CHRONIQUE DU JEUDI : 5 animés de la demi-décennie écoulée

La chronique du jeudi HS n° 2 – 5 très très bons animés de la demi-décennie écoulée

Tous les jeudis (quand c'est pas les vacances), Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Nous commençons héroïquement l’année 2015 et en ce jour de célébrations, prenons le temps de revenir sur cinq animés marquants de cette première moitié de décennie. Le tout de manière prompte et concise car, honnêtement, les animés qui arrivent, soit on en a déjà parlé dans la chronique du jeudi, soit on va en parler au cours de l’année qui vient.

 

Le classement qui suit n’a donc pas d’ordre particulier — voici juste cinq animés à voir en ce début d’année, histoire de la lancer sur de bons rails. De même, c'est évidemment une liste exhaustive, si votre animé préféré n'est pas parmi ces cinq, pas de stress ! Ce ne sont pas forcément les meilleurs animés sortis entre 2010 et 2014, mais ces cinq-là restent de très bonne qualité.

 

Puella Magi Madoka Magica

 

 

Normalement, vous l’avez sans doute déjà vu. Sinon, n’attendez plus. Sortie il y a quatre ans, Puella Magi Madoka Magica est une série qui a su marquer profondément une quantité ahurissante d’otakus qui, encore aujourd’hui, vous en parleront avec une passion certaine — que celle-ci soit positive ou non. C’est en quelque sorte l’apogée du studio SHAFT et de son réalisateur Akiyuki Shinbo qui, après une décennie d’adaptations d’ouvrages un peu intellos comme Sayonara Zetsubou Sensei, Bakemonogatari ou Arakawa Under The Bridge produit une série originale qui tire plutôt bien parti du style particulier de son réalisateur ainsi que d’un scénario riche en rebondissements. Évidemment, difficile de ne pas mentionner aussi le ton de la série car il faut avouer qu’une partie de la fascination qu’on éprouve envers elle est aussi due à cette intrigue qui voit ces petites filles toutes mignonnes traverser des épreuves de plus en plus sombres.

 

La franchise s’est ensuite poursuivie sous la forme de films et le troisième de ceux-ci, Rebellion, conclut de manière extrêmement efficace une saga assez admirable. Le temps seul nous dira si Madoka Magica était plus qu’un tour de passe-passe mais quatre ans de recul semblent confirmer les bonnes vibes que nous avions tous eues en janvier 2011.

 

Mawaru Penguindrum

 

 

L’auteur d’Utena faisant son grand retour dans le petit monde de la réalisation et de l’animation après une très longue absence, prêt à fournir un animé tout aussi étrange que dans son coup d’essai dans les années 90. Mawaru Penguindrum raconte l’histoire de deux frères se battant pour sauver la vie de leur sœur, qui ne reste plus en vie que grâce aux pouvoirs mystérieux d’un chapeau manchot. Comme Utena, la série parcourt les chemins du mindfuck et s’en donne les moyens avec une intrigue complète, des visuels détonants et colorés et un design général assez léché, à base de style shojo un peu exagéré et de symbolisme constant.

 

À la fin, à nouveau comme Utena, on ressort sans forcément avoir tout compris. Comme Utena, Kunihiko Ikuhara ne semble pas être très disposé à nous fournir les réponses à nos questions. Comme Utena, la série divisera. Contrairement à Utena, le rythme est bien géré et les vingt-six épisodes sont, à défaut d’être toujours compréhensibles, extrêmement divertissants et attirants. En somme c’est une série artistique, qui ne prend pas son spectateur pour un idiot, et qui ne cache pas ses ambitions. 

 

Shinsekai Yori

 

 

Évoqué lors d’une précédente chronique du jeudiShinsekai Yori est l’adaptation d’un roman acclamé au Japon et cette source romanesque, elle se ressent tout au long de cette longue série de vingt-trois épisodes à l’écriture ultrasolide et, surtout, extrêmement sournoise. On suit la destinée de cinq enfants dans une société idéale ou les humains, isolés dans de minces communautés, maîtrisent leurs pouvoirs psychiques dans un monde pacifique et où personne ne manque jamais de rien. Évidemment, l’intérêt premier de Shinsekai Yori c’est de découvrir, tel un adolescent parcourant son premier site porno, les côtés sombres et dégueulasses de cette société idyllique.

