CHRONIQUE DU JEUDI : Re: Cutie Honey

Re: Cutie Honey – La chronique du jeudi #99

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Le retour des anciennes figures de l’animation japonaise semble aujourd’hui être devenu plutôt à la mode, et marche plutôt bien si l’on regarde le succès d’une série comme Osomatsu-san, qui n’est pourtant « que » le revival d’une série des années 60. Mais en plus de cela, nous avons également pu voir le retour de franchises comme Casshern, Gatchaman, Garo, Nurse Witch Komugi-chan ou bien encore Sôkyû no Fafner, qu’on n’avait pas revu depuis une dizaine voire même une vingtaine ou une trentaine d’années pour certaines.

 

Mais déjà en 2004, le studio Gainax s’était mis en tête de faire une nouvelle version d’une série qui déjà à l’époque pouvait sembler antédiluvienne : Cutie Honey. Un véritable défi s’annonçait donc pour le studio, qui allait devoir moderniser une icône des années 70 sans pour autant trop trahir son esprit. Est-ce que Re: Cutie Honey a su mener cette tâche ardue à bien ?

 

Honey sous sa forme civile... et sa forme justicière !

 

Mais avant de s’attaquer à ce remake de Cutie Honey, évoquons très rapidement les origines de la série : initialement un manga de Go Nagai (à qui on doit également Mazinger Z ou Devilman) sorti en 1973, qui deviendra quelques mois après ses débuts un animé destiné à une case horaire pour garçon. Ce qui est assez amusant, car Cutie Honey raconte l’histoire d’une jeune et mignonne androïde qui, pour protéger son entourage et combattre le crime, peut se transformer en une héroïne nommée, très justement, Cutie Honey. On a donc là une histoire classique de magical girl, à une époque où le genre n’existait pas vraiment, mais destinée à un public masculin, ce qui signifie plus concrètement qu’on y trouve une petite dose d’érotisme, Cutie Honey ayant l’habitude de se montrer nue ou dévêtue durant ses transformations ou ses combats…

 

La série va ensuite être déclinée en de nombreuses versions : saisons supplémentaires en 1994 et 1998, diffusion télévisée en France sous le nom de Cherry Miel ou bien encore un film en 2004. Film live, avec l’actrice Eriko Sato dans le rôle de Cutie et réalisé par… un certain Hideaki Anno. Le même Hideaki Anno qui, quelques années auparavant, réalisait Neon Genesis Evangelion !

 

Du coup, si le film live sort en 2004, c’est également le cas des 3 épisodes OAV qui composent Re: Cutie Honey. Hasard ? Clairement pas puisque l’on retrouve également Hideaki Anno dans le staff de cette série animée. En réalité, l’objectif est clairement transmédia : les OAV aideront la sortie du film, et vice versa. En outre, on retrouve à la direction de cette série des personnes qui étaient adolescentes lors de la diffusion de la série originale et qui ont donc envers Cutie Honey un sentiment nostalgique plus que palpable…

 

 

Mais du coup, quelle est l’histoire de Re: Cutie Honey ? On suit donc l’histoire d’une jeune fille normale et bien sous tous rapports nommée Honey Kisaragi. Celle-ci a une vie pépère et tranquille en tant qu’employée de bureau et n’attire pas l’attention. Hélas, le monde dans lequel elle vit est en proie au chaos à cause d’une mystérieuse organisation nommée Panthers Claw, que tente de traquer une inspectrice nommée Aki Natsuko… Alors que l’enquête d’Aki piétine, elle fait la rencontre de Honey qui est en réalité capable de se transformer en Cutie Honey et fait face aux Panthers Claw pour venger la mort de son père, tué de la main de la leader de ce groupe infâme : Sister Jill…

 

S’ensuivent, en somme, trois épisodes de batailles contre des ennemis de plus en plus puissants, et l’aboutissement de la vengeance de Honey face à Jill. Le tout dure environ deux heures en cumulant les trois OAV et aboutit à une conclusion très différente du film sorti en parallèle.

 

La relation entre Honey et Aki va avoir une place importante dans les différents épisodes ! 

 

Ce qui évidemment attire l’attention dès le premier épisode, c’est le style visuel de la série. Très coloré, celui-ci s’inspire sur énormément d’aspects des cartoons américains, en empruntant des éléments comme des onomatopées ou des mimiques de personnages clairement inspirés par des classiques de Tex Avery. Voir le studio Gainax ainsi mélanger animation à la japonaise et animation à l’américaine n’est pas forcément surprenant dès qu’on prend conscience qu’une partie du staff sera au rendez-vous six ans plus tard pour produire Panty & Stocking with Garterbelt...

 

L’autre point très intéressant avec Re: Cutie Honey, c’est l’énergie qui s’en dégage. C’est trois OAV qui ne s’arrêtent jamais, qui ne prennent jamais de pause. Il se passe toujours quelque chose à l’écran et tout se déroule à un rythme frénétique. Les scènes sont souvent très over-the-top et plus on approche de la fin, plus la série accumule les moments d’anthologie, qui font exploser les effets visuels et les délires graphiques. Là aussi, ce n’est pas forcément surprenant dès qu’on prend conscience qu’une partie du staff sera au rendez-vous trois ans plus tard pour produire Tengen Toppa Gurren Lagann…


Ce screen a du sens dans le contexte

 

En somme, en trois épisodes d’environ quarante minutes, Re: Cutie Honey est un véritable délire, qui prend pas mal de risques tout le long. Se réappropriant totalement l’univers de la série originale en modifiant complètement nombre de ses codes — Aki était une simple amie de Honey dans la version originale, pas l’inspectrice que nous rencontrons —, Re: Cutie Honey peut totalement être vu même sans rien connaître de la série originale. Les fans de la première heure ont évidemment crié au scandale, mais, malgré tout, ce Re: Cutie Honey garde l’aspect délirant et un poil érotique de la série originale (sans que ça n’aille jamais plus loin que de la nudité, rassurez-vous amis chastes et innocents).

 

Pour résumer : Re: Cutie Honey est une grande expérience qui préfigure déjà sous certains aspects un titre comme Kill la Kill. Il est pas exclu que beaucoup de personnes soient assez imperméables à ce grand bordel général, très coloré, très excentrique, mais ceux qui réussiront à passer cette limite y trouveront trois épisodes remplis de vie et d’idées multiples, pourtant passés sous pas mal de radars... 

 

 

Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo.

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