CHRONIQUE DU JEUDI : Futari wa Precure

La chronique du jeudi #77 – Futari wa Pretty Cure

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

La diffusion de Dragon Ball Super a récemment fixé tous les regards sur le studio Toei Animation, pour le meilleur comme pour le pire, et il faut bien avouer que les réactions passionnées des fans à l’épisode 5 de la série ont fait au studio japonais une publicité qu’il aurait bien aimé éviter. Il faut dire que même si l’histoire de Toei Animation est particulièrement riche, avec des titres aussi mythiques que Saint Seiya, Albator, Sailor Moon, One Piece, Digimon Adventure, Gegege no Kitaro ou bien Goldorak, son histoire contemporaine peine à satisfaire les fans occidentaux devenus bien plus exigeants, et des années 2010, seul le très expérimental Kyôsôgiga semble sortir du lot.

 

Heureusement, tout n’est pas noir et la Toei peut aussi se reposer sur une autre franchise, en cours depuis 2004, dont la qualité ne semble finalement guère faiblir et la popularité guère se tarir auprès des enfants japonais. Cette franchise, c’est celle des Precure, dont nous allons aujourd’hui parler de la première série, Futari wa Precure.


Nagisa (Cure Black) et Honoka (Cure White), les deux héroïnes

 

Nagisa et Honoka sont deux jeunes filles, élèves de quatrième, que tout oppose. Ainsi, Nagisa est une jeune fille instinctive, pleine d’énergie, experte en lacrosse, tandis que Honoka est une élève modèle, déléguée de classe et esprit scientifique poussé. Un beau jour, Nagisa voit passer une étoile filante et décide de faire un vœu… ce qui, sans aucun rapport, l’amène à rencontrer une étrange bestiole qui parle nommée Mepple. Mepple lui explique qu’il est une fée venant d’un monde parallèle nommée le Jardin de la Lumière, jardin menacé par une force obscure nommée Dusk Zone. En parallèle, c’est Honoka qui fait la rencontre de la compagne de Mepple, une autre fée nommée Mipple, qui lui explique la même chose. Nagisa et Honoka se retrouvent donc chargées de retrouver les Prism Stones nécessaires pour protéger le Jardin de la Lumière, et pour cela, vont récupérer le pouvoir des fées et pouvoir se transformer afin d’obtenir des pouvoirs magiques. Nagisa devenant ainsi Cure Black et Honoka Cure White, formant ainsi le duo des Pretty Cure !

 

Nous avons donc affaire à première vue à une histoire classique de magical girl semblable à n’importe quelle autre série du même genre – Card Captor Sakura, Gigi, Sailor Moon, Tokyo Mew Mew, Magical Doremi, etc. – sauf que très rapidement Precure va sortir du lot de deux manières.

 

Tu cherches la bagarre ?

 

Tout d’abord, Futari wa Precure vise bien évidemment les enfants, mais veut également toucher un public plus large que cela, à commencer par les jeunes adultes nostalgiques des shows de magical girl de leur enfance. Ce qui veut dire que Precure va se montrer très conscient des clichés du genre et jouer avec tout le long de la série. Cela s’illustre par exemple par des héroïnes qui se demandent comment elles ont trouvé leurs catchphrases. On est évidemment loin de la déconstruction d’un Madoka Magica ou de la parodie d’un Daimaho Touge, mais la série se veut ainsi un hommage chaleureux et un peu taquin aux grandes séries de magical girl.

 

Deuxième point, et le principal : les héroïnes ne se battent pas spécialement avec de la magie. En effet, si elles ont la possibilité grâce à leurs costumes de Pretty Cure de pouvoir utiliser des pouvoirs, elles s’en servent finalement assez rarement et préfèrent se servir de leur corps. Comme les deux jeunes filles sont assez athlétiques, rapides et entraînées, c’est avec leurs poings et leurs pieds qu’elles vont se battre au nom de la paix et de l’amour. Ce qui est une originalité suffisamment importante pour être mise en avant et donner aux combats de la série un air de jamais vu qui va tout de suite mettre la série en avant.

 

Parfois, tout ne tourne pas très rond

 

Ce ton et cette originalité, qui se rapprochent pas mal des Sentai, vont donc permettre à la série de peu à peu rencontrer le succès et la popularité grâce au bouche-à-oreille. Initialement prévue pour 26 épisodes, la série va se retrouver allongée de 26 épisodes supplémentaires, puis d’une seconde saison nommée Max HEART. Dès lors, débutera une franchise qui en est aujourd’hui à sa douzième série, Go! Princesse Precure. Chaque série amenant de nouveaux personnages, enjeux et univers, redynamisant à chaque saison la franchise et permettant à n’importe qui de l’aborder via la saison « en cours », qui ne nécessite jamais d’avoir vu les précédentes. Sans compter évidemment les nombreux films « all-stars », qui voient souvent toutes les Pretty Cure s'allier pour abattre des menaces de plus en plus terrifiantes et qui amènent dans les salles obscures aussi bien des jeunes enfants que des adultes bien sous tout rapport.

 

Et dans tous les cas, il faut tout de même avouer que Futari wa Pretty Cure possède beaucoup de qualités. Certes, elle continue à rester sur le schéma classique du « Monster of the Week » – où chaque épisode verra nos héroïnes combattre un méchant –, et son âge commence à se sentir d’un point de vue technique, mais c’est une série réellement divertissante, remplie d’idées et qui sait offrir à son spectateur des scènes de combat de très bonne facture. Évidemment, la série date de 2004, donc elle a vieilli et peut être moins impressionnante que certaines des séries qui ont suivi (on pense à la très populaire Heartcatch Precure), mais reste encore aujourd’hui accessible à un large public.

 

Petit aperçu non exhaustif des Precure à travers les âges et les séries

 

Néanmoins, on peut regretter que la franchise ne se soit jamais vraiment aventurée en dehors de l’Archipel. Il faut dire que l’époque – mi-2000 – a été celle de l’échec en Occident de séries de magical girls comme Tokyo Mew Mew ou Mermaid Melody, qui ont rendu frileux les éditeurs et les diffuseurs, devenus peu enclins à racheter des séries de cent épisodes avec des magical girls qui se battent de manière un peu plus violente (avec leurs poings, imaginez) que d’habitude. Cela demande donc du courage de découvrir cette franchise, mais quiconque est prêt à affronter ses préjugés et une cinquantaine d’épisodes par saison y découvrira un divertissement de qualité rempli de bonnes idées, qui pourrait bien vous redonner confiance en la Toei.

 

Jusqu’au prochain épisode de Saint Seiya Soul of Gold.


Jeune adulte responsable qui aimerait bien un Cure Stick, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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