CHRONIQUE DU JEUDI : Vandread

Vandread – La chronique du jeudi #27

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques !


L’animation japonaise aime régulièrement d’envoyer ses personnages dans l’espace. La science-fiction spatiale est ainsi un genre à part entière dans l’industrie qui, même s’il a surtout été mis en avant dans les années 80 et 90, reste aujourd’hui encore régulièrement représenté. On y trouve des monuments comme Macross, Cowboy Bebop, mais aussi des séries qui se veulent plus divertissantes et légères comme Outlaw Star ou bien l’animé qu’on va évoquer aujourd’hui, Vandread.


Issu du début des années 2000, Vandread est une série qui part sur une idée très intrigante : du space opera teinté de mécha et de guerre des sexes. Et quand on dit « guerre des sexes », on utilise ça au sens propre !

 

Une partie du casting de Vandread avec à gauche les Mejale et à droite les Tarak



Les hommes viennent de Tarak, les femmes de Mejale


L’univers de Vandread est « simple ». Deux planètes se font la guerre depuis une éternité. D’un côté, nous avons Tarak, votre dictature orwellienne habituelle, où l’ordre règne, les plaisirs sont limités et la société centrée autour de trois valeurs : le sport, les parades militaires et la virilité. Car Tarak est un monde peuplé d’hommes qui, pour se reproduire, se clonent sans autre forme de procès.


L’autre planète, c’est Mejale. Un monde bien plus accueillant à première vue. Les habits y sont révélateurs et tout est centré autour des apparences. Les habitantes de la planète, exclusivement féminines, forment des couples afin de se reproduire à l’aide de processus assez compliqués à base d’œufs et de machins dans le genre.


Ces deux planètes aux idéologies opposées se haïssent et leur guerre dure depuis une éternité, aucune n’arrivant finalement à prendre l’ascendant sur l’autre. Dans toute cette bataille, nous suivons un jeune garçon nommé Hibiki. Celui-ci est un ouvrier qui se retrouve bon gré mal gré prisonnier d’un vaisseau pirate Mejale avec quelques-uns de ses camarades tarakiens. Les seuls garçons dans un vaisseau rempli de filles, ils se rendent compte qu’ils ne sont finalement pas si différents, surtout quand ils vont devoir se retrouver à collaborer, car perdus dans l’espace, ils doivent retrouver leur chemin vers leurs planètes d’origine…


Heureusement, ils disposent d’une arme nommée le VanDread, un mécha qui nécessite pour fonctionner un Tarak et une Mejale, qui leur permet d’affronter les menaces extraterrestres qui joncheront leur chemin. Et évidemment, plus l’aventure évoluera, plus les personnages se rendront compte qu’ils ressentent des choses pour le sexe opposé et que, peut-être, ceux-ci sont de la même espèce depuis le début…


Inutile de le dire, le scénario de Vandread peut être clairement désigné comme original. Il y a une idée très intéressante avec cette guerre des sexes intergalactique et l’idée de voir cela ajouté à un bon vieux « road movie » spatial avec des personnages hauts en couleur peut séduire à première vue. Sauf que…

 


Les Galériens de la Galaxie


À la tête du projet, le studio Gonzo. Celui-ci a déjà été présenté à deux reprises lors des chroniques du jeudi, en l’occurrence pour Bokurano et Welcome to the NHK. Les deux œuvres étaient des adaptations tandis que Vandread est un animé original. Un des principaux reproches qu’on avait faits lors des chroniques précédentes est que Gonzo est un studio qui, techniquement, est très irrégulier. Aussi bien capable de coups de génie sur un épisode que de complètement passer à côté du minimum requis à l’épisode suivant. Pour Vandread, le résultat est… assez acceptable. Il faut dire que l’animé est sorti début 2000, dans cette période un peu sombre où l’animation japonaise avait dû se réinventer et revoir ses méthodes de production…


Mais si techniquement Vandread s’en sort pas si mal, avec même des intégrations 3D qui ne brûlent pas autant les yeux que d’habitude, visuellement on reste très ancré dans cette période avec des peaux ternes qui donnent l’impression d’être du plastique, des décors assez vides et des chara-designs très extravagants avec beaucoup de couleurs fluo et de corps médiocrement proportionnés. Vandread est un peu un produit de son temps… dont étrangement peu de gens sont nostalgiques.

 

La seconde saison reste bien plus jolie que la première, fort logiquement


Mais le vrai problème de Vandread est son écriture. L’animé ne sait jamais vraiment où aller : doit-il être une comédie ou doit-il utiliser son synopsis pour essayer de faire passer des messages ? Faut-il mettre l’accent sur les combats spatiaux ou sur l’évolution des personnages ? Comédie romantique ou space opera ? Un peu de fanservice ou beaucoup de fanservice ? Vandread donne l’impression de ne jamais se poser et de changer d’ambiance à chaque épisode, mais sans réussir. Là où des séries comme Cowboy Bebop (qui avait moins de deux ans au moment du début de Vandread) gèrent magistralement les changements d’ambiance et de ton d’un épisode à l’autre, ici tout est fait un peu au hasard. D’autant que rien ne marche jamais vraiment : l’humour n’est pas drôle, le fanservice ne titille pas et les combats manquent régulièrement d’intensité. Et, surtout, les personnages sont antipathiques du début à la fin. Ils manquent réellement de profondeur et ne sont que médiocrement développés. Sur l’ensemble de ces deux saisons, les scènes se répètent vite et l’ennui guette.




Finalement, Vandread apparaît surtout comme une sorte de gâchis. Une idée originale que les auteurs ne savaient pas vraiment comment développer. Il ne se dégage finalement de la série ni émotions, ni humour, ni aventures. L’enrobage est original, mais en fin de compte, le contenu est mille fois vu ailleurs, une sorte de mélange indigeste de Star Trek, Love Hina et Nadesico. Dommage, car il y avait tous les éléments pour en faire un animé intéressant et mémorable. Seul reste un générique qui rentre trop facilement dans la tête.

 

Le conseil du jour : si vous souhaitez du bon space opera de la fin des années 90, tournez-vous du coup plus vers le cultissime Cowboy Bebop ou bien vers le très honnête Outlaw Star de Sunrise. 

 

Jeune adulte responsable qui rêve d’aller dans l’espace avec un arbre qui parle, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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