CHRONIQUE DU JEUDI : Ga-Rei: Zero

Ga-Rei: Zero – La chronique du jeudi #49

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


Depuis le début de cette rubrique et la quasi-cinquantaine d’animés couverts, le thème de l’adaptation est souvent revenu. Comment faire passer un manga au format animé sans le dénaturer et en respectant, malgré tout, le format d’origine ? Pour certains, la solution était d’utiliser du copier/coller, pour d’autres, de se servir du format original comme d’une base qu’on peut tripoter à loisir, quitte à ajouter ou retirer une quantité variable d'éléments.


Sorti en octobre 2008, l’animé Ga-Rei: Zero choisit une méthode alternative en proposant une histoire inédite mais liée à l’univers du manga Ga-Rei. Celui-ci, dessiné et scénarisé par Hajime Segawa, à qui l’on doit également Tokyo ESP, est un manga d’action/fantastique situé dans un Tokyo envahi par des esprits maléfiques qui ne peuvent être contrés que par des invocateurs d’esprits qui iront se battre contre ces apparitions histoire de purifier la ville et de protéger les innocents. Un scénario très classique pour un manga qui l’est tout autant.


Affiche d'annonce de Ga-Rei: Zero. Image non contractuelle.


Alors, quand Ga-Rei: Zero a été annoncé, les fans de Ga-Rei ont d’abord été réjouis de voir une adaptation animée qui, en plus, se révélait le précéder et être une histoire alternative à celle du manga. Sauf qu’ils ont très vite déchanté en voyant les héros annoncés : une bande de cinq personnages totalement inconnus dans le manga, assez clichés dans leurs design et leurs caractères. Évidemment, cela a pas mal rouspété : quel est le rapport avec Ga-Rei ? Où est l’héroïne ? Où sont les personnages emblématiques ?


Sauf qu’évidemment, ce qu’ils n’avaient pas prévu était une possibilité assez inédite à l’époque : un troll complet.


Yomi à gauche, Kagura à droite

Zero Escape


Le premier épisode de Ga-Rei: Zero présente donc le 4e régiment, membres des régiments du ministère japonais de l’Écologie, chargés de défendre le pays contre les esprits maléfiques. Ce régiment est composé de personnes jeunes, dynamiques et prometteuses, particulièrement douées au combat. Tout le long de l’épisode, ils se retrouvent au milieu d’un conflit important contre un esprit particulièrement retors…


Et ils meurent tous.


Surprise générale : on ne les reverra plus jamais. Ces personnages, sur lesquels étaient basés la promotion de la série, n’étaient en fait qu’un leurre marketing et c’est à partir du second épisode qu’on découvre le véritable casting de la série qui est lui bien plus fidèle à celui du manga puisqu’on y retrouve la même héroïne, Kagura. Choc et stupeur, d’autant que Kagura est accompagnée d’un autre personnage féminin nommé Yomi… que les fans du manga connaissent bien puisqu’il s’agit d’un esprit maléfique qui sert de grand méchant à la première partie de l’ouvrage. Mais ici, elle est bien vivante !


Le second épisode continue sur sa lancée puisqu’une majorité du nouveau casting… meurt à son tour, avec peu de survivants.



En fait, Ga-Rei: Zero ne commence réellement qu’au troisième épisode qui, joie d’une chronologie irrégulière, se déroule avant les deux premiers épisodes. Le scénario est alors beaucoup plus simple puisqu’on y suit avant tout la destinée des deux héroïnes, Kagura et Yomi, deux chasseresses d’esprits maléfiques, membres de la même brigade d’intervention. L’anime se concentrera même principalement sur Yomi qui n’était certes qu’une méchante sans trop d’envergure dans le manga mais qui est ici présenté comme une héroïne tragique, qui va en voir tout le long de l’histoire des vertes et des pas mûres.


L’univers de Ga-Rei: Zero se distingue principalement par son côté exagéré et parfois à la limite de la parodie. Il n’est pas rare d’y croiser des personnages complètement fous équipés d’un armement qui n’a parfois pas le moindre sens. Il n’y a que dans Ga-Rei: Zero qu’on peut voir une héroïne se battre avec un fer à repasser dans un Tokyo pourtant dépeint comme sombre. Cela dit, ces éléments très exagérés et parfois proches de l’absurde n’empêchent clairement la série d’avoir un ton très sérieux et parfois assez cruel envers le spectateur : aucun personnage n’est assuré de rester en vie (mis à part logiquement Kagura qui reste malgré tout l’héroïne du manga original), et même quand ils ne meurent pas, il peut leur arriver des choses assez traumatisantes. Sans être gore, la série ne ménage que peu une certaine violence visuelle et morale.



Ce mélange perpétuel entre un Tokyo de jour léger et fun, parfois prompt à un peu de fanservice yuri toujours bon à prendre, et un Tokyo de nuit sombre et sanglant fonctionne très bien sur la longueur. D’autant plus que le scénario est très intéressant et que des rebondissements réguliers permettent de garder l’attention du spectacteur.




Ga-Rei: Zero est un des divertissements les plus efficaces et pourtant l’un des plus sous-estimés de l’animation japonaise récente. C’est pourtant une série assez généreuse, qui tente le pari risqué de faire un mélange constant des genres (de la comédie, de la tragédie, de la violence, du fanservice, des scènes sombres, de l’absurde, du fantastique, de la science-fiction, de la romance, etc.) et qui parvient à équilibrer suffisamment tous ces éléments pour proposer quelque chose de détonnant. On aborde Ga-Rei: Zero en croyant avoir initialement affaire à un shônen fantastique classique avec des héros victorieux et qui apprennent à se découvrir… et on est très vite confronté à toute autre chose. À noter que le réalisateur, Ei Aoki, est un habitué des histoires sans pitié puisqu’il sera plus tard réalisateur de Fate/zero et d’Aldnoah.Zero.


Le fer à repasser, une arme comme une autre


En soi, la technique n’est d’ailleurs qu’assez peu critiquable, même si on pourrait reprocher un léger manque d’ambition sur certaines scènes d’actions qui auraient mérité un souffle un peu plus épique. Reste que le travail fourni par le studio AIC est plus que satisfaisant et rend honneur à un script efficace.


En somme, Ga-Rei: Zero est une très bonne série, qui a le mérite de pouvoir être vue même si l’on n’a jamais touché à un tome de Ga-Rei. Après, la série est-elle bien meilleure que le manga qu’elle est censée promouvoir ? C’est sujet à débat...


Jeune adulte responsable qui a maté cette série à cause de son super générique, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo 

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