CHRONIQUE DU JEUDI : Toradora!

Toradora! – La chronique du jeudi #51

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


Semaine de la Saint-Valentin. Il y a de l’amour dans l’air, comme pourrait chanter le fils étrange d’Elton John et Alain Souchon. Pour l’occasion, choisissons la facilité et parlons d’une comédie romantique, histoire d’être entièrement raccord avec les festivités. Et comme l’an dernier, on avait déjà évoqué Entre Elle & Lui, on va pouvoir traiter cette année une comédie romantique un peu plus récente. En loccurrence Toradora!


De gauche à droite, les cinq héros de Toradora! : Taiga, Ryuuji, Ami, Minori et Kitamura


Toradora! se déroule dans votre lycée japonais habituel. Le héros, Ryuuji, est un garçon gentil, serviable et maniaque du ménage mais a le malheur d’être né avec un visage hérité de son père yakuza, qui lui donne un air méchant et menaçant, ce qui rend compliqué pour lui toute vie sociale. Il peut heureusement compter sur un ami proche, le très sérieux Yuusaku Kitamura. Amoureux d’une jeune fille de sa classe, l’énergique Minori Kushieda, il rêve en secret du jour où il pourra oser faire sa déclaration. Mais il s’entend beaucoup moins bien avec la meilleure amie de Minori, une petite soupe au lait nommée Taiga Aisaka qui a déjà, à plusieurs reprises, fait preuve de son impulsivité et de la force de ses poings sur le pauvre garçon.


C’est alors qu’un beau jour, il trouve dans son sac une lettre de déclaration d’amour. Mais problème : celle-ci ne lui était pas destinée. De fil en aiguille, il comprend que cette lettre était initialement prévue pour Kitamura. Et quelle surprise d’apprendre qui était à la source de cette missive : Taiga ! Les deux lycéens vont alors se mettre d’accord pour un plan qui ne peut pas échouer : Taiga va essayer de caser Minori avec Ryuuji tandis que Ryuuji va tout faire pour aider Taiga à prendre le cœur de Kitamura…


Commencent alors vingt-cinq épisodes d’un tourbillon romantique qui ne laissera pas que des survivants sur son chemin…




La série adapte un light novel publié entre 2006 et 2009 et écrit par Yuyuko Takemiya, une auteur qui ira ensuite écrire le plus récent Golden Time. La série débute, elle, à la fin de l’année 2008 pour se conclure quelques jours après la sortie du dernier tome du light novel. Hasard, coïncidence ? Nous ne croyons pas. Malgré cela, Toradora! couvre et adapte la totalité de l’ouvrage, mais se permet des coupes et des altérations par rapport au format original. Pas de panique : cela est très bien fait, cela se ressent peu et cela ne nuit pas au visionnage.


Comme beaucoup de comédies romantiques japonaises, la « romance » est finalement souvent mise au second plan de Toradora! pour, à la place, privilégier ses personnages qui sont au centre de son intrigue. Les cinq personnages principaux (Ryuuji, Taiga, Minori, Kitamura et Ami – qui arrive plus tard dans l’intrigue) ne sont pas que des outils au service d’un scénario romantique qui aurait été sinon assez prévisible – l’animé n’entretient guère de suspense quant à savoir avec qui finiront Ryuuji et Taiga. Sa vraie force vient réellement du développement de ses personnages. Tous les cinq connaissent des périodes de doute, des secrets qu’ils cachent. Pourquoi Taiga est-elle impulsive et irascible ? Ryuuji vit-il si bien que ça le fait de vivre avec sa mère célibataire ? Que cachent les sentiments de Kitamura ? Minori est-elle juste la gentille fille pleine d’énergie et un peu maladroite qu’elle donne l’impression d’être ? À l’inverse, pourquoi Ami joue-t-elle la pétasse en permanence ?



Et inutile de dire que ces personnages principaux, vous allez apprendre à les apprécier. Tous semblent être au début des archétypes déjà vus ailleurs – Taiga semble être la tsundere type, digne d’une Shana ou d’une Louise de la Vallière pour reprendre des exemples de l’époque – mais la série va passer son temps à décrypter ces archétypes pour mieux nous surprendre. Encore une fois : chaque personnage principal cache quelque chose et c’est ce « quelque chose » qui va avoir une importance primordiale tout au long de la série.


Maintenant, Toradora! reste aussi une comédie romantique avec une véritable emphase sur le mot comédie. Riche en humour, la série n’hésite jamais à créer nombre de situations et de dialogues humoristiques qui fonctionnent impeccablement. Comme beaucoup d’autres bonnes comédies, Toradora! n’hésite pas à tenter le pari risqué du sucré-salé avec des phases vraiment drôles qui peuvent précéder ou suivre des passages un peu plus sérieux. Mais même quand elle se veut plus sombre, la série n’entre jamais pour autant dans le malaise ou les ténèbres les plus complets et garde malgré tout quelques points de repère lumineux ici ou là.



La vision de Toradora! n’est pas difficile. Et il est vrai que cela aurait été peu adapté à ce design simple et coloré qui caractérise la série. C’est dû au chara-design de Tanaka Masayoshi avec un style assez distinctif et qu’on retrouvera plus tard sur des séries comme AnoHana, Ano Natsu de Matteru ou bien Joshiraku. Visuellement, la série est ainsi très jolie, tout comme la technique qui non seulement n’a rien à se reprocher mais propose quelques scènes assez superbes comme cette scène de baston entre filles dans les derniers épisodes. Difficile de spécifier quelle scène sans vous spoiler mais ceux qui ont vu la série savent de quelle scène on parle.


Toradora! est au final une vraie surprise. Les premiers épisodes laissent augurer une comédie romantique assez classique mais plus celle-ci avance, plus elle s’amuse à déjouer nos attentes tout en nous offrant un divertissement de qualité sur les bases d’une écriture saine et non dénuée d’intelligence. Sans révolutionner le genre pour autant, la série tire pleinement partie de ces codes et sait les utiliser sans lasser ou blaser. Et, encore une fois, difficile de ne pas tarir d’éloges sur ses personnages principaux, immédiatement attachants tout en évitant le piège d’une écriture qui les présenterait comme parfaits.


En somme, si vous vous sentez d’humeur pour de l’amour, pour de l’humour et pour des nombreuses émotions, Toradora! est pour vous !



Jeune adulte responsable qui aurait voulu que Minorin soit moins triste à la fin de la série, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo.
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