CHRONIQUE DU JEUDI : Aria

Aria the Animation, Aria the Natural, Aria the Origination – La chronique du jeudi #56

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


Venise a toujours excité les créateurs du monde entier. Il faut dire que cette ville à l’histoire riche et glorieuse possède une architecture unique et quasi inchangée depuis des temps lointains, ce qui est dû, entre autres, au fait qu’elle soit construite presque littéralement sur l’eau.


Et cela a donc participé, petit à petit, à la construction d’une mythologie : ancien grand empire commercial, Venise est devenue peu à peu une capitale du tourisme mondial et son centre historique est devenu une destination qui attire aujourd’hui plus de vingt millions de visiteurs par an. Une merveille maritime dont il faut profiter au plus vite ; les experts étant tous assez pessimistes sur l’avenir de la cité qui serait destinée à finir sous l’eau de la lagune dans un futur plus ou moins proche…


Mais si cela arrivait, pas de panique ! Il nous resterait alors un animé qui s’est plongé corps et âme dans la cité italienne : Aria the Animation.


Les trois héroïnes d’Aria et apprenties ondines, de gauche à droite : Aika, Alice et Akari.

Ondines et gondoles


L’histoire prend place au XXIVe siècle et même, plus précisement, sur la planète Mars. Terraformée, la planète rouge abrite désormais l’espèce humaine et héberge, entre autres, une cité appelée « Neo Venezia », copie conforme de la Venise de la fin du XXe siècle. Dans cette ville arrive Akari Mizunashi, une Terrienne qui vient sur Mars dans le but d’accomplir son rêve et de travailler comme ondine, ce qui consiste en gros à être une gondolière de profession. Elle devient alors membre de l’Aria Company, dirigée par Alicia Florence, avec pour objectif de devenir Prima, le plus haut rang parmi les ondines…


Attention néanmoins : ce cadretrès SF n’est finalement qu’un point de détail et ne joue aucun rôle dans l’intrigue si ce n’est qu’il laisse à l’auteur le plaisir de dépeindre une Venise parfois anachronique ou différente de la réalité sans trop avoir à se prendre la tête. Car Aria the Animation est un animé purement « tranches de vie » et tout le scénario de la série repose sur un fil rouge – la volonté d’Akari de devenir Prima – qui permettra d’évoquer des sujets toujours différents mais, surtout, de mettre en avant Neo Venezia.


Aria est le parfait représentant des séries du genre iyashikei, qui ont pour objectif de faire du bien à leurs spectateurs. Il s’agit de leur proposer des belles images, des personnages attachants, une écriture simple, un ton léger, un rythme loin de tout empressement et une absence totale d’enjeux et de dramatisation. L’objectif est de détendre le spectateur et de lui faire passer, de manière quasi certaine, un bon moment. Ici pas de vulgarité, pas de sang, pas de fanservice, pas de questionnements profonds sur la nature humaine. Certains lui reprocheront cet aspect « inoffensif » mais le genre assume ce qu’il est, et c’est à son honneur.


Les héroïnes ne se privent pas de tirer des tronches assez débiles parfois !


Il n’y a pour ainsi dire aucun enjeu important dans Aria. Pas de guerre, et rarement d’action. Les personnages ne souffrent jamais, ne sont jamais maltraités par le scénario. Tout se passe toujours bien. Cela n’empêche évidemment pas les personnages d’être développés et ils évolueront tous durant les trois saisons que dureront la série. Lentement mais sûrement. On s’attachera très rapidement à eux et on sera attristé quand viendra le moment de les quitter.


Cela ne veut pas non plus dire qu’il ne se passe rien dans Aria ou que les personnages font toujours la même chose, loin de là. On les voit apprendre à gérer les gondoles, explorer la nouvelle Venise, rencontrer les habitants parfois excentriques de cette série ou, plus intéressant encore, découvrir les mystères de la ville avec certains épisodes qui tournent parfois au fantastique, avec l’apparition d’événements inexpliqués et mystérieux. Mais même dans ces moments, le ton reste léger, parfois onirique.


