CHRONIQUE DU JEUDI : Baka To Test

Baka To Test To Shoukanjû – La chronique du jeudi #30

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


Voici venu le temps de la rentrée des classes ! Une bonne occasion pour la chronique de parler d'un animé se déroulant en milieu scolaire. Je vois votre sourire : des animés en milieu scolaire, il y en a des tonnes. Les raisons sont nombreuses et pourraient remplir un article à elles seules mais disons, simplement, que le lycée est perçu par les Japonais comme l'une des seules parties de la vie où l'on est vraiment libre. Pas vraiment d'impératifs, pas de famille dont il faut s'occuper, pas d'argent à gagner... Entre le lycée et la retraite, il n'y aurait qu'un long tunnel de sacrifices à faire pour le bien de sa famille et de la société japonaise dans son ensemble. Ajoutez à cela le fait que c'est une période extrêmement codifiée (avec les uniformes, les clubs, les horaires) et que tous les Japonais ont connue et ça explique, de loin, pourquoi c'est un cadre privilégié par beaucoup. Il est plus aisé de faire une histoire d'adolescents lycéens qui sauvent le monde quitte à sécher 2/3 cours plutôt que de faire une histoire de salarymen qui doivent poser des congés pour avoir le droit d'aller combattre le boss final d'un arc narratif. 

 

Du coup, le lycée, c'est l'occasion de proposer tous les genres avec la possibilité de toucher tous les publics. Ça peut héberger de la romance (Clannad, I's, Nisekoi, Kimi ni Todoke, etc), de l'action (Medaka Box, Enfer et Paradis, Beelzebub), du sport (Touch, Haikyuu, Kuroko's Basketball), du gore (Another, Danganronpa, Highschool of the Dead), de la musique (K-On!, Love Live, Hanayamata) ou, bien évidemment, de la comédie. Beaucoup de comédie. Le Collège Fou Fou Fou, Cromatie High School, Nichijou ou bien encore l'animé de ce jeudi : Baka To Test


Entouré d'invocations en haut : Akihisa. En bas de gauche à droite: Minami, Himeji.



Jeunes et cons

Le scénario prend place dans l'académie japonaise de Fumizuki. Cette académie à la pointe de la technologie possède un système éducatif plutôt unique. Ainsi les élèves sont-ils classés dès le concours d'entrée en fonction de leurs notes : les meilleurs rejoignent la classe A tandis que les plus mauvais vont dans la classe F. Un système déjà utilisé de-ci de-là autour du monde mais qui, ici, est extrêmement drastique : la classe A dispose ainsi du meilleur matériel possible et d'une salle de classe digne d'un grand palace, richement décorée. Plus on descend dans la hiérarchie et moins les classes sont confortables, jusqu'à la classe F qui ne dispose même pas de bureaux, dont les élèves doivent s'asseoir par terre, subir des courants d'airs meurtriers et gérer les fuites d'eau quand il pleut dehors.

 

Heureusement, leur destin n'est pas inéluctable : une classe inférieure peut ainsi, si elle le veut, affronter une classe de niveau supérieur grâce à un jeu virtuel nécessitant l'invocation de créatures tout autour de l'école. La puissance de ces créatures dépendant des résultats scolaires des invocateurs. Si la classe de niveau inférieur gagne, elle récupère la salle de la classe vaincue.

 

C'est donc à la classe F d'essayer de combattre le système et de monter l'échelle hiérarchique jusqu'à arriver à la classe A, histoire de montrer qu'il ne faut pas sous-estimer des gens jugés comme idiots par tout le reste de l'école.

 

... Sauf que, retournement de situation : la plupart des élèves de la classe F (composée de 47 hommes, 2 filles et un Hideyoshi) sont vraiment idiots. Y arriveront-ils malgré tout ? 

 

Voilà donc encore une fois un scénario original. Tellement original qu'on se plaindrait presque de le voir servir de base à une pure comédie très prompte à être absurde : cela aurait pu servir pour un animé beaucoup plus sérieux sans que ce soit un problème. Mais ne boudons pas notre plaisir car Baka To Test est une comédie malgré tout très réussie.

 

 

iDiots

Le plus grand atout de Baka To Test est donc sa galerie de personnages. À commencer par le héros, Akihisa. Akihisa est un idiot de première classe. De tous les mauvais résultats de l'école, il a les pires et en est presque fier. Pas forcément très malin, il est en outre extrêmement pauvre et doit à chaque fois ruser pour parvenir à dépenser le peu qu'il a en jeux vidéo. Mis le dos contre le mur, il a pris l'habitude de manger ses bols de nouilles instantanées en plusieurs fois, moitié par moitié. Mais derrière cette idiotie inégalable se cache un ami loyal et courageux, prêt à foncer en avant quand il le faut et brave comme un lion. En outre, son statut d'« Idiot Ultime » fait qu'il est tellement habitué à aider les profs au cours de nombreuses punitions que son invocation virtuelle est la seule de l'école à avoir la possibilité d'interagir directement avec le monde physique. Il est donc le heureux héros de cette aventure.

