CHRONIQUE DU JEUDI : Diabolik Lovers

Diabolik Lovers – La chronique du jeudi #74

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Si les adaptations de visual novels font désormais partie du décor, sont encore nombreuses celles qui se contentent d’adapter des jeux destinés avant tout aux garçons, qu’ils soient dating sims ou eroges. Heureusement, cela fait quelques années désormais que commencent à être adaptés les otome games et autres visual novels destinés à un public féminin. Pas forcément très connus des garçons, ceux-ci s’imaginent en entendant parler d’otome game des jeux où une jeune lycéenne va faire la rencontre de très jolis garçons gentils, serviables et adorables. Une sorte de version miroir des datings sims pour garçon, mais avec toujours plus de gentillesse, car après tout, les filles ça n’aime pas la violence, n’est-ce pas ?

 

Souvent ces préjugés explosent comme la navette Columbia quand ces garçons un peu candides, qui croient les jeunes filles capables de n’aimer que des choses mignonnes et gentilles, se rendent compte de l’existence d’animés comme Diabolik Lovers.


L'héroïne (en bas à gauche) entourée de tous ses nouveaux amis vampires

 

Manoir c’est noir

 

L’héroïne de la série, c’est Yui Komori. C’est une jeune fille emplie d’optimisme. Très belle, mais un peu timide, elle vit seule avec son père, qui est prêtre, et doit simplement gérer dans sa vie la légère problématique de régulièrement voir des esprits fantomatiques souvent rôder autour d’elle. Un beau jour, son père doit partir à l’étranger et décide de l’envoyer dans un manoir peuplé, dit-il, de « proches ». Elle s’y rend donc le cœur guilleret à l’idée de faire des jolies rencontres…

 

… et tombe sur un gang de six frères vampires sociopathes qui décident de l’emprisonner dans le manoir et de se battre pour savoir qui aura le droit de sucer son sang en premier. C’est ainsi que la nouvelle existence de Yui commença, et elle se retrouva rapidement à devoir fréquenter un lycée nocturne ouvert uniquement aux vampires.

 

Les deux premiers épisodes de Diabolik Lovers sont ainsi particulièrement sombres et offrent à son spectateur un univers dur et sans pitié envers une héroïne qui va passer son temps à être malmenée, maltraitée ou menacée par des personnages froids, désabusés et légèrement cinglés, tous à leur façon. Voilà une prise de contact particulièrement radicale !

 

Tout le reste de la saison restera sensiblement du même acabit : une mince intrigue à base d’une mystérieuse « Cordelia » se dessine à la fin, mais se termine aussi abruptement qu’elle a commencé, le reste de la série sera donc dédié à voir Yui se faire harceler en permanence par des personnages qui ont beaucoup souffert dans leur enfance et qui décident de s’en servir comme excuse pour se comporter comme de joyeux connards. Ambiance !

 

La baffe gratuite du jour

 

Sus aux suceurs

 

Diabolik Lovers, c’est avant tout une adaptation au format étrange. Les 13 épisodes ne durent que 15 minutes chacun, ce qui est un format assez inhabituel au sein de l’animation japonaise, d’autant plus que derrière le but du jeu reste d’adapter un visual novel relativement long, donc difficile de caser tout en aussi peu de temps. Conclusion, le studio Zexcs a décidé d’offrir une adaptation… très cavalière. En se centrant sur les relations très sadomasochistes entre l’héroïne et les six personnages masculins et en dédaignant complètement l’existence d’une réelle intrigue, la série serait semblable à ce que serait une bande-annonce assez exagérée du jeu.

 

Car en tant que série animée, Diabolik Lovers tient parfois plus du nanar qu’autre chose. Difficile de prendre réellement au sérieux cet univers excessivement sombre, où l’héroïne subit toutes les infamies du monde devant un spectateur qui se demande quand va-t-elle penser à ne serait-ce que s'échapper. Plus on évolue dans la série, moins on est sensible au calvaire qu’elle endure et plus on se surprend à se moquer de ces personnages masculins relativement tous semblables et dont les différences se limitent à des tics parfois assez ridicules, comme ce personnage qui passe son temps à appeler l’héroïne « Bitch-chan » (en VO) avec un ton de plus en plus exagéré au fur et à mesure que le temps passe.

 

Un screenshot du jeu original qui est, il faut l'avouer, plus intéressant et presque plus joli que son adaptation

 

D’ailleurs, autant il n’est pas compliqué de voir à quel public le jeu se destine – au Japon, mais pas que, les ouvrages dépeignant des relations sadomasochistes sont relativement populaires au sein du public fujoshi –, autant l’animé peine à convaincre qui que ce soit. Les fans du jeu sortiront frustrés et déçus d’une adaptation qui résume le jeu à un timbre-poste mal dessiné et ceux qui découvrent l’univers par ce biais en sortiront confus et remplis de préjugés, la faute à un développement des personnages réduit à peau de chagrin, une technique à la ramasse, des propos très répétitifs et une intrigue bâclée.

 

Néanmoins, Diabolik Lovers prend réellement sa saveur et vaut le coup d’être regardé en groupe, car c’est en tant que pur nanar qu’il s'apprécie. Suffisamment courte pour être marathonnée en même pas trois heures, la série peut être le fruit de commentaires très intellectuels, de consommation modérée d’alcool et de bons moments hilares entre amis. La série se veut sombre, mais n’est jamais réellement gore, la rendant accessible à un public certes mature mais pas forcément adulte (contrairement à l'alcool). C’est certes plutôt immoral de se moquer ainsi du supplice de cette héroïne, et ce n’était peut-être pas la réaction attendue par les réalisateurs de la série, mais l’utilisation de très nombreux clichés, les personnages assez ridicules dans leur comportement et leurs propos, ou bien l’incohérence de certaines situations, sont enclins à amuser le public.

 

Être vampire et mordre au niveau de la cuisse = montrer à tout le monde qu'on n'est pas doué

 

Du coup, Diabolik Lovers est incontestablement un mauvais animé, ce qui ne garantit pas forcément de passer un mauvais moment... si le trip gothique SM ne vous ennuie pas, bien entendu.

 

Jeune adulte responsable et très vanilla, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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