CHRONIQUE DU JEUDI : Pokémon: The Origin

Pokémon: The Origin – La chronique du jeudi #42

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


On ne présente plus la saga Pokémon. Née en 1996 sur un Game Boy mourant, elle a à elle seule relancé la console, contribué à soutenir financièrement Nintendo pendant presque quinze ans et marqué durablement une génération entière, encore aujourd’hui très attachée à ses monstres de poche. Alors, comme cette semaine marque la sortie de Pokémon Rubis Oméga et Pokémon Alpha Saphir, remakes des titres de troisième génération, l’occasion était bonne pour parler d’un animé Pokémon.


Forcément, vous pensez au fameux dessin animé Pokémon. Si vous êtes français, peut-être le regardiez-vous chaque samedi matin sur TF1 ou, si vous êtes un peu plus jeune, sur Gulli le soir après l’école. C’est vrai que ce dessin animé a énormément contribué au succès du jeu vidéo et de la franchise dans son ensemble, se révélant être un porte-étendard plus qu’efficace. Nombre d’enfants ont connu leurs premières larmes ce jour maudit où Sacha a relâché son Papillusion afin que celui-ci parte vivre sa vie. C’était avant que Sacha ne relâche tous ses Pokémon un par un, dans une tristesse qui s’est de plus en plus métamorphosée en frustration — mais passons.


Mais ce n’est pas de cet animé-là que nous allons principalement parler aujourd’hui, mais bel et bien de Pokémon: The Origin, connu en France sous le nom de Pokémon : les Origines, une série de 4 OAV sortie l’année dernière pour préparer la sortie de Pokémon X et Pokémon Y.


Notre héros, Red, accompagné du fameux Professeur Chen

Sur la route de Jadielle


Le héros de cette série est Red, un jeune dresseur prêt à partir en voyage tout autour du monde pour devenir Maître Pokémon. Originaire de la petite bourgade de Bourg Palette, il reçoit de la part du professeur Chen, un éminent scientifique, un Pokémon (en l’occurrence le lézard enflammé Salamèche) et un Pokédex, qui lui permettra d’enregistrer tous les Pokémon qu’il voit et qu’il attrape avec évidemment un objectif simple : celui de tous les attraper.


Si cela vous dit quelque chose, oui, c’est grosso modo le scénario de base de tous les jeux Pokémon jamais sortis. Car Pokémon the Origin se veut être une adaptation beaucoup plus fidèle de l’expérience de jeu originale, et le fait en se reposant énormément sur la fibre nostalgique. Il faut comprendre que ces OAV ont été réalisés avant tout pour trois raisons. La première, c’est de toucher le public de nostalgiques, ceux qui ont joué à la première génération à l’époque de sa sortie, qui ont pris quinze ans entre-temps, et qui sont toujours heureux de retrouver leurs sentiments de l’époque. La seconde raison, c’est de toucher un public beaucoup plus jeune et de leur montrer, en quelque sorte, ce qu’était la première génération afin de les préparer à un Pokémon X & Y qui invoquait à l’époque beaucoup d’éléments de la première génération. À ce titre, les quatre épisodes font parfois office de « manuel de jeu » en expliquant nombre de bases à un public encore non initié. La troisième raison, c’était de vendre Pokémon X & Y, dont la sortie était imminente. Pour cela, c’est le quatrième épisode qui est utilisé avec l’apparition du Méga Dracaufeu X qui faisait ici sa première apparition, avant même que Nintendo confirme sa présence dans le jeu !


Méga Dracaufeu X face à un étrange Pokémon...


