CHRONIQUE DU JEUDI : Detroit Metal City

Detroit Metal City – La chronique du jeudi #40

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Figure marquante du glam rock des années 70, le groupe KISS a su rester en mémoire bien plus grâce à l'aspect scénique extravagant des membres de son groupe que par ses qualités musicales. Qualités qui, si elles sont bien présentes grâce à des titres comme Strutter, I Was Made For Loving You, Rock and Roll All Nite ou bien encore Detroit Rock City, n'ont pas autant marqué que ces fameuses peintures faciales qui ont créé une image iconique vue nulle part ailleurs.  Pourquoi parler de tout cela dans une chronique dédiée à l'animation japonaise ? Eh bien parce que l'anime d'aujourd'hui parle d'un rocker à la peinture faciale extravagante, le tout dans une série nommée subtilement Detroit Metal City. Une comédie métalleuse tout droit sortie de l'année 2008. 

 

Krauser II, le terrifiant héros de la série

 

Déjà, Detroit Metal City se distingue par son format : ce n'est pas une série télévisée, mais bel et bien une série de douze Original Video Animation, OVA, chacun d'une durée de treize minutes, soit la moitié d'un épisode classique. Il faut également mentionner dès maintenant qu'on retrouve à la réalisation de la série le studio 4°C, un studio très à part dans le paysage de l'animation japonaise, puisqu'il s'est spécialisé dans la réalisation de titres extravagants comme Mind Game ou bien l'adaptation en film d'Amer Beton. Le studio 4°C est également connu comme un de ces studios ayant tendance à faire le pont entre l'animation japonaise et la culture occidentale, puisque c'est ce studio qui fut responsable, entre autres, d'Halo Legends ou bien de certains épisodes de l'Animatrix. 


Detroit Metal City raconte donc l'histoire de Johannes Krauser II, le guitariste et vocaliste du groupe Detroit Metal City, un des groupes les plus sulfureux et provocateurs de toute la scène métal japonaise. De nombreuses légendes rôdent autour de lui, par exemple qu'il aurait été responsable de nombreux meurtres cannibales tout autour de l'archipel, ou bien qu'il serait le père d'un millier d'enfants non reconnus... Bref, une figure emblématique du métal japonais, capable de prononcer dix fois le mot « viol » en une seconde. Accompagné de son batteur, le sadomasochiste Camus, et de son bassiste Alexander Jagi, il dirige donc le groupe le plus chaud du moment...

 

... sauf que dans le civil, Johannes Krauser II est en fait Sôichi Negishi, un honnête Tokyoïte venu tout droit de la campagne pour faire carrière dans la musique. Amateur de ballades et de mièvreries, il est tellement à l'opposé de son alter ego métalleux qu'il n'ose dire à personne qu'il est en fait le terrifiant Krauser II. Bien décidé à percer dans les milieux hipsters de Tokyo malgré son lourd secret, il va vite se rendre compte que Krauser fait bien plus partie de sa vie et de sa personnalité qu'il ne pourrait le croire...

 

Sôichi et son alter ego

 

Adaptation d'un manga de Wakasugi Kiminori (qui fut édité en France aux éditions 12bis), Detroit Metal City est donc une pure comédie, et pas une des plus subtiles qu'il soit. Jonchée de blagues grasses, elle fait preuve d'un esprit grivois et guignolesque qui fonctionne impeccablement, grâce à de nombreuses bonnes idées et, surtout, une capacité audacieuse à savoir dépasser les limites quand il le faut. Peut-on faire une scène plus emblématique de cet esprit que celle où Krauser se retrouve à violer la tour de Tokyo qui, appréciant le traitement, s'illumine ? Eh bien, étrangement, oui. Tout l'humour de Detroit Metal City fluctue entre le gras, le potache et l'abusé. Et ça fonctionne très bien comme cela.

 

L'animé adapte le manga assez simplement, sans trop en rajouter ni trop en enlever. La seule vraie particularité est donc ce format court de treize minutes qui fait que chaque épisode passe assez vite. Sans compter que la série en elle-même fait preuve d'un rythme rapide, avec des dialogues qui vont très vite et des actions qui ne prennent parfois pas le temps de se reposer. Une vision assez intense donc, surtout si vous riez à vous en tenir les cotes, ce qui est susceptible d'arriver si la série s'adapte à votre humour.

 

En bon métalleux, Krauser II aime bien dire fuck à la police

 

Jonchée de petites références plus ou moins subtiles au monde du métal des années 70 et 80, la série n'est pas forcément à voir pour son aspect musical, rempli de parodies de musiques de métal sciemment peu travaillées. Ici pas de grandes scènes de concert, juste de l'humour et une alternance entre les passages avec Sôichi en train de galérer à se faire un nom dans Tokyo et ceux avec Sôichi déguisé en Krauser II, personnage grâce auquel il se défoule plus qu'il ne s'en rend compte. Et c'est amplement suffisant.

 

De par sa durée et son format, on pourrait juger que Detroit Metal City est une petite série, mais n'hésitez pas à lui accorder de l'attention si vous cherchez un petit quelque chose rempli d'humour et d'excentricité.

 

Jeune adulte responsable à fond sur le dernier album des Foo Fighters (même si c'est pas très métal), Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo 

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