CHRONIQUE DU JEUDI : Slayers

Slayers – La chronique du jeudi #38

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


Très représentée dans l’animation japonaise, la fantasy semble néanmoins avoir perdu ces dernières années son élan et se raréfie doucement mais sûrement. Si le succès récent de titres comme Akame ga Kill ou Log Horizon, qui peuvent être considérés comme de la fantasy, semble prouver l’inverse, il faut avouer qu’on ne trouve plus la quantité d'œuvres du genre qu’il pouvait y avoir autrefois. Et tant qu’à parler de fantasy dans l’animation japonaise, pourquoi ne pas évoquer l’une des franchises les plus emblématiques, celle des Slayers ? Remontons donc à la moitié des années 90 suivre les aventures de Lina Inverse…


De gauche à droite: Lina, Xellos, Amelia, Zelgadis, Gourry



Inverse et contre tout


L’héroïne de Slayers est donc Lina Inverse. Un mage noir aux cheveux roux et capable de générer une magie de feu tellement puissante qu’elle est crainte aussi bien par les dragons que par les villageois lambda, inquiets qu’à tout moment, elle puisse brûler leur village par erreur. Car Lina est un peu maladroite, très colérique et peut facilement créer un drame à cause de son absence de réflexion. De plus, elle est assez cupide, se moque de sauver la veuve et l’orphelin et ne se balade sur les routes du monde entier que pour trouver des trésors et faire sa richesse. Une parfaite anti-héroïne, donc, doublée par Megumi Hayashibara, aussi connue pour son rôle d’Ayanami Rei dans Evangelion : deux personnages complètement aux antipodes l’un de l’autre.


Slayers n’a donc pas réellement de scénario, mais est plutôt une compilation de plusieurs petites aventures d’importance diverse et variée. Très vite, Lina va se retrouver accompagnée de nombreux camarades, et ensemble, ils se retrouveront dans des situations de plus en plus folles, allant jusqu’à une quête pour sauver le monde de démons maléfiques.



C’est donc rapidement une équipe digne d’un RPG qui se monte : en dehors de Lina, l’anti-héroïne colérique, nous avons Gourry, l’épéiste au grand cœur mais un peu niais et pas forcément fin d’esprit, Zelgadis, un personnage mi-homme mi-golem assez intelligent et grand stratège, Amelia, la princesse justicière qui pense par erreur que Lina est un modèle de sainteté, ou encore Xellos, le prêtre opportuniste et sadique qui passera son temps à trahir l’équipe pour mieux la réintégrer ensuite.


Inutile de le dire, on s’attache très vite à cette petite équipe au dynamisme communicatif, et dont les membres se complètent assez bien entre eux. Le tout prend place dans un univers de fantasy « classique » avec dragons, rois corrompus, démons et autres grands classiques du bestiaire fantastique, mais qui ne se prend pas tant au sérieux que ça, avec des anachronismes allant du détail aux délires assumés (comme un personnage qui s’habille en hoodie le temps d’un épisode, ou encore un autre qui essaie de sauver une personne à l’aide d’un outil médical de réanimation). Léger et simple : ces deux adjectifs résument parfaitement l’ensemble des séries qui composent l’univers de Slayers.


On comprend mieux avec le contexte... ou pas.


Try at the Next Excellent Revolution


Slayers est une franchise qui a été adaptée à de nombreuses reprises. À l’origine un light novel de Hajime Kanzaka débuté en 1989, c’est une série qui connaît une importante longévité avec près d’une cinquantaine de tomes publiés sous différents noms, mais tous centrés sur le même univers. Évidemment, de ces cinquante tomes est née une multitude d’adaptations, à commencer par les œuvres d’animation. C’est ainsi en avril 1995 que débute la diffusion de la première saison de l’animé pour une durée de 26 épisodes. Cela est suivi en 1996 de Slayers Next, toujours en 26 épisodes, tout comme Slayers Try qui débutera en 1997. Avec ces trois saisons, ce sont déjà près de 74 épisodes qui composent l’adaptation en série animée du light novel. Adaptation d’ailleurs assez peu fidèle aux romans, avec pas mal de libertés prises et de contradictions.


Évidemment, l’adaptation ne s’est pas arrêtée là : il y a une ribambelle de films et d’OAV sortis entre 1995 et 2001  Slayers Premium, Slayers Excellent, Slayers Great, Slayers Gorgeous, etc. – et, plus surprenante, la reprise de la série animée en 2008, presque dix ans après la fin de la troisième saison. Cette suite, Slayers Revolution, réunit le staff de l’époque pour une série de deux fois treize épisodes avec un résultat assez contrasté, et des changements visuels pas toujours heureux. Depuis 2009, Slayers a disparu de l’animation japonaise et, le light novel ayant pris fin, il est difficile de dire si l’on peut envisager un retour.



C’est donc un univers très large qui est proposé au spectateur suffisamment courageux pour se lancer dans cette centaine d’épisodes issus de médias et d’époques différentes. Comme dit plus haut, il n’y a pas de véritable scénario, juste des fils rouges dans la même saison. En l’état, n’importe quelle saison pourrait servir d’introduction à la série et être prise indépendamment, sans forcément avoir regardé ce qui précède. Un format purement épisodique, donc. Pour autant, nous ne conseillons pas forcément cette méthode de visionnage.


Dans l’ensemble, la série est de qualité assez irrégulière, capable de présenter à la suite un épisode palpitant et divertissant et un épisode mou et peu inspiré. Néanmoins, il faut signaler que Slayers Next est sans doute la saison qui s’en sort le mieux avec un arc narratif assez épique et l’introduction du personnage de Xellos, qui rajoute une dynamique supplémentaire. A contrario, Slayers Revolution est plus décrié, ce qui ne signifie pas pour autant que tout est à jeter, loin de là.


Il convient davouer que finalement, la série n’a qu’un seul objectif qui est le divertissement pur et simple. Jamais l’animé ne s’embarque vraiment dans de grandes leçons sur la vie, une vision grandiloquente sur la société ou encore une morale ambiguë. Slayers est juste un concentré de fun. Ce sont avant tout des auteurs qui prennent un univers heroic fantasy et s’amusent avec, essayant d’écrire des histoires à chaque fois différentes, bâties autour d’une galerie de personnages solidement définis. Au cours de ces cent épisodes et de cette dizaine de films et d’OAV, Lina et sa bande parfois amusent, d’autres fois ennuient, de temps en temps émeuvent et régulièrement divertissent. Une seule chose est sûre : quand vient le moment de les quitter, on se sent quand même le cœur lourd et les yeux humides...



Jeune adulte responsable qui aurait été barde débile dans un monde de fantasy, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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