Le tout est raconté sur un ton lent, calme, reposé. Et c’est parfaitement géré. Série étudiée pour être lente, l’écriture d’Aria ne souffre d’aucun défaut. Certains trouveront la série trop lente à leur goût mais tout est ici affaire d’appréciation et il n’est pas ridicule de considérer qu’Aria n’est pas à regarder n’importe quand. C’est une série qui s’apprécie avec modération, qui se marathone difficilement, qui n’est clairement pas adaptée au binge watching mais prend tout son sens quand elle est vue à rythme régulier, parfois en faisant autre chose ou en se calant sous la couverture de son lit avant de se coucher.


Illusions d’optique à Neo Venezia.


Te Amano


La série est donc adaptée d’un manga de Kozue Amano. Vous la connaissez sans doute si vous faites partie des personnes qui s’intéressent au manga Amanchu, un manga de plongée sous-marine disponible en France chez Ki-oon. L’auteur possède un style assez unique et s’est depuis longtemps spécialisé dans l’iyashikei. La publication d’Aria avait néanmoins été assez compliquée à l’époque, avec un changement de magazine assez brutal qui avait entraîné un changement de nom (d’Aqua en Aria).


Si le manga a débuté en 2001, il a fallu attendre octobre 2005 pour la première adaptation animée en treize épisodes nommée Aria the Animation. On retrouve derrière cette série le studio Hal Film Maker et le réalisateur Junichi Satô, un duo à qui l’on doit d’autres œuvres fortes en personnalité comme Princess Tutu, Kaleido Star ou Tamayura. Et si cette première saison d’Aria n’a pas forcément bien vieillie et supporte mal la comparaison avec les saisons suivantes qui ont été graphiquement beaucoup plus travaillées, il ne faut tout de même pas nier le travail effectué sur le visuel.


Le style de Kozue Amano reste assez reconnaissable.


Entre la première et la deuxième saison, il ne faudra néanmoins attendre que trois mois puisque Aria the Natural débarque en avril 2006 et avec elle, ce sont cette fois-ci 26 épisodes qui attendent ses spectacteurs. Elle sera suivie mi 2007 d’une OVA, Arietta, qui présente des événements se déroulant avant le début d’Aria the Animation. Mais c’est en avril 2008 qu’arrive la dernière saison,Aria the Origination, qui va visuellement exploser les rétines de tout le monde.


Il y a derrière cette adaptation animée d’Aria une volonté presque artistique. On retrouve derrière chaque saison le même staff qui semble passionné et avoir presque juré de vouloir tout adapter. Il se dégage du coup de cette série un sentiment de passion, d’avoir un staff qui aime ce qu’il adapte et qui le témoigne du mieux qu’il peut. Il faut dire que l’équipe technique n’a ainsi pas hésité à aller visiter à plusieurs reprises la cité vénitienne afin de capter au mieux l’ambiance de cette ville unique. Cela se ressent énormément et Neo Venezia est une ville non seulement visuellement fidèle à son modèle mais qui parvient à en retranscrire l’ambiance et les sons.


Balade nocturne.


On peut parler pour le coup d’une adaptation qui parvient à sublimer l’ouvrage de base. Si le manga pouvait déjà se targuer de réussir à être beau, fidèle, intéressant et apte à réchauffer le cœur, l’animé reprend tout cela et le sublime, y rajoutant des couleurs éclatantes et une ambiance sonore extrêmement travaillée.


Et c’est pour cela que les trois saisons d’Aria finissent par remplir leurs objectifs haut la main : faire voyager, émerveiller et reposer leur auditoire. Si vous avez un coup de mou et que vous cherchez une série pour vous évader et laisser votre esprit vagabonder, Aria est un incontournable et se révèle l’un des meilleurs représentants du genre tranches de vie qu’il soit.


Jeune adulte responsable né le mois de Mars, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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