CHRONIQUE DU JEUDI : Fruits Basket

La chronique du jeudi #87 – Fruits Basket

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


 

Parfois, un article nécessite une longue intro, une pesante mise en contexte ; et parfois le lancement est plus simple, plus aisé. Un peu comme aujourd’hui, puisque l’on va parler de l’adaptation animée d’un des mangas shôjo qui se sont le mieux vendus en France et évoquer non sans émotion Fruits Basket.


De gauche à droite les personnages principaux de la série : Kyô, Tohru, Yuki et Shiguré

 

L’héroïne de cette série, Tohru Honda, n’a pas vraiment une vie facile : lycéenne et travaillant à mi-temps comme femme de ménage dans des grands immeubles tokyoïtes, elle vit dans une tente depuis la mort de sa mère qui est, semblerait-il, la dernière personne proche qui lui restait. Malgré tout, celle-ci parvient à garder sa bonne humeur, son entrain et son énergie, ce qui pourrait déstabiliser ses amies… si seulement elle en avait. Mais un beau jour, durant une tempête, sa tente est enterrée sous une importante quantité de terre, et elle est recueillie par la famille qui possède le terrain sur lequel elle avait décidé de camper.

 

Cette famille, c’est les Sôma et eux aussi cachent un secret plutôt gênant : chaque membre de la famille est touché par une malédiction liée aux animaux du zodiaque chinois qui les voit se transformer en l’animal de leur signe à chaque fois qu’ils entrent en contact avec un membre du sexe opposé ! Tohru est donc chargée de protéger ce secret et, en échange, est hébergée chez les Sôma. Mais, évidemment, celle-ci va se retrouver au coeur d’une famille mutilée et va rapidement rencontrer les nombreux membres de cette famille, pour le meilleur comme pour le pire…

 

L’animé Fruits Basket est donc, bien évidemment, l’adaptation animée du manga éponyme. Comme celui-ci, sa force va être de nous proposer une intrigue riche en mystères avec des personnages forts et en perpétuelle évolution. Le premier contact avec la famille Sôma est ainsi intrigant : on a Yuki Sôma (signe du Rat) qui est un jeune garçon calme, raisonnable et mystérieux, totalement en opposition avec Kyô (signe du Chat) qui est lui extrêmement colérique, instinctif et passionné. Les deux se détestent, passent leur temps à s’envoyer nombre de sarcasmes à la figure avec pour seule autorité le patriarche de la maison et représentant du signe du Chien… Shiguré Sôma. Une autorité qui n’inspire pas forcément la confiance puisqu’il est plutôt excentrique, assez débauché et semble relativement fainéant.

 

Tohru en compagnie de ses hôtes... transformés

 

Au milieu de tout ça, on a donc Tohru, une adolescente qui – comme on l’a bien signalé dans le synopsis – n’a pas vécu une vie facile, mais tâche toujours de garder l’espoir et le sourire. Cette bombe de bonne humeur, qui cache son mal-être sous ce masque d’énergie, est certes étrangère à la famille Sôma et à leurs intrigues, mais elle va rapidement jouer un rôle bien important…

 

Fruits Basket réussit une performance assez appréciable : celle de nous faire traverser aisément une grande palette d’émotions. La série est parfois drôle, parfois émouvante ; on adore certains personnages aussi bien que d’autres nous mettent en colère. C’est une série devant laquelle il reste difficile d’être indifférent et parfaitement efficace dans sa volonté de changer les ambiances de chapitre en chapitre. Ce qui explique vraisemblablement le succès mondial du manga qui aura atteint un certain succès aussi bien au Japon qu’en France ou aux États-Unis, pays dans lequel le manga était régulièrement juste derrière Naruto dans les classements de vente.

 

Shiguré, souvent source d'hilarité

 

Quant à l’adaptation animée, on pourrait frémir puisqu’on retrouve le studio DEEN aux commandes. Un studio à la réputation plutôt mitigée sur l’Internet – Higurashi, Pupa, Sakura Trick, etc – mais qui offre sur Fruits Basket un travail vraiment réussi. Certains épisodes – particulièrement sur la fin – sont techniquement irréprochables, même s'il est évident que le fait que l’animé date de 2001 se voit et que pour un œil habitué aux productions actuelles, le coup de vieux se fait sentir.

 

Mais en fin de compte, cette adaptation fonctionne bien, portée par un casting motivé, une volonté d’adapter fidèlement le manga et un véritable effort sur tout l’aspect sonore puisqu'on retrouve aux soundtracks et aux génériques la très talentueuse Ritsuko Okazaki. Évidemment, son seul défaut, vous le connaissez déjà : le manga s’est terminé en 2006, mais l’animé, lui, a pris fin en décembre 2001 sans jamais avoir d'autre saison. Du coup, la fin a un peu le derrière entre deux chaises et tente de clore la série de manière naturelle tout en assumant le fait qu’elle ne répond pas à toutes les questions.

 

Kyô et Tohru vont pas mal se rapprocher tout le long de la série

 

C’est d’ailleurs finalement regrettable que l’ensemble du manga n’ait pas été adapté, mais Fruits Basket et son auteur, Natsuki Takaya, auront tous deux connu une vie riche en obstacles. Ainsi, sa blessure à la main gauche – sa main principale – a énormément ralenti le rythme de publication de l’œuvre, retardant toutes tentatives de développer une suite. Et c’est sans compter les relations qu’on dit particulièrement houleuses entre Natsuki Takaya et le réalisateur de la série, Daichi Akitarô – qui déclarera plus tard « ne plus vouloir jamais à faire avec Mlle Takaya » – qui auront, peut-être, enterré les chances de voir le reste du manga être adapté avec le même soin et la même réussite. Et ce, malgré une popularité indiscutable tout autour du monde.

 

Alors, oui, si l’on cherche dans les petits détails, on pourrait trouver des choses à reprocher à cette adaptation – tel personnage plus mis en avant que tel autre, par exemple –, mais il est difficile de ne pas vous conseiller de jeter un œil à ce grand classique et, pourquoi pas, une fois l’animé terminé, de vous saisir de tous les tomes du manga à partir du volume 6 et les lire comme s'il n’y avait plus de lendemain. Vous ne serez pas déçu du voyage !

 

« Courage, Tohru, même dix ans après la fin du manga, une adaptation est toujours possible ! Regarde Parasite ! »


Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

 

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