CHRONIQUE DU JEUDI : 5 animés de Noël

La chronique du jeudi – Hors-série #4

Presque tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Voici une chronique du jeudi bien particulière puisque nous sommes le 24 décembre. Tandis que certains nettoient frénétiquement leurs cheminées pour pouvoir laisser passer le père Noël, d’autres achètent les cadeaux à la dernière minute ou commencent à préparer le repas de famille interminable qui s’annonce devant eux. Alors pour rester dans cet esprit de fête et de communion, quoi de mieux que de citer cinq animés qui représentent, au mieux, l’esprit de Noël ? Ou qui, à défaut, utilisent Noël dans leur intrigue principale ?

 

Et c’est là que vous pourriez être étonnés : Noël n’est pas forcément tant évoqué que cela dans l’animation japonaise. Il faut dire que la fête n’est pas profondément ancrée dans la culture japonaise shintoïste, et que là où toutes les séries d’animation occidentales vont forcément évoquer cette journée d’une manière ou d’une autre, le Japon va préférer, fort naturellement, se concentrer sur ses propres fêtes comme, par exemple, Tanabata.

 

Il reste néanmoins plusieurs facettes de Noël, que nous allons donc citer en cinq animés : quatre séries et un film.

 

Toradora!

 

La comédie romantique phare de la fin des années 2000, pour laquelle nous avions déjà proposé une chronique, dédie un arc narratif entier à l’organisation d’une fête de Noël au sein du lycée de nos héros : préparation, organisation puis le spectacle lui-même suivi de ses conséquences concrètes sur les différents personnages. La fête elle-même correspond à toutes les attentes que l’on peut avoir : un sapin géant (avec une étoile tout en haut), un personnage déguisé en père Noël, d’autres en rennes et, surtout, deux jolies jeunes filles qui vont chanter une chanson à la gloire de la nuit la plus sacrée de l’année.

 

Mais au-delà de cette ambiance joyeuse et chaleureuse, ces épisodes sont aussi primordiaux pour l’intrigue puisque nos deux héros, le sympathique Ryûji et l’irascible Taiga, vont connaître pendant cette nuit une expérience très positive qui les changera à jamais, tandis que d’autres personnages vont eux vivre des moments loin d’être enviable…

 

White Album 2

 

Si en Occident, Noël est perçu comme une fête religieuse ET familiale fêtée le 25 décembre, le Japon a lui une vision très différente de cette fête qui est, comme nous l’avons expliqué, pas forcément dans sa culture. Si le pays dispose d’un nombre loin d’être négligeable de catholiques, ceux-ci sont loin de représenter une large majorité, et Noël reste dans l’archipel avant tout quelque chose qui a été importé de l’étranger, qui va très vite passer à la moulinette du mercantilisme japonais. Aujourd’hui, Noël est surtout fêté pour deux choses : l’aspect familial que nous connaissons bien, avec les cadeaux offerts aux enfants jusqu’à ce que ceux-ci deviennent trop vieux pour cela, mais également un aspect romantique que nous méconnaissons complètement.

 

Ainsi, au Japon, ce n’est pas le 25 décembre qui est important mais la soirée du 24 décembre et la tradition veut que cette soirée, si vous êtes jeune, vous la passiez avec votre être aimé. Noël est donc la fête des « jeunes couples » par excellence, ce qui explique pourquoi elle va jouer un rôle important dans nombre de comédies romantiques diverses et variées, où le héros et/ou l’héroïne vont tâcher de passer cette fête en bonne compagnie.

 

Maintenant qu’on a mis toutes les choses en contexte, citons une comédie romantique nommée White Album 2, qui adapte un visual novel du même nom et dont l’intrigue n’a rien à voir avec le premier White Album, lui aussi adapté en animé quelques années avant. Si White Album 2 ne met pas tant Noël que ça en avant, la série se déroule elle majoritairement en hiver et on y retrouve cette ambiance romantique assez typique de la période. Un peu comme Kanon — autre adaptation de visual novel —, c’est un animé dans lequel on retrouve donc de l’esprit de Noël... mais pas forcément notre esprit de Noël.

 

En attendant, ça reste une comédie romantique très bien écrite, qui déjoue pas mal les attentes de ses spectateurs et se montre très différente en termes d’émotions et de personnages que ce qui aura été produit en matière de romance ces dernières années.  

