CHRONIQUE DU JEUDI : Future GPX Cyber Formula

Future GPX Cyber Formula – La chronique du jeudi #58

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


Si la Formule 1 n’a plus aujourd’hui en Occident la popularité qu’elle pouvait avoir à l’époque des duels entre Aryton Senna et Alain Prost, c’est une discipline qui reste suivie avec passion et ferveur tout autour du monde. Les Fangio, Senna, Prost et Schumacher ont laissés la place aux Alonso, Vettel, Hamilton ou Bottas et les écuries mythiques telles que McLaren ou Ferrari sont aujourd’hui toujours présentes, même si menacées par de nouvelles écuries telles que Red Bull ou Mercedes.


Au Japon, la Formule 1 a toujours été traitée avec beaucoup de respect et le Grand Prix national, qui se déroule en automne sur le mythique tracé de Suzuka, est toujours bondé à ras bord de Japonais passionnés, qui attendent avec beaucoup de ferveur la gloire dans une discipline qui n’a pas toujours été tendre avec le pays du Soleil-Levant. La seule écurie japonaise à avoir connu le goût de la victoire fut Honda à une seule reprise en 2006 et aucun pilote n’a, à ce jour, remporté un des 918 Grand Prix de l’histoire de la discipline. Certains noms tels que Aguri Suzuki, Takuma Sato ou Kamui Kobayashi ont réussi à mettre le pied sur un podium, mais la victoire a toujours échappé aux nombreux pilotes japonais ayant tenté leur chance depuis 1950.


Du côté manga et animation, la Formule 1 — et le sport mécanique en général — est assez boudée. Il y a certes le manga Capeta (qui fut adapté en 2005 en un animé de cinquante épisodes), qui raconte l’évolution d’un enfant du karting jusqu’à la Formule 1, mais c’est le seul représentant récent et réaliste du sujet. À part cela, il faut remonter en 1991, heure de gloire du duo Senna/Prost, pour voir une série s’inspirer librement de la discipline : Future GPX Cyber Formula.


Hayato au premier rang, Asuka au second, assise sur Asurada


Chauffeur, si t’es champion


L’histoire de Future GPX Cyber Formula se déroule dans le FUTUR. Enfin, le futur des personnes qui réalisent la série, puisque l’histoire prend place en 2015, alors que la Formule 1 a été remplacée par la Cyber Formula, une compétition dans laquelle les monoplaces sont équipées d’intelligences artificielles et d’ordinateurs de bord sophistiqués nommés les Cyber Systems. Apportant sécurité et gain de performance, ils permettent aux pilotes d’atteindre des vitesses alors jamais vues.


On suit l’histoire de Hayato Kazami, un adolescent de 14 ans qui se retrouve à accompagner son père pour livrer à travers le Japon une machine de Cyber Formula. Attaqué par des bandits, il se retrouve à devoir conduire la voiture, nommée l’Asurada, afin de s’échapper. Problème : cette Asurada, qui appartient à l’écurie Sugo, possède une fonction de sécurité unique qui n’autorise qu’un seul et unique pilote à la conduire, sans qu’il soit possible de changer. Hayato se retrouve alors forcé à devenir le pilote de la voiture et à devoir apprendre comment devenir un pilote de course. Remportant la Super Licence nécessaire pour participer au championnat mondial, il va très rapidement devenir le plus jeune pilote de Cyber Formula de l’histoire…


C’est donc une vision assez intéressante du futur de la Formule 1, et quand on voit aujourd’hui la quantité d’équipement informatique incluse dans une Formule 1 ainsi que le jeune pilote Max Verstappen, qui aujourd’hui à 17 ans court sur les circuits du monde entier avec l’écurie Toro Rosso, on peut se dire que le studio Sunrise, qui a réalisé la série, n’était pas si éloigné du compte que ça !


Non que ce soit particulièrement gênant, mais la série porte tout de même son âge


Après, il est évident que Future GPX Cyber Formula ne cherche pas non plus un réalisme total et un univers travaillé. Cela reste une série qui ne cache jamais son envie de voir son jeune public acheter les jouets à l’effigie des voitures de la série. Et sur ce point, le design des Cyber Formula se révèle séduisant, avec des engins capables de monter à des vitesses folles tout en faisant le café en parallèle. À l’inverse, on reprochera à la série des personnages au design un peu plus classique, le personnage principal étant en somme le héros « classique » des shônens des années 90. Petit brun aux cheveux en pétard, on est dans un mélange bizarre de Seiya, Son Goku et Heero Yuy. Les autres personnages sont tout aussi normaux et il faut avouer qu’on a parfois l’impression de voir des personnages sortis d'un Gundam bien typique de la fin des années 80 errer dans des paddocks de Formule 1. Attention : cela n’est pas un défaut.