Un monde Pokémon


Mais revenons sur l’aspect nostalgique de la série qui est là sa grande force. Sur l’ensemble des quatre épisodes, on est subjugué par les détails auxquels les studios ont pensé et qui nous font revivre des mémoires qu’on croyait lointaines et oubliées. Quand Red utilise Salamèche face à Pierre et galère parce que son Pokémon feu est incapable d’infliger des dégâts satisfaisants face à un Onix de type roche et sol, c’est quelque chose qu’on a vécu et qu’on comprend si on a choisi le pourtant populaire starter de feu du premier jeu. Et on est du coup heureux de voir Red utiliser un Nidoran avec double pied car, pour peu qu’on avait Jaune, c’était quelque chose qu’on était susceptible d’avoir dans notre équipe à ce moment-là. Vous n'avez pas tout compris ? Pas grave, ceux qui ont vécu la chose comprennent parfaitement, et leur cœur n'en est que plus réchauffé.


Et cette fibre nostalgique, Pokémon: The Origin la capte également en calant son scénario sur celui du jeu : on revit les passages phares comme les maîtres d’arènes de plus en plus retors, le parc Safari et ses Leveinard de l’enfer, l’infiltration dans le casino de Céladopole, la Tour Pokémon et la rencontre avec le fantôme de l’Ossatueur, la Sylphe SARL, la Ligue Pokémon…


Évidemment, la série ne dure que quatre épisodes pour un total d’une heure quarante – deux heures d’animation. Du coup, tout ne peut pas être couvert avec égalité et certains passages sont rétrogradés à des petites pastilles de quelques secondes. À la place, l’animé préfère se concentrer sur certains passages clés qu’il développe avec efficacité sans jamais perdre de temps. En quatre épisodes, le personnage de Giovanni est ainsi considérablement développé, bien plus que dans l’ensemble du dessin animé en quinze ans ! Le quatrième épisode est même, lui, intégralement dédié à deux grandes batailles : le combat final de la Ligue Pokémon et, évidemment, ce qui se passe après la Ligue Pokémon — la capture de tous les Pokémon, et le combat pour capturer le dernier d’entre eux.


Car Red, lui, peut se targuer à la fin de la série de les avoir tous attrapés !


Giovanni, chef de la Team Rocket et figure importante de Pokémon: The Origin


C’est une série qui, dans l’ensemble, se regarde donc très bien. On peut regretter de n’avoir que quatre épisodes et de voir certains moments être moins bien développés que le reste. Mais pour un format aussi unique et sans doute contraint (quatre fois 25 min seulement), le résultat offert est bon et les fans de Pokémon ont enfin quelque chose qui a su respecter scrupuleusement le jeu d’origine, à l'inverse du dessin animé mythique de 1998 qui a toujours su prendre quelques libertés parfois polémiques avec son univers. 


Vous êtes fan de Pokémon ? Vous avez déjà dû voir cette courte série et si vous ne l’avez pas fait, impossible de la déconseiller. En plus de revivre des moments phares, la série apporte nombre de détails savoureux qui améliorent énormément la cohérence de l’univers. Par exemple, on y apprend ainsi que les maîtres d’arènes utilisent volontairement des Pokémon faibles pour s’adapter au niveau des candidats qui les affrontent, ce qui offre enfin une réponse à la question « si Pierre est champion, alors pourquoi il n’a qu’un Racaillou niveau 12 » qu’on se posait depuis la fin des années 90.


Si vous n’êtes pas fan de Pokémon, ça devient plus compliqué. La série peut se regarder aisément en standalone, mais on y perd tout l’attrait du fanservice et de la nostalgie qui sont, ne le nions pas, le principal intérêt de Pokémon: The Origin. Néanmoins, cela initie à la franchise de bonne manière, et ça, il faut le reconnaître.


En somme, l’effort est quand même très appréciable et il est difficile de reprocher quoi que ce soit à Pokémon: The Origin. C’est solide et, surtout, ça connaît son public. Ça va donc avant tout parler à une niche de Pokémaniaques, mais ça va le faire avec un soin extrêmement appréciable. Bonne chose, mauvaise chose ? Difficile de juger.


Pierre est bien moins pervers que dans la série de 1998 (mais il n'ouvre toujours pas les yeux)



Jeune adulte responsable qui préfère quand même mille fois Carapuce à ce péon de Salamèche, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo 

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