droit » de Jintan à l’époque, il est aujourd’hui devenu un lycéen très populaire et très doué au sein d’un prestigieux lycée. Au premier abord, il ne semble pas avoir particulièrement souffert des évènements et arbore une façade arrogante et un peu hautaine envers ses anciens camarades. Lui aussi amoureux de Menma à l’époque, il cherche à se rapprocher d’Anaru pour en faire sa petite amie de remplacement. Il est toujours accompagné de Tsuruko. Évidemment, tout n’est pas aussi simple que ça et Yukiatsu cache quelque chose de suffisamment important pour qu’il souhaite le garder secret à tout prix.


– Et enfin, Tsuruko est la dernière membre du groupe et la plus discrète. Évidemment amoureuse de Yukiatsu, elle continue de l’accompagner même si ses sentiments ne semblent pas particulièrement être réciproques. Stoïque et assez sarcastique, elle semble très critique envers ses anciens camarades et, comme Yukiatsu, ne semble plus avoir de traces psychologiques liées au drame.  Évidemment, elle revêt un masque et elle aussi a été longuement marquée…



Tout le sel d’AnoHana est donc son casting de personnages principaux, qu'il s'agisse des relations qui les lient, leur évolution ou bien leur psychologie. Chacun va sortir de la fin de la série libéré de ses soucis, mais le chemin pour y parvenir ne sera pas forcément généreux envers eux.


L’occasion donc de mentionner la bonne écriture de l’ensemble. Le principal atout d’AnoHana est son rythme, très dynamique. Chaque épisode passe plutôt vite, déroulant de manière efficace un grand nombre d’évènements. Avec « seulement » 11 épisodes, AnoHana doit être rapide et ne peut pas vraiment prendre son temps, ce qu’il arrive à faire sans avoir l’air trop rushé. En outre, il réussit très bien ce mélange entre une atmosphère légère, un ton grave et des scènes très riches en émotion. AnoHana est un animé qui peut faire pleurer tous ceux équipés d’un cœur en état de marche. Les épisodes finaux sont riches en larmes et c’est suffisamment rare dans l’animation japonaise pour être signalé.



Et puis, peu de séries exploitent le jeu Pokémon dans leur scénario


Cette qualité globale explique sans doute le grand succès de l’animé au Japon. En 2013, un film d’animation sort dans les salles et dépasse le milliard de yens au box-office  Avant cela, la série est plébiscitée dans les ventes de DVD et de Blu-ray, semblant prouver qu’un animé du créneau noitaminA peut parvenir à son objectif, à savoir toucher un public large.



Illustration principale pour le film AnoHana


AnoHana est un animé qui vaut le coup d’être vu. Il se regarde rapidement, facilement, et saura toucher un public large. Sa qualité est d’être universelle et on ne peut finalement lui reprocher que peu de choses, à part peut-être certaines révélations maladroites. En fin de compte, tout cela reste un détail et cet été, découvrir AnoHana peut être une excellente idée.



Jeune adulte responsable qui arrive à retenir les cinq ou six premiers mots du titre d'AnoHana en entier, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo
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