Il faut dire que Future GPX Cyber Formula est une de ces séries Sunrise issues d’un âge assez doré pour le studio. C’est l’époque où le studio produit une quantité ahurissante d’animés Gundam chaque année, alors que sept studios sont ouverts et travaillent simultanément d’arrache-pied sur diverses séries. On y retrouve cet esprit assez commun à beaucoup d’ouvrages signés par le scénariste et producteur Hajime Yatate, le pseudonyme qui marque le générique de toutes les séries écrites collectivement par le studio. L’adolescent qui se retrouve plus vite que prévu dans le monde des adultes, enchaîné à une machine qu’il est le seul à pouvoir utiliser, machine qui possède sa propre âme et une puissance au-delà de toutes les espérances… Malgré tout cela, Future GPX Cyber Formula n’est pas qu’un simple Mobile Suit Gundam sur route !


Beau comme du Top Gear


C’est une série qui, dans l’ensemble, se regarde assez facilement. D’une durée de 37 épisodes, ceux-ci se regardent sans déplaisir. On y trouve à peu près tout ce qu’on peut attendre d’une série « pour enfants » des années 90, avec un héros qui fait toujours plus d’efforts pour s’approcher de la victoire, un rival opposé au héros mais gentil dans le fond, des méchants très méchants, la figure du mentor, la copine un peu pot de fleurs, etc. Il n’y a pas de révolution du genre ce qui est, à nouveau, pas forcément un défaut. D’autant que la série gagne beaucoup d’interêt grâce à son thème, et voir du sport mécanique être dépeint en animation est toujours quelque chose de plaisant.


F-Zero G(P)X


La série se clôture en décembre 1991 et, attention surprise, se termine avec un Hayato devenu champion du monde. Mais l’histoire ne s’arrête pas là et si plus jamais Future GPX Cyber Formula ne sera une série, elle aura à l’inverse beaucoup de suites sous forme d’OAV. Ainsi, la première série d’OAV, Future GPX Cyber Formula 11est la suite directe de la série. Elle prend place lors du championnat suivant et voit Hayato faire face à Knight Schumacher, un nom qui ne s’invente pas. Dans cette saison, Knight Schumacher décide de revenir de sa retraite, pendant laquelle il ne semble pas avoir skié, et d’affronter Hayato pour le titre. Mais ce n’est pas la seule menace pour le héros, qui devra faire face à une concurrence toujours plus acharnée. Heureusement, il pourra disposer d’un nouveau modèle de Cyber Formula, l’Asurada AKF-11, pour sécuriser ses ambitions de victoire.


La différence avec la série, elle est évidente : Formula 11 est un OAV et, à ce titre, se permet une technique encore plus travaillée accompagnée d’une histoire plus intense. La série ne se destine dès lors plus forcément aux enfants. Il faut dire que c’était l’âge d’or des OAV, ces épisodes et séries inédits vendus exclusivement sur support vidéo (principalement VHS) qui bénéficiaient d’un soin minutieux et rapportaient aux ayants droit des sommes assez importantes. Bref, technique au poil, rythme frénétique, cette série d’OAV est une réussite.


Accident bizarre sur la piste


Et elle sera donc logiquement suivie d’une multitude d’autres. Une seconde série d’OAV de huit épisodes voit le jour deux ans plus tard, sous le nom de Future GPX Cyber Formula Zero. Un étrange accident force Hayato à louper la majorité d’une saison et, après de longs doutes, le revoilà sur la grille la saison suivante. Nouveau véhicule, nouveaux rivaux, des courses toujours disputées pour le titre. La recette reste la même, avec un design toujours plus typique des années 90, comme ces personnages à cheveux violets ou équipés de monocles dignes des Scouters de Dragon Ball Z.


Troisième série d’OAV, cette fois en 1996, Future GPX Cyber Formula Saga continue sur la lancée mais ce sera la quatrième et dernière série, Future GPX Cyber Formula Sin, qui changera la formule en changeant tout simplement de héros : les cinq épisodes sont ainsi contés du point de vue de Kaga, le rival de longue date de Hayato. Un changement de polarité très intéressant puisque cette fois-ci, au lieu de voir comment Hayato va battre Kaga, on va essayer de voir comment Kaga compte battre Hayato et enfin arriver au succès. Une idée intéressante, originale et bien exploitée qui permet à cette série de clôturer l’univers avec succès.


Les casques n'empêchent pas les pilotes d'être expressifs



Au final, Future GPX Cyber Formula est une série passée relativement inaperçue en Occident mais qui se révèle un divertissement assez efficace. On ne peut que s’interroger sur ce qu’aurait été sa popularité en France si elle avait été diffusée dans le cadre du club Dorothée alors que la course automobile était sur toutes les lèvres...


Jeune adulte responsable qui aimait beaucoup Kamui Kobayashi lors de sa période Sauber, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo
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