CHRONIQUE DU JEUDI : REC

REC – La chronique du jeudi #36

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


À l’heure où commence la diffusion de Shirobako, un animé qui parle de la conception des animés, on ne peut que constater qu’il aura fallu attendre 2014 pour avoir une série qui, enfin, raconte l’envers du décor. Ces séries ne sont pas légion ! Autant il existe nombre de mangas et d’adaptations qui parlent du travail de mangaka avec toujours plus ou moins de sérieux (de Bakuman à Gekkan Shôjo Nozaki-kun), autant le travail des studios et des équipes derrière la production d’un animé est moins source d’attention, au point qu’aujourd’hui il n’est pas rare de fantasmer quelque peu cette industrie.


Du coup, la transition est brutale et cavalière, mais c’est l’occasion de parler d’un animé sorti en 2006, tombé quelque peu dans l’oubli, mais qui s’intéressait tout de même à l’un des nombreux métiers liés à l’animation japonaise : celui de comédien de doublage. Cette série animée, plutôt courte, c’est REC. Évidemment, à ne pas confondre avec le film d’horreur espagnol du même nom qui est sorti dans la même période parce que ça n’a rien à voir du tout.


Aka Onda, l’héroïne de la série !



Saint Seiyû


Le héros de cette série est Fumihiko Matsumaru. Âgé de 26 ans, ce jeune homme est un salaryman quelconque dans un département marketing quelconque d’une société quelconque. Ennuyé par la routine et incapable de réussir à imposer ses projets dans sa société, il se prépare non sans une certaine impatience à un rendez-vous romantique au cinéma avec une de ses collègues… qui le snobe et ne s’y présente pas. Bref, le rêve. Heureusement, il rencontre à ce moment-là une jeune fille qui s’appelle Aka Onda, la vingtaine, qui aspire à devenir comédienne de doublage. Non dénuée d’excentricité (elle lit tout haut les sous-titres au cinéma), elle devient rapidement sa partenaire de beuverie et il découvre rapidement qu’elle est sa voisine. Ce qui aura une importance capitale puisque quand l’appartement d’Aka prendra feu, celui-ci lui proposera de l’héberger temporairement… ceci entraînant très rapidement des relations intimes entre les deux protagonistes.



Attendez, quoi ? Des relations intimes dans un animé dès le premier épisode ? C’est un hentai ? Non, même pas ! Rassurez-vous : rien d’explicite ni d’érotique dans cet animé, juste un couple qui se construit rapidement, ce qui est quelque chose de si rare dans l’animation japonaise qu’on en est presque surpris. En effet, malgré l’introduction de cet article, REC est avant tout une comédie romantique. Assez particulière puisque, à l’image d’un Kare Kano, ici l’enjeu ne sera pas vraiment de savoir s’ils vont finir ensemble, mais plutôt d’observer comment les deux personnages vont gérer leurs sentiments et comment ce couple va se construire, d’abord avec un statut « officieux » pour évoluer vers quelque chose de plus solide.


En plus de ça, le scénario va aussi essayer d’observer l’évolution des deux personnages dans leur cadre professionnel : Matsumaru dans sa société de marketing, qui va tâcher de gravir les échelons et de soumettre ses projets, et Onda qui verra sa notoriété grimper dans le milieu du doublage.


L’ensemble est une adaptation d’un manga de Q-Tarô Hanamizawa dont la parution a débuté en 2002 pour se terminer il y a moins d’un an. Inutile donc de dire qu’encore une fois, l’adaptation est incomplète et n’adapte qu’une partie infime du manga – en l’occurrence un seul volume sur les seize que compte l’œuvre au total, manga par ailleurs un poil plus ecchi que son adaptation animée.




Le micro d’argent


Le plus intéressant dans REC reste son format. La série ne dure que neuf épisodes, ce qui est déjà assez peu commun, mais chacun de ces épisodes ne dure qu’une douzaine de minutes. De nos jours, une série « courte » n’est plus si rare que ça (pensez à Tonari no Seki-kun ou Senyû. récemment), mais c’était moins répandu à l’époque. Ainsi, la série dans son ensemble se regarde très vite, en à peine plus d’une heure.


Derrière la série se trouve le studio SHAFT. Vous connaissez sans doute déjà ce studio pour sa patte graphique remarquable, à laquelle on avait dédié une mini-chronique. Mais pas d’inquiétudes à avoir puisque cette série a été réalisée non pas par Akiyuki Shinbô mais Nakamura Ryûtarô, dont la réalisation est plus classique que celle de son confrère. REC est un animé qui se révèle finalement assez joli, malgré quelques petits défauts comme, par exemple, un générique assez médiocre sur le plan visuel.

 


Finalement, la série aurait-elle mérité un budget et une immense attention ? REC n’est pas un animé forcément très ambitieux. Il est même plutôt modeste. Son écriture est simple et on retrouve pas mal de lieux communs de la comédie romantique, ici utilisés avec une certaine efficacité. REC, c’est avant tout une jolie histoire, simple mais charmante et qui réussit à utiliser sa courte durée efficacement. On ne s’y ennuie que peu et la fin de la série est suffisamment mignonne pour nous donner le moral. Une vision agréable et divertissante, donc. En revanche, ne pensez pas y apprendre quoi que ce soit sur le métier de comédien de doublage, vous risqueriez d’être déçu.


Jeune adulte responsable triste que Kana Hanazawa ne soit pas la vraie héroïne de cet animé, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo
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