CHRONIQUE DU JEUDI : B Gata H Kei

La chronique du jeudi #76 – Yamada, ma première fois

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Un aspect séduisant de l’animation japonaise se retrouve parfois dans le ridicule de certains synopsis de série. Des choses si osées et audacieuses que cela peut être perçu, par un public non habitué, comme excessivement grotesque quand ça ne leur paraît pas juste débile. Encore aujourd’hui, des titres comme Monster Musume (« un héros qui doit héberger plein de filles mi-monstres mi-humaines ») ou Shimoneka (« un futur dystopique ou les citoyens sont surveillés et interdits de faire des blagues de cul ») peuvent être reçus avec moquerie, mais c’est oublier que les Japonais sont devenus experts dans l’art d’assumer les idées les plus audacieuses.

 

Alors quand débute dans un des magazines de la Shueisha, un manga comique sous forme de yonkoma qui voit l’intrigue mettre en scène une lycéenne dont l’objectif est de coucher avec cent garçons différents, inutile de dire que ça appartient très clairement à cette catégorie dite du « ridicule pris au sérieux ». Et que ça donne une comédie drôle, sexy et pas si bizarre qu’on pourrait le croire nommée B Gata H Kei ou, en France, Yamada ma première fois.

 

Les personnages de la série, avec Yamada l'héroïne qui prend toute la place au milieu

 

Nous avons donc comme héroïne Yamada. Yamada est une lycéenne qui aborde sa première année avec beaucoup d’enthousiasme et de ferveur puisqu’elle s’est donné un objectif personnel sain et ambitieux : coucher avec cent mecs différents pendant les trois années qui arrivent. Par envie et parce que vous savez, la jeunesse, c’est aussi la liberté. Peu importe qu’elle n’ait aucune expérience en la matière : elle a vu plein de films sur le sujet et, pour débuter, va essayer de « viser » un objectif simple. Ce dernier est un garçon gentil, discret et un peu gauche : Kosuda.

 

Commence alors une conquête de Yamada pour essayer d’entrer dans le slip du jeune homme, mais rien ne va se révéler simple. Heureusement, la jeune fille pourra compter sur les conseils (et la patience) de sa meilleure amie, Miharu, pour tenter d’arriver à ses fins et enfin découvrir l’amour…

 

Inutile de vous dire que cet objectif de cent garçons patine un peu, puisque toute l’intrigue de la série sera d’observer Yamada et Kosuda essayer tant bien que mal de le faire déjà entre eux. Et pour les deux adolescents, de découvrir les sentiments amoureux et passionnés.

 

Yamada est déterminée !

 

B Gata H Kei reste avant tout une comédie et cet aspect romance est finalement parodié, ridiculisé, oblitéré et jamais vraiment pris au sérieux. En effet, nous sommes là dans la volonté de rire de Yamada et de ses nombreuses excentricités, fantasmes et malentendus. La relation entre les deux personnages avance donc à rythme lent, au grand dam de la meilleure amie de Yamada qui aimerait bien que ces deux grands nigauds avancent de manière un peu plus concrète.

 

Malgré la thématique sexuelle, le fan service reste mesuré et on voit finalement peu de culottes, de bouts de seins ou de choses troubles. Ici, le sexe reste un sujet humoristique plus qu’érotique, et la série s’en amusera même dans sa censure, toujours terriblement loufoque. Même si son nom français ressemble pas mal à celui d’un film érotique de M6 de la grande époque, Yamada ma première fois n’est pas non plus une série érotique.

 

Si vous regardez la série pour voir un couple se former, se rapprocher et montrer leurs jolis corps, inutile de dire que vous serez profondément déçus.

 

Yamada est éblouissante !

 

L’humour japonais, on en a déjà parlé lors des nombreuses chroniques du jeudi dédiées à des comédies, il reste parfois difficile d’accès. Dans le cas présent, Yamada est une comédie grivoise qui ne cache pas ses racines de magazine pour adolescent. On est assez proche de ce que pourrait être un American Pie à la japonaise sauf qu’ici, les personnages masculins un peu bas de plafond sont remplacés par une protagoniste perverse, souvent à côté de ses pompes et dont la majorité de l’humour repose sur sa manière très décalée de voir et de tenter les choses. Que ce soit via ses actions souvent ridicules et exagérées ou par la manière d’interagir avec sa meilleure amie, Miharu, qui sera elle beaucoup plus terre à terre et souvent effarée de la manière dont Yamada semble parfois se saborder elle-même.

 

À la base, la série est un manga yonkoma publié dans le Young Jump, l’autre grand hebdomadaire de la Shueisha. Les chapitres duraient à peine cinq pages chacun et l’adaptation animée arrivait lors du printemps 2010. On retrouve derrière elle le studio HAL Film Maker, quelques mois avant que celui-ci ne soit absorbé par un autre studio pour former TYO. Si ces deux studios ne vous disent rien, ce qui est sans doute normal vu leur relative obscurité, dites-vous que HAL Film Maker a tout de même produit quelques séries solides comme Aria, Tamayura, Oban Star Racers et Princess Tutu.

 

Du coup, la série est solide techniquement. Sans montrer d’éclairs de génie particulier – il faut dire que le manga d’origine n’offre guère l’opportunité à l’animation de donner des scènes pour briller –, c’est un animé propre et plutôt agréable, avec un chara-design soigné. Les gags sont bien mis en scène et les chutes toujours bien introduites. En outre, l’animé évite les écueils habituels à l’adaptation de yonkoma et parvient à trouver le bon rythme.

 

Yamada est convaincue !

 

En somme, B Gata H Kei est une bonne surprise. Malgré son scénario un peu casse gueule, la série animée parvient toujours à rester sur les rails et à trouver un humour efficace, qui se trouve en plus n’être pas si vulgaire qu’attendu. Le seul défaut, évident : l’absence de véritable « conclusion » à cette adaptation qui va forcer les gens qui espéraient voir le couple star conclure devoir se rabattre sur un manga qui est bel et bien terminé, mais qui n’est jamais sorti de l’archipel japonais…

 

Jeune adulte responsable qui est plus H que B, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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