CHRONIQUE DU JEUDI : Maria Holic

Maria Holic – La chronique du jeudi #25

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques !


S’il fallait désigner un genre comme celui le plus privilégié par l’animation japonaise, quantitativement parlant, la réflexion ne durerait pas trop longtemps et cela reviendrait sans nul doute à la comédie. Comme tout le monde, les Japonais aiment rire et ça se ressent ; mais parmi les nombreuses formes d’humour, le Japon est très timide dans l’art de la parodie. Pensez au cinéma comique occidental qui possède un humour souvent très référentiel et qui aime prendre des scènes ou des films iconiques pour les caricaturer et les moquer. Exemple évident : la série des Scary Movie, mais aussi nombre de films de Dreamworks, Shrek en tête.


Mais étrangement, au Japon la parodie s’exprime différemment. Bien sûr, il arrivera occasionnellement de trouver dans certaines comédies des références explicites à d’autres animés cultes, comme cet épisode de Gintama qui reprend plan pour plan la fin d’Evangelion, mais finalement très très rares sont les animés qu’on peut vraiment qualifier de pures parodies. Celui qu’on va évoquer aujourd’hui peut être considéré ainsi… mais encore, pas vraiment ! Messieurs, mesdames, parlons aujourd’hui de Maria Holic.


De gauche à droite : Mariya, Matsurika et Dieu (c’est son nom). En chibi : Kanako, l'héroïne



Naughty Nuns


L’héroïne de Maria Holic est Kanako, une jeune fille qui fait sa rentrée au sein d’une très prestigieuse académie pour filles : Ame no Kisaki. Une école importante pour elle, puisque c’est au sein de ce bâtiment que ses deux parents (une élève et un professeur) se sont rencontrés et aimés. Elle espère donc profiter de son intégration dans cette école pour perpétuer la tradition familiale et elle aussi y trouver l’amour, car Kanako est lesbienne et fière de l’être ! Dès son premier jour, elle fait la rencontre de Mariya Shidô, une élève de son âge, gentille, intelligente et charismatique. Convaincue d’avoir trouvé l’âme sœur, Kanako est enthousiaste et se prépare à vivre un rêve éveillé pendant tout le reste de sa scolarité...


… sauf que Mariya est en fait un garçon travesti et que, pas de chance, non seulement sa véritable personnalité est celle d’un homme manipulateur et sadique, mais en plus Kanako le découvre au mauvais moment et doit vivre sous la menace perpétuelle de ce garçon bien convaincu à ne jamais laisser son secret filtrer…


Oui si vous vous demandez toujours, Maria Holic est bel et bien une comédie malgré cette situation initiale presque sombre. Car une grande majorité de l’humour de la série va reposer sur une chose : Kanako n’est pas une fille très maligne, et il lui arrive des tas de malheurs en conséquence. Observons donc comment elle se retrouve dans des situations impossibles et rions de ses humiliations !


Vous ne voulez pas être Kanako !



À la base, Maria Holic est un manga de Minari Endô qui sera adapté au début de l’année 2009 par le studio SHAFT, auquel on a déjà dédié une chronique du jeudi. Inutile de le spécifier, mais la réalisation et le travail visuel effectué sur l’animé représentent un de ses principaux intérêts. Si techniquement c’est pas toujours très poussé, reconnaissons que c’est un animé agréable à voir, avec une identité graphique unique, qui incorpore quelques éléments chrétiens dans son imagerie, ce qui est tout à fait adapté vu le lieu dans lequel se déroule la série.


Et, surtout, SHAFT a amené à la série une de ses principales qualités : son démentiel générique d’ouverture.




Oh Mariya, si tu savais


Maria Holic est donc une comédie qui s’amuse à parodier assez frontalement des titres yuri comme Strawberry Panic ou, surtout, Maria-sama ga miteru. On y trouve un esprit assez similaire, à base de lycée exclusivement féminin, très catholiques dans leur conception. Enfin « catholiques » de manière assez caricaturale et qui ferait sourire les fans d’animé un peu pratiquants — il faut souligner que le catholicisme n’est pratiqué que par 2 % des Japonais donc il ne faut pas forcément s’offusquer de les voir prendre certaines libertés avec cette religion.


Le satyre est proche, et l’œuvre ne s’en cache que peu. L’héroïne ne connaîtra guère la joie des relations interdites et finit par ressembler, à la longue, à une perverse aussi dégueulasse qu’un vieillard lubrique. Ses saignements de nez sont réguliers et deviennent, d’ailleurs, un running gag indispensable de la série: plus celle-ci avance, plus elle semble perdre de sang à chaque fois…


Donc ici pas de yuri, pas de shôjo-ai, pas de mains féminines qui se frottent et plus encore : juste de la vanne.

 

 

Spoiler : ça n’arrive jamais dans l’animé


L’humour de la série reste assez classique en général et, hélas, n’est pas spécialement varié. Beaucoup de blagues tournent autour de l’idiotie de Kanako et des punitions, souvent corporelles ou psychologiques, infligées en conséquence de ses échecs. Beaucoup de gags sont à peu près les mêmes et les personnages secondaires sont souvent équipés d’un seul et unique trait de caractère qui sera exploité jusqu’à épuisement.


Néanmoins, il faut avouer l’attrait du personnage de Mariya Shidô. Nommons-le humblement le « roi des trolls ». Voilà un personnage qui sort assez des sentiers battus : travesti sadique et intelligent, doublé par une Yû Kobayashi extrêmement motivée par ce rôle, il porte à lui seul l’intérêt de l’œuvre et connaît, dans la seconde saison, un développement intéressant. Il est intéressant à voir évoluer, ce qui est assez normal compte tenu du fait qu’il s’agit vraisemblablement du véritable personnage principal.


Car oui, la série de 13 épisodes a connu une suite en 2011 nommée Maria Holic Alive. Pour vous donner une idée, le premier épisode commence avec une parodie de Saw tout en légèreté et subtilité. On y notera l’apparition d’un petit scénario, mais à part ça, il partage les mêmes qualités et défauts que sa prédecesseure.




Maria Holic est une comédie finalement assez moyenne. Pas plus drôle ou pas moins drôle que d’autres, c’est son aspect parodique, le visuel de SHAFT et le personnage de Mariya qui lui permettent de se distinguer un peu de la masse. Techniquement, ça reste pas mal et la série n’est pas non plus ennuyeuse, parce que suffisamment bien rythmée. Maria Holic est un animé qu’on aime ou qu’on déteste : à vous de voir si avec le scénario vous pouvez prédire de quel côté vous serez.



Jeune adulte responsable qui pourrait virer sa cutie pour Mariya, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo
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