CHRONIQUE DU JEUDI : Amagi Brilliant Park

La chronique du jeudi #80 – Amagi Brilliant Park

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

L’été se termine bientôt et avec lui les meilleures fréquentations de l’année pour nombre de parcs d’attractions tout autour de la France. Les plus petits vont même fermer leurs portes en attendant le printemps prochain, endeuillant les fanas de parcs d’attractions tout autour du pays. Mais heureusement, s’ils aiment l’ambiance typique de ces lieux familiaux et colorés, ils peuvent toujours se jeter sur Rollercoaster Tycoon ou bien regarder une série animée récente qui va les emmener vers un monde magique et attirant : Amagi Brilliant Park.


Tous les employés du parc avec Kanie au centre entouré, à gauche, de Latifah et, à droite, d'Isuzu

 

On est pas chez Mickey

 

Amagi Brilliant Park raconte l’histoire de Kanie Seiya, un lycéen très imbu de lui-même, ancien enfant acteur célèbre qui a acquis de cette expérience une confiance en lui qui fait fi de toute modestie. Malgré cela, il reste un esprit malin et intelligent, ce qui rend son arrogance d’autant plus exaspérante. Mais un jour, après les cours, une de ses camarades nommée Isuzu Sento le menace avec un fusil sorti de nulle part afin de lui proposer… un rendez-vous en tête à tête.

 

Acceptant sous la contrainte cette proposition, Isuzu l’emmène donc dans l’Amagi Brilliant Park, un parc situé dans la banlieue de la ville, loin de tout. Et le parc se révèle très vite déprimant : les décors sont dans un sale état, les employés démotivés et démotivants, les spectacles sont ennuyeux et mal joués, enfin les attractions manquent d’excitation ou de réglages suffisants pour amuser les visiteurs. Après ce rendez-vous raté, Isuzu se dévoile comme membre du parc et souhaite que Kanie en devienne un des principaux responsables afin d’en augmenter la fréquentation.

 

Car derrière ce parc pourri se cache une réalité magique : toutes les mascottes du parc ne sont pas des costumes mais bel et bien de véritables créatures fantastiques issues de mondes parallèles. Ce parc et l’enthousiasme des visiteurs qui le visitent leur permettent de rester en vie. Seulement, le parc et sa gestionnaire la jeune reine Latifah se sont pris un ultimatum sur le coin du bec : s’ils ne ramènent pas un nombre important de visiteurs d’ici la fin du mois de juillet, le parc fermera…

 

Kanie accepte donc, d’abord à contrecœur, d’essayer de sauver le parc avec ses talents de gestionnaire et ses idées qui ne seront parfois pas du goût des employés du parc…

 

Panique chez les mascottes

 

Si la série a été rapidement surnommée Theme Park The Animation, ce n’est donc pas par hasard puisque cette intrigue, simple, va porter toute la série durant les treize épisodes qui la composent. Mais au-delà de ces enjeux, il est important de préciser dès maintenant qu’Amagi Brilliant Park est avant tout une pure comédie. Les employés du parc sont ainsi totalement jetés, avec des caractères excentriques quand ils ne sont pas tout simplement trop idiots pour leur propre bien.

Cela se ressent principalement par la dynamique d’un trio de mascottes composé de Moffle la mascotte toujours énervée, Macaron l’artiste feignasse et Tiramie la mascotte trop choupie mais ultraperverse, alcoolique et cultivatrice de marijuana. Ces trois-là sont très représentatifs de l’humour assez adulte de la série mais qui parvient, grâce à un habile jeu d’équilibriste, à ne jamais vraiment sombrer dans la vulgarité.

 

Macaron et Tiramie, ne vous fiez pas aux apparences

 

La série peut donc s’amuser très longuement avec son très large casting composé de personnages toujours plus fous les uns que les autres, ce qui ne l’empêchera pas de se montrer plus sérieuse quand le besoin se fait sentir et que certains personnages nécessitent de passer par la case développement. Ainsi, la relation entre Kanie et Isuzu évoluera tout le long de la série, d’une franche méfiance l’un envers l’autre à un respect mutuel voire plus si affinités.