 

Fascinant, intelligent, très bien rythmé et efficace, le seul bémol de Shinsekai Yori est sa technique irrégulière. Il y a de bonnes idées visuelles, pas toujours très bien exploitées. Mais ce n’est pas non plus dramatique et si vous cherchez un truc qui va vous prendre aux tripes, c’est sans doute là que vous le trouverez.

 

Hunter × Hunter

 

 

Les longues adaptations-fleuves de shonens à succès semblent avoir disparu lors de cette décennie 2010, contrairement aux trente années précédentes. Il y a bien Toriko et Fairy Tail qui sont toujours là pour représenter le carcan des adaptations interminables, mais maintenant, même les ouvrages du Shonen Jump sont adaptés au compte-gouttes, saison par saison. Et, de manière assez inattendue, le retour de Hunter × Hunter en 2011 nous a rappelé qu’on pouvait aussi ne pas se contenter des shonens actuels et quand même partir dans une longue adaptation sur plusieurs années.

 

Même si, au final, le béhémoth fait près de 148 épisodes, il serait dommage de ne pas se jeter sur cette adaptation d’Hunter × Hunter. Soignée aux petits oignons, le fait d’avoir un début et une fin bien précis (la série se conclut en même temps que le dernier arc terminé du manga) permet à cette adaptation d'être bien travaillée. On est loin du travail dégueulasse d’un Pierrot sur Bleach ou Naruto. Ici pas de flemmardise au niveau de la technique, pas de fillers et, dans l’ensemble, tout est soigné. Et faut-il rappeler que l’ouvrage de base est l’un des meilleurs shonens jamais publiés dans le Jump, avec son ton mature, ses personnages riches et ses enjeux intenses ?

 

Si vous cherchez une grosse série qui va vous tenir en haleine pendant un bail, jetez un œil à la version 2011 d’Hunter × Hunter. Vous avez déjà lu le manga il y a dix ans et vous avez lâché quand il n'y a soudainement eu plus qu'un tome par an ? Redécouvrez-le donc par ce biais, vous allez vous surprendre à le voir sous un jour nouveau et reprendre conscience de la qualité de l'ouvrage de Togashi.

 

Gatchaman Crowds

 

 

Dites-vous qu’il s’agit plus d’un coup de cœur de l’auteur de cet article. Gatchaman Crowds partait à la base d’un animé de commande pour promouvoir le film live du grand retour de Gatchaman (une franchise des années 70 aussi connue sous le nom de La Bataille des Planètes) et a fini par écraser celui-ci en popularité. Il faut dire aussi que l’absence concrète de lien avec la série originale a peut-être joué en sa faveur, lui permettant d’attirer un public beaucoup plus large.

 

Qu’importe. Comme Mawaru Penguindrum, beaucoup de qualités de la série sont visuelles : on a un design coloré, une réalisation maîtrisée. Le cœur de la série se repose sur des thématiques très contemporaines comme la place des réseaux sociaux, l’utilité des « héros » dans notre société ou bien encore la volonté de trouver sa place. Très colorée visuellement, la série peut en dire autant de son casting avec des personnages tous très excentriques mais pas dénués de développement.

 

On se plaindra peut-être d’une fin un peu rushée (souci réglé par un director’s cut lors de la sortie en DVD), mais dans l’ensemble, Gatchaman Crowds est une curiosité qui, à nouveau, ne laissera que peu de personnes indifférentes et qui possède un propos progressiste finalement assez rare dans l’animation japonaise dont elle déconstruit d’ailleurs, et de manière assez réussie, pas mal de clichés typiques.

(On me signale, sans opportunisme, que la série est d'ailleurs diffusée sur Crunchyroll.fr et ce depuis le lancement du site.)

Évidemment il y a eu bien plus d’ouvrages mémorables ces cinq dernières années : Tatami Galaxy, Kill la Kill, Fate/Zero, Space Dandy, L’Attaque des Titans, Watamote, Sword Art Online et c’est sans compter ceux qui ne sont pas encore terminés mais qui ont un potentiel palpable comme Shigatsu wa Kimi no Uso ou Parasite. C’était une petite sélection assez succincte et très légère qui, je l’espère, vous donnera envie de jeter un œil à certains d’entre eux. On reprend la semaine prochaine pour des chroniques plus classiques et en attendant, bonnes fin de vacances à vous !

 

Jeune adulte responsable qui pensait que faire une sélection ça serait plus facile « qu'écrire une chronique normale », Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo 

 

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