 

 

Il est donc accompagné de son meilleur ami Yuji. Yuji est l'exemple même de la brillante feignasse. Élève surdoué, il s'est vite rendu compte que travailler ne servait pas à grand-chose, alors il a tout simplement arrêté, d'où son placement dans la classe F. Il est le stratège de la classe et une arme cérébrale importante dans le combat entre la classe F et le reste de l'école. Très proche d'Akihisa, il est en couple (plus ou moins forcé) avec une élève de la classe A qui le kidnappe régulièrement pour aller voir au cinéma la version ultralongue de 8 heures de Titanic. 

 

Au casting des personnages principaux se rajoutent donc deux personnages féminins. Tout d'abord, Minami. Une tsundere classique à première vue, amie d'enfance d'Akihisa. Le problème de Minami, c'est qu'elle est certes très intelligente mais que, comme elle est d'origine allemande, elle n'a toujours rien compris aux kanji japonais. Incapable de lire correctement les énoncés des exercices ou d'écrire du japonais comme il faut, elle se retrouve donc avec des notes ridicules dans toutes les matières... excepté les mathématiques. Avec elle, il y a Himeji. Himeji est une fille très gentille, très attractive physiquement (tous les garçons de la classe bavent un peu dessus) et elle aussi très intelligente. En fait, c'est même la fille la plus intelligente de l'époque. Mais le problème est que lors de l'examen d'entrée elle a eu un malaise et s'est donc retrouvée avec une note digne de la classe F. Elle est donc une arme importante pour la classe F...

 

Il y a évidemment de très nombreux autres personnages : comment ne pas parler d'Hideyoshi, le garçon très doué au théâtre, sensible mais hélas tellement ambigu physiquement que l'école est équipée de trois vestiaires pour la piscine : un vestiaire fille, un vestiaire garçon et un vestiaire Hideyoshi ? Il y a aussi Mitsurini, le photographe voyeur expert en SVT (et surtout le chapitre sur la reproduction) ? On ne vous spoilera pas l'intégralité du casting mais beaucoup des personnages sont excentriques et très hauts en couleur.

 

 

 

#çavavite

 

Si Baka To Test fonctionne aussi bien, c'est avant tout grâce à son rythme. Beaucoup de gens font, à tort ou à raison, la critique selon laquelle l'animation japonaise n'arrive pas à aller aussi vite qu'une série TV. Mais, dans le cas de Baka To Test, la critique ne s'applique pas vraiment : c'est une série qui a un humour mitraillette. Les blagues se succèdent les unes après les autres à un rythme vraiment effréné. Il arrive parfois qu'on n'ait pas le temps de comprendre une blague que la suivante est déjà lancée. C'est quelque chose de plutôt rare dans l'animation japonaise qui apprécie généralement une comédie plus lente et souvent plus explicitée. Le rythme de la série se rapproche ainsi plus d'un Seto no Hanayome que d'un Nichijou. On est évidemment encore loin d'un Teekyû qui est très à part, mais c'est déjà pas mal du tout.

 

L'humour en lui-même alterne entre pas mal de choses : on a du référentiel, du comique de situation, du comique de dialogues, du comique visuel, pas mal de running gags... L'humour n'est pas toujours original ou pertinent mais il est souvent efficace, et c'est tout ce qu'on lui demande. De toute manière, il y a tellement de blagues qu'on ne peut pas rire à tout. Certaines passent, d'autres cassent mais au moins ça tente en permanence.

 

 

La série est donc adaptée d'une série de light novel écrits par Kenji Inoue (dont c'est le premier ouvrage). Le light novel a officiellement cessé il y a un peu moins d'un an, en novembre 2013, donc il est évidemment inutile d'espérer avoir une fin définitive en regardant la série. De toute manière, ce n'est pas comme si le scénario de la série était finalement très important. 

 

La série a donc été adaptée à plusieurs reprises : tout d'abord une première série télévisée, Baka To Test To Shoukanjû, diffusée lors de la saison d'hiver 2010. Il faut ensuite attendre un an pour une série de deux OAV, Baka To Test To Shoukanjû Matsuri puis une vraie seconde saison à la série lors de l'été 2011 — Baka To Test To Shoukanjû Ni!. Cette seconde saison rencontrera d'ailleurs un succès très mitigé, l'humour ralentissant pour laisser plus de place au développement des personnages et du scénario. Et elle débute sur un arc narratif de trois épisodes assez peu efficace...


Malgré tout, difficile de vous déconseiller ne serait-ce que la première saison si vous cherchez à vous remonter le moral après cette rentrée. Allez, dites-vous qu'il ne reste que sept semaines avant les vacances de la Toussaint !

 

Jeune adulte responsable qui était délégué de classe en première L, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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