 

 

My Santa

 

 

Que serait Noël sans le père Noël ? Si le barbu aux mille rennes n’a jamais été la star ou le personnage récurrent d’une série, sa petite fille pourrait l’avoir été dans My Santa, un très court manga de Ken Akamatsu qu’il a réalisé avant de se lancer dans Love Hina. Dans ce manga, un jeune garçon nommé Santa, né le 24 décembre, passe un Noël épouvantable dû à sa haine viscérale de cette fête qui lui a fait hériter de ce prénom ridicule. Il rencontre alors une jeune fille nommée Mai, qui se présente comme la petite-fille du père Noël et qui va donc apprendre au jeune homme à changer son fusil d’épaule…

 

Au départ nous avions donc un manga one-shot de Ken Akamatsu, avec tous les ingrédients qui feront son succès dans Love Hina : une dose d’humour, une dose de fanservice et une dose de romance. Sauf qu’après le succès du manga, l’idée est venue d’adapter My Santa en deux OAV, le premier adaptant fidèlement le one-shot d’origine, le second rajoutant une histoire complètement inédite, mettant en scène une multitude de nouveaux personnages féminins, tous liés d’une manière ou d’une autre à la fête des enfants…

 

Ce n’est pas l’animé du siècle, vous vous en doutez, et la technique est même un peu datée, rendant la vision de ces OAV compliquée, mais c’est sans doute la série animée la plus à fond dans l’esprit de Noël que vous pouvez croiser !

 

 

 

Usagi Drop

 

 

S’il y a peu de séries qui parlent longuement de Noël, il reste souvent à l’occasion des séries « tranches de vies » qui vont y dédier au moins un petit épisode. On pourrait en citer beaucoup : K-On, Lucky Star, Gochûmon wa Usagi Desu Ka et même Shirokuma Café et Ranma ½. Mais si on devait en noter un en particulier, ça serait l’épisode spécial Noël de Usagi Drop, un épisode tellement spécial qu’il est exclusif à l’édition DVD/BR de la série !

 

L’épisode ne dure donc que cinq minutes mais voit le duo de héros de la série — Daikichi et la petite Rin qu’il a dû adopter et dont il doit apprendre à s’occuper — se préparer à fêter Noël : installer le sapin, préparer des gâteaux et des carottes pour la venue du père Noël, lui faire un petit dessin pour Rin, acheter le cadeau et le cacher pour Daikichi.

 

Très court, cet épisode va vous replonger avec tendresse à cette époque de votre très jeune jeunesse, quand le 24 au soir, vous attendiez avec fébrilité la venue du gros bonhomme rouge. Comme l’ensemble de la série, bons sentiments et style visuel adorable sont au rendez-vous !

 

 

 

Tokyo Godfathers

 

Si l’on connaît surtout le génial réalisateur Satoshi Kon pour Paprika et Perfect Blue, il ne faut jamais sous-estimer son excellent film, Tokyo Godfathers, qui est en plus parfait pour cette chronique sous tous les points : non seulement l’intégralité du film se déroule durant la veille de Noël mais en plus le film prend l’esprit de Noël, le câline, lui fait faire un German Suplex puis le recâline à nouveau.

 

Histoire simple : on suit donc un trio de clochards qui vivent dans Tokyo, à la marge de la société, et qui trouvent un bébé abandonné, dont ils vont essayer, du mieux qu’ils peuvent, de s’occuper tout en essayant de retrouver ses parents. Ce trio est composé d’une brute au cœur d’or, d’une transsexuelle optimiste et d’une adolescente fugueuse pleine d’énergie mais dont on ignore les raisons exactes de son entrée dans ce monde fait de marginaux. On est ici très loin des films précédents du réalisateur, Perfect Blue et Millenium Actress, avec un film beaucoup plus terre à terre, plus classique dans sa construction, sans les mindfucks qui étaient jusque-là sa signature. Même si le film est du coup le plus accessible du maître, il n’en reste pas moins très observateur sur la société humaine et, même s’il y a beaucoup de tendresse, d’humour et d’émotions, le film possède une poignée de scènes assez sombres, pour nous rappeler qu’être clochard c’est loin d’être la belle vie.

 

Comme pour mieux faire référence à l’origine de Noël, le bébé lui-même semble parfois être protégé par une force supérieure, ce qui est questionné par certains personnages qui vont parler de miracles à de nombreuses reprises pendant la nuit, quand ceux-ci ne sont tout simplement pas des références quasi directes — les trois clochards sont-ils finalement une version contemporaine des Trois Mages ?

 

Bref, Tokyo Godfathers s’inspire aussi bien des racines religieuses de Noël que de l’esprit contemporain de cette fête, tout en y apportant la vision et la signature d’un réalisateur qui nous aura quittés bien trop tôt. Souvent oublié dans la liste des plus grands films d’animation, Tokyo Godfathers est une véritable réussite de bout en bout, que nous ne pouvons que vous encourager de regarder dans cette période de fête.

 

 

En attendant, joyeux Noël à toutes et à tous ! En espérant que vous avez été bien gentils cette année et que le père Noël vous aura bien gâtés !


Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo.

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