CHRONIQUE DU JEUDI : Inari, Konkon, Koi Iroha

La chronique du jeudi #89 – Inari, Konkon, Koi Iroha

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

À l’heure actuelle, au Japon, la religion la plus pratiquée est le shintoïsme, devant le bouddhisme et le christianisme. Ce melting-pot de religions, présent depuis de très longs siècles, fait de l’archipel un des endroits les plus pacifiques sur la question, et les tensions religieuses sont rares. Le shintoïsme étant une religion polythéiste et très liée à la nature, les temples sont finalement assez nombreux et disséminés à des endroits très variés, durablement inscrits dans le quotidien des Japonais. Dès lors, il est logique que de nombreuses auteurs s’inspirent des mythologies du pays pour créer une multitude d’histoires, sans crainte de blasphèmes et de malédictions quand ce ne sont pas les temples et autres locations sacrées qui se retrouvent elles-mêmes au centre des histoires.

 

Ainsi l’animé dont on va parler aujourd’hui a pour ambition de créer dans ce contexte spirituel une histoire qui va tâcher de mélanger romance, comédie, drame et tranche de vie. C’est une série sortie au début de l’année 2014, qui est peut-être passée sous pas mal de radars : il s’agit de Inari, Konkon, Koi Iroha.


Inari et Uka, les deux héroïnes de la série

 

Nous avons donc comme héroïne une vaillante adolescente de 13 ans nommée Inari Fushimi. Gentille, sociale et pleine de bonne volonté, c’est le genre de jeune fille qui peut, par exemple, se jeter dans un fleuve juste avant d’aller en cours afin de sauver un chiot en train de se noyer. En plus de cela, elle est raide dingue amoureuse d’un de ses camarades de classe, Kôji Tanbabashi. Mais un jour, alors qu’elle projette de se confesser à lui, elle commet une grande maladresse et l’humilie devant toute la classe. Pire, elle le surprend quelques heures plus tard à donner, en privé, une lettre à la populaire Akemi Sumizone, tout en expliquant qu’il attend la réponse avec impatience.

 

Pour Inari, tout cela est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et, le cœur brisé, elle part pleurer dans un temple proche. Là-bas, elle fait la rencontre d’une très belle femme vêtue d’habits traditionnels, avec de longs cheveux blancs et des yeux dorés. Nommée Uka, celle-ci est la divinité protectrice du temple ; elle explique à Inari que le chiot qu’elle a sauvé plus tôt était en réalité un des renards sacrés du temple. Elle demande ensuite à Inari de formuler un vœu ; celle-ci souhaite alors être à la place d’Akemi Sumizone. Elle va donc être prise au mot et devenir, physiquement, comme la jeune fille.

 

Sous les applaudissements du public

 

Bien entendu, cela va entraîner un bon nombre de situations cocasses et, très rapidement, Uka se rendra compte de son erreur et changera ce vœu pour un plus simple, dotant Inari d’une capacité de métamorphose. Pour la jeune adolescente, cela peut être l’occasion d’essayer d’améliorer ses relations avec son amoureux. Cependant, cela va aussi la plonger dans le monde des dieux, lequel va attendre d’elle un peu de responsabilités…

 

En somme, Inari, Konkon, Koi Iroha se présente avant tout comme un animé de romance, où le principal enjeu va être de voir Inari essayer de se rapprocher de Tanbabashi, et où l’on va vite se rendre compte que les sentiments entre les deux sont peut-être plus partagés qu’on ne pourrait le croire. Mais évidemment, c’est loin d’être la seule intrigue puisque rapidement d’autres histoires d’amour vont faire leur apparition chez les personnages secondaires. De plus, le monde divin va parfois venir semer son grain de sel dans le quotidien presque paisible de la jeune fille. Sans compter, évidemment, toutes les péripéties que peut amener ce pouvoir de métamorphose qui, s’il est très amusant au début, pourrait avoir au fur et à mesure de la série des conséquences beaucoup moins légères.

 

Des décors très jolis, mettant en avant les nombreux temples de Kyoto

 

Ce qui marque quand on lance la série, c’est avant tout le très bel aspect visuel. Les décors semblent avoir fait l’objet d’un soin tout particulier et mettent extraordinairement en valeur les temples shintoïstes et la ville de Kyoto. D’ailleurs, le fait que l’héroïne porte le même nom que le Fushimi Inari taisha n’est pas un hasard, et le fameux couloir de torii est régulièrement représenté. On a donc affaire à une très belle carte postale de la ville, et il ne serait pas surprenant d’apprendre que la série soit un poil utilisée pour faire la promotion touristique de l’ancienne capitale impériale.

 

Mais il n’y a pas que les décors qui sont soignés et le chara design est lui-même plutôt travaillé et très joli. En particulier le personnage de Uka, très bien conçu, qui attire tout de suite l’œil et rend encore plus drôle le décalage entre cette allure digne et le caractère de la divinité qui est, il faut bien l’avouer, une fujoshi assez profonde. Ce décalage visuel est d’ailleurs souvent utilisé et le personnage d’Inari tire parfois des trognes assez hilarantes, qui jouent pas mal sur les décalages de style.

 

Du coup, la série est plutôt courte — à peine dix épisodes — et possède un rythme très rapide, ce qui fait qu’on la regarde plutôt vite et plutôt bien. Mais c’est justement ce nombre réduit d’épisodes qui crée vraisemblablement le seul vrai gros défaut de la série : le travail d’adaptation.

 

Mais faut pas être triste comme ça !

 

Car Inari, Konkon, Koi Iroha est avant tout un manga de Morohe Yoshida, débuté en 2010 et terminé très récemment en septembre 2015. Par conséquent, la série animée n’adapte qu’une partie de la série — six tomes sur les dix, en gros — avec un nombre limité d’épisodes. Si la série tente d’improviser une fin, la manière de le faire est un peu maladroite et pas forcément très satisfaisante. En outre, dix épisodes sont finalement assez peu et pas mal de petits éléments se retrouvent mis de côté, rendant certaines situations parfois difficilement cohérentes et le développement de personnages peut se retrouver parfois un peu bâclé…

 

Du coup, si vous avez cela bien en tête au moment de commencer la série, cela peut expliquer les quelques incompréhensions que vous allez avoir et c’est pour le mieux. Inari, Konkon, Koi Iroha est au final une très jolie série, pleine de bons personnages, de bons sentiments et de bonnes idées, avec un traitement mignon et chaleureux de ses différentes romances. À noter que la série évoque également une romance homosexuelle de manière plus qu’appréciable, en la traitant avec naturel et sans la moindre intention de fan service, ce qui est toujours bienvenu.

 

Exemple de reaction face

 

C’est une des séries les plus sous-estimées de 2014 mais, malgré tout, n’hésitez pas à aller y jeter un œil !

 

Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo.

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