 

Enfin, on appréciera la fin de la série qui répond à toutes les questions et ne laisse pas vraiment le spectateur sur sa faim afin de l’obliger à acheter les light novels que la série adapte. La fin reste ouverte à une éventuelle suite, ce qu’on apprécierait volontiers, mais n’empêche donc pas la série de se suffire à elle-même, offrant même un épisode treize absolument hilarant qui met en avant tout le casting secondaire de la série... ainsi que des choses aussi bizarres que l'accouchement d'une jument et le repassage en conditions extrêmes.

 

Quand employés fâchés, eux toujours faire ainsi

 

Full Metal Park

Derrière le light novel original on retrouve Shôji Gatô, qui avant cela avait écrit le très populaire Full Metal Panic. Cela explique bien évidemment la similarité de physique évidente entre Moffle et la mascotte Bonta-kun de FMP puisque l’auteur était tellement fan de cette petite mascotte qu’il a souhaité la remettre en scène dans sa nouvelle série. Mais les similarités s’arrêtent là puisque, contrairement à Full Metal Panic, ici on ne parle pas de guerre et de romance ! Quoique…

 

Le design original du light novel est le travail de Nakajima Yuka, une auteure particulièrement connue dans le monde du dôjinshi avec son cercle, Digital Lover, qui produit à un rythme assez effréné une demi-douzaine de mangas amateurs érotiques et appréciés sur des séries populaires.

 

Illustration de Nakajima Yuku issue du light novel original, mettant en avant Isuzu et les Elementario

 

Mais, évidemment, pour l’adaptation, difficile de ne pas voir la signature du studio Kyoto Animation. Le studio sortait de deux ans de production d’animés « faits maisons » avec soit des animés originaux comme Tamako Market, soit l’adaptation de light novels produits par la maison d’édition interne au studio — Kyokai no Kanata, Free!, Chûnibyô. Il a donc été surprenant de voir Kyoto Animation travailler sur l’adaptation d’un light novel Kadokawa, surprise estompée quand on se souvient des bons termes entre Shôji Gatô et le studio, qui avait été responsable au début des années 2000 de l’adaptation animée de Full Metal Panic via la réalisation de la seconde saison (The Second Raid) et de la série « bonus » Fumoffu qui reprenait l’univers de FMP pour mieux le parodier.

 

Et encore une fois le studio montre tous ses talents durant les treize épisodes de la série, avec un visuel extrêmement travaillé et une animation aux petits oignons. Mais ce n’est pas vraiment surprenant, tant on attend toujours des faux pas de la part du studio. Sachant qu’à peine trois mois après, ceux-ci sortiront Hibike! Euphonium qui ira encore plus loin dans l’excellence technique.

 

Mais ce n’est pas que techniquement que le studio attire les louanges, comme à son habitude, mais ici également sur l’écriture : Amagi Brilliant Park reste une série extraordinairement fun à regarder. La série possède peu de temps morts, les épisodes défilent à vitesse grand V et on sort de chaque épisode avec une sorte de bonne humeur communicative. La série reste légère de bout en bout, ne vole jamais forcément très haut mais on ne lui en veut pas forcément tant elle réussit son objectif d'être divertissante.

 

Tapez la pose !

 

Bref, difficile de ne pas dire beaucoup de bien de cette série, qui est une comédie réussie. À l’image d’un bon manège, à peine un épisode est terminé qu’on a déjà envie de remonter dedans. À ce titre, Amagi Brilliant Park reste donc un des titres les plus séduisants de l’année 2014.

 

Jeune adulte responsable qui a hâte de retourner à Disneyland pour essayer de rencontrer Donald, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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