CHRONIQUE DU JEUDI : Mirai Nikki

Future Diary – La chronique du jeudi #67

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


Parfois, cet article dispose d’une longue introduction essayant de poser un contexte ou de raconter des anecdotes rigolotes avant de présenter le titre qu'il va présenter. Mais comme cette semaine l’auteur subit encore les effets secondaires de ses 48 h d’Epitanime sans dormir, l'introduction va aller droit au but (comme l'OM, oui) : aujourd’hui, on va retourner en 2011 afin d'évoquer l’adaptation animée de Mirai Nikki.


Yuno et Yukiteru, les deux héros de la série

Le héros de Mirai Nikki est un jeune garçon nommé Yukiteru Amano. Plutôt asocial, celui-ci passe la majorité de son temps seul à écrire sur son téléphone portable tout ce qu’il observe autour de lui. Un jour, au réveil, il constate que son téléphone contient déjà toutes les informations nécessaires pour la journée et que celui-ci raconte un futur exact : tout ce qui a été écrit se déroule effectivement comme prévu aux heures indiquées. Bien heureux d’être prévenu du futur, le jeune Yuki va d’abord utiliser tout cela à son avantage : connaître les dates des devoirs surprises, éviter les rackets… Mais son bonheur va tourner court quand il fera la rencontre de Yuno Gasai, une jeune fille qui semble elle aussi posséder un chronographe et qui va sauver le garçon d’un mystérieux tueur menaçant.


Très vite, Yuki va découvrir l’origine de son chronographe et les responsabilités qui pèsent sur lui. En effet, ils sont en réalité 12 à posséder des portables qui révèlent l'avenir ; et selon les propos d’un mystérieux Dieu, ils vont devoir s’entretuer. La récompense : celui qui survivra à cette bataille prendra la place de Dieu.


En conséquence, chacun des douze participants possède son propre chronographe et un numéro qui lui est lié. Yuki est le no 1, Yuno le no 2, et ainsi de suite. Mais autant le chronographe de Yuki prédit l'avenir de tout ce qu’il peut observer, autant ce n’est pas forcément le cas des autres détenteurs : celui du no 9 indique par exemple un futur qui lui permet de s’échapper de n’importe quelle situation de crise, ce qui est particulièrement pratique vu qu’elle est une terroriste, métier somme toute dangereux…


Minene (à droite), un personnage assez fort et dynamique


Ainsi, chaque participant va devoir apprendre à utiliser son chronographe, essayer de deviner les capacités des autres joueurs et tâcher de survivre dans cette Battle Royale sous stéroïdes. Car l’enjeu est suffisamment important pour que tous les coups soient permis. Heureusement, Yuki a beau être assez peureux, il pourra compter sur l’aide de Yuno, le no 2, qui est folle amoureuse de lui et lui promet de tout faire pour qu’ils arrivent à l’emporter ensemble…


Au programme, donc : des alliances, des retournements de situation, des trahisons, de la violence, du sang, des larmes, de l’amitié et bien plus si affinité. Mirai Nikki ne fait pas vraiment dans le subtil et propose une histoire intense, qui ne s’offre qu'assez peu de limites. On y retrouve un esprit finalement assez semblable à un Code Geass, dans le sens où les rebondissements sont nombreux et surviennent parfois de nulle part. Il y a une recherche constante de la surprise et une science du cliffhanger qui peut rendre la série assez difficile à lâcher, pour peu qu’on parvienne à accrocher à ses différents personnages.


Votre intérêt envers Mirai Nikki peut donc fortement dépendre de votre appréciation de son héros, Yukiteru. Car le pauvre n’émet pour ainsi dire que peu de charisme et il peut vite devenir insupportable de couardise, sans parler de son déni des réalités. Heureusement, le personnage évolue au fur et à mesure de la série, se fortifie psychologiquement et devient presque attachant dans la dernière partie. Mais cela arrive très tard, et il faudra au préalable subir une majorité de scènes où il subit les événements, sans cesse trahi et ridiculisé. Quant au personnage de Yuno, il est très ambivalent : si elle est l’archétype de la yandere, ces personnages féminins tellement amoureux qu’elles en sont prêtes à tout pour protéger l’élu de leur cœur, celle-ci cache suffisamment de choses pour parvenir à surprendre le spectateur et à ne pas rester cantonnée à son rôle initial.

 

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En réalité, c’est surtout du côté des personnages secondaires que Mirai Nikki brille un peu plus, les détenteurs de chronographes étant une belle brochette de cinglés. Chacun possède un design remarquable, et l’on passe une grande partie de la série à se demander qui sera le prochain détenteur à faire son apparition, quel sera son pouvoir, son univers, etc. Si certains personnages sont plus réussis que d’autres – Minene la terroriste marquera sans doute plus les esprits que Karyûdo l’ami des chiens –, l’ensemble parvient malgré tout à convaincre et la diversité des pouvoirs offre des situations variées et parfois imprévisibles.


Mirai Nikki est avant tout un divertissement pur et dur, qui ne cherche pas forcément à jouer au plus malin avec son spectateur. Le manga assumait déjà son côté un peu exagéré, mais l’adaptation animée amplifie cela sans remords. On notera par ailleurs la qualité de cette adaptation qui se révèle techniquement bonne, qui s’offre le luxe d’intégrer de manière intelligente les différents éléments montrés dans des tomes spin-off et opère quelques changements mineurs au manga dans le seul souci d’améliorer la cohérence de l’ensemble. Sans compter une fin peaufinée et mieux gérée que dans l’œuvre originale. Si l’on rajoute des génériques travaillés, particulièrement le premier opening, Kûsô Mesorogiwi, alors on n'a rien à dire sur le travail du studio Asread, qui a bien fait le job.


Alors, oui, Mirai Nikki c’est parfois un peu con. Il arrive que la série aille tellement loin dans sa volonté de vouloir dynamiser son intrigue qu'elle en sorte des deus ex machina fumeux et des retournements de situation particulièrement irréalistes. Les personnages sont attachants, mais ne sont pas forcément très bien écrits, et à ce titre, les dialogues peuvent se montrer parfois particulièrement tartes. En outre, il s'agit d'une œuvre qui se veut violente, sombre et légèrement nihiliste, mais qui n’est jamais vraiment très mature et nous abonde d'événements gratuits. Bref, Mirai Nikki est particulièrement fun, mais il est difficile de dire sérieusement que c’est un chef-d’œuvre. Si vous cherchez un plaisir coupable devant lequel vous êtes susceptible de satisfaire vos besoins d’action, de trahisons et de rebondissements, alors ne cherchez pas plus longtemps : Mirai Nikki est un des plus convaincants dans ce domaine !

                                  

Jeune adulte responsable qui a développé une addiction à son téléphone, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo
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