CHRONIQUE DU JEUDI : Teekyû

La chronique du jeudi #95 – Teekyû

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Ces dernières années, nous n’avons pu que constater la recrudescence des « séries courtes », ces séries qui se distinguent du reste des autres animés avec des épisodes hebdomadaires de durée réduite, qui dépassent souvent peu les dix voire les cinq minutes : pensez à Strange+, Pupa, Wooser no Sono Higurashi ou bien Tonari no Seki-kun. En soi, ce n’est pas un nouveau format, et il y a toujours eu des séries à durée réduite, mais ces derniers temps il semble s’en développer plus et celles-ci gagnent en visibilité auprès du public occidental. Sans être pour autant devenu une tendance, ce format permet à des petits studios de produire des séries pour un budget un peu moins exorbitant que ce que nécessiterait une série hebdomadaire de 12 épisodes de 24 minutes. C’est donc souvent plus une contrainte qu’un véritable choix.

 

Mais certaines séries prennent cette limite de temps, l’assument et l’embrassent. C’est le cas de la série dont on va parler aujourd’hui et qui prouve qu’une série courte peut être modeste en moyens et faire de sa courte durée un atout assumé : Teekyû.

 

Nos héroïnes, de gauche à droite : Yuri, Kanae, Nasuno et Marimo


Teekyû (qui signifie « tennis ») est donc un animé de sport… a priori. L’héroïne, Yuri, est une lycéenne normale qui aime beaucoup ce sport à raquettes, qui rêve de devenir une grande sportive et qui veut donc rejoindre le club de son lycée. Elle va donc rapidement faire la rencontre de trois autres filles qui… n’y connaissent rien en tennis. Et, de toute manière, ce n’est pas si grave : de tennis, la série ne parlera finalement jamais. Car une grande partie de l’humour va entre autres choses se reposer sur les quatre personnages, tous extrêmement caricaturaux, qui vont se retrouver dans des situations cinglées.

 

Tout d’abord, on trouve Yuri, la fille « normale » qui veut faire du tennis, mais se laisse souvent entraîner par les folies de ses camarades. On a ensuite Kanae qui est juste très idiote et incapable d’interpréter les propos des gens correctement, se retrouvant souvent dans des situations qui défient totalement les lois de la physique ou qui sont la source de quiproquos aux conséquences parfois ahurissantes.

 

La troisième membre du groupe est Nasuno, qui vient d’une famille à la richesse… qui vous fera tomber par terre. N’ayant jamais eu à suer de sa vie et réglant tous ses soucis par l’argent, elle vit une vie de princesse un peu arrogante. Enfin, la dernière est Marimo, une fille perverse… et pas qu’un peu ! Pas forcément très maligne non plus, elle voue une adoration sans faille aux petites culottes, au point qu’elle peut en manger juste pour le kiff et vous apprendra à en cuisiner dans l’un des openings de la série. Elle attire également souvent les situations paranormales, un peu comme les manieurs de Stands s’attirent mutuellement.

 

Ce qui lui permet de taper la tchatche avec ET


Mais la vraie particularité de la série, c’est que chaque épisode de Teekyû dure deux minutes. Oui, vous avez bien lu : deux minutes en comptant le générique qui dure trente secondes à chaque fois ! C’est très court, mais chaque épisode décide de contourner le problème avec une solution simple : insérer le plus de trucs possibles en 1 min 30, et si c’est un peu juste, pas de souci ! Il suffit simplement d’accélérer un peu le déroulement de l’épisode !

 

Dire que Teekyû est une série hystérique tient de l’euphémisme : chaque seconde équivaut presque à une vanne, tout va très vite et l’animé ne laisse jamais son spectateur se reposer, celui-ci se retrouvant bombardé de nombreux gags qui peuvent être aussi bien verbaux que visuels ou cacher des références. Difficile de conseiller la série aux esprits endormis !

 

 

Pourquoi gagner un Oscar quand on peut gagner un Oscar GÉANT ? 

 

Derrière cette série, nous avons des studios, certes, mais surtout un homme : Shin Itagaki. Dans Teekyû, cet homme va être à la fois réalisateur, chara-designer, intervalliste, animateur clé, script et storyboarder, excusez du peu. Sur chaque épisode. De chaque saison. Des saisons, il y en a sept pour l’instant, plus un spin-off. Shin Itagaki dédie donc sa vie à cette série, ce qui est intéressant quand on prend en compte son CV qui était alors assez prometteur : l’homme a avant cela travaillé sur Ben-to (où déjà il aimait beaucoup cumuler les postes), sur la série Black Cat ou sur l’épisode 6 de Tengen Toppa Gurren Lagann.

 

En somme, Teekyû est surtout un véritable OVNI. Son rythme frénétique et accéléré, sa réalisation fauchée mais travaillée, son casting de doubleuses 4 étoiles (on retrouve ainsi la désormais omniprésente Kana Hanazawa dans le rôle de Marimo et Suzuko Mimori – doubleuse d’Umi dans Love Live – dans celui de Kanae) et son absence réelle de limites dans l’humour qu’il aborde le rendent vraiment à part. C’est une expérience qui n’a pas vraiment d’équivalent dans l’industrie de l’animation, donc si vous être prêt pour une lobotomie avec le sourire, Teekyû vous ouvre grand ses bras.

 

En attendant, il y a le docteur le plus extrême du monde dans cette série


Quand il n’écrit pas des pavés, Amo s’occupe de son blog Néant Vert et participe au podcast LOLJAPON. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

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