CHRONIQUE DU JEUDI : Kimi ni Todoke

La chronique du jeudi #103 – Sawako

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Au début des années 2000, un film japonais a fait sensation et a remis au goût du jour un mythe japonais ancestral. Ce film, c’était Ring de Hideo Nakata, qui racontait l’histoire d’une mystérieuse cassette vidéo qui maudit tous ceux qui la regardent. Cette malédiction, elle est évidemment lourde de conséquences puisque sept jours exactement après la vision apparaît Sadako, une fantôme aux longs cheveux noirs qui va tuer froidement sa victime… Inspiré des films folkloriques japonais et d’une véritable légende urbain, Ring va connaître un succès retentissant, au point de très vite connaître une adaptation américaine nommée The Ring.

 

Du coup, ce film a créé un petit boom de l’horreur japonaise au sein de l’industrie cinématographique mondiale et a donné à la figure de la fantôme japonaise une nouvelle gloire. Le look de Sadako va rester gravé dans les mémoires : longs cheveux noirs empêchant de voir les yeux, robe blanche, look cadavérique… De nombreux films d’horreurs ou de jeux vidéo comme Forbidden Siren ou Project Zero vont donc s’inspirer de ce film, ce qui va être attendu. Ce qui va être moins attendu, c’est quand Ring va donner indirectement naissance à un shôjo manga qui va très vite devenir un des shôjos les plus vendus et les plus populaires de l’histoire du genre, bien aidé par un animé réussi. Cette œuvre, c’est l’absolument pas horrifique Kimi ni Todoke, aussi nommé en France Sawako.


Extrait d'un calendrier officiel avec nos deux héros, Sawako et Shota

 

L’héroïne de Kimi ni Todoke est une lycéenne qui a deux gros problèmes dans la vie : son nom est Sawako et son physique est le même que Sadako dans les films Ring. Cela effraie pas mal ses camarades de classe et elle est donc rapidement isolée dans toutes les classes qu’elle traverse. Ce qui n’est pas aidé par son caractère puisque Sawako est timide, discrète et n’ose souvent pas faire quoi que ce soit de peur de déranger ou de se faire remarquer. Elle ne combat donc pas cette isolation, ne cherche pas à démentir les nombreuses rumeurs qui tournent autour d’elle et ne possède qu’une seule véritable amie, la très caractérielle Chizu.

 

Mais un beau jour, le quotidien de la jeune fille va être changé quand elle se retrouve dans la même classe que la star du lycée, Shota Kazehaya. Un beau garçon extrêmement gentil, qui n’hésite pas à lui parler ce qui va d’abord créer en elle de l’admiration, puis de l’amour. Et il se pourrait bien que les sentiments soient réciproques…

 

C'est le même personnage, oui.

 

Kimi ni Todoke est avant tout une comédie romantique. Si le principal enjeu de l’intrigue est de savoir si Sawako et Shota finiront ensemble, Sawako va peu à peu s’ouvrir au monde, quitter la personnalité dans laquelle on l’a enfermée et se faire de nouveaux amis grâce aux encouragements de Shota. On trouvera dans ces amis et connaissances nouvelles qu’elle se fait une quantité large de personnalités, certaines très opposées, qui amèneront de nouvelles intrigues et problématiques au scénario. D’autant que beaucoup vont capter ce qu’il se passe entre les deux héros et essaieront, chacun à leur façon, de rendre ce couple un peu plus concret.

 

Malgré son intrigue qui peut sembler un peu tristounette, à base d’isolation sociale sur une seule base physique, Kimi ni Todoke reste une série très drôle, qui met l’accent sur l’humour et, plus généralement, les bons sentiments. Cela dit, Shota étant le garçon le plus populaire du lycée, sa relation avec Sawako va créer des jalousies, et des antagonistes vont apparaître, créant rivalité et coups fourrés comme seules les batailles pour le cœur d'un jeune homme semblent en provoquer dans le shôjo manga. Alors même si la série reste très gentille avec ses personnages, il reste tout de même des obstacles clairs qui viennent redynamiser l’intrigue par moments.

 

La série offre parfois des douces images

 

L’adaptation animée date donc de 2009 et on la doit au studio Production IG. Durant 25 épisodes, elle possède un style visuel travaillé, extrêmement doux au regard et qui fait honneur au style du manga d’origine, particulièrement dans toutes les expressions en super-deformed, le visage de Sawako étant une mine à émotions aussi diverses que variées. Au niveau de l’histoire, cependant, le choix a été fait de créer une narration plutôt lente. Par conséquent, l’intrigue avance très doucement. Enfin, au niveau de la musique, un soin particulier a été porté aux génériques, particulièrement le premier opening, le très doux Kimi ni Todoke de Tanizawa Tomofumi.

 

Cette première saison sera suivie en 2011 d’une seconde saison, composée de 13 épisodes seulement cette fois-ci, mais qui bénéficiera du même staff et du même soin. Pas de surprises néanmoins : si la fin de cette seconde saison est très belle, très émouvante, l’intégralité du manga n’est évidemment pas adaptée puisque celui-ci est, encore aujourd’hui, toujours en cours de parution. Mais ici, au moins, on peut se contenter de l’animé puisque la fin se suffit à elle-même et récompense chaleureusement le spectateur.

 

Vont-ils... ?

 

 

Car chaleureux est, au final, l’adjectif qui détermine le mieux la qualité principale de la série. Si l’intrigue ne vole finalement jamais très haut, c’est cette ambiance conviviale, ces bons sentiments, ce visuel doux, ce rythme posé et ses personnages tous très bien écrits et attachants qui rendent la vision particulièrement agréable. Kimi ni Todoke est une œuvre accueillante, simple et efficace, bref, une petite réussite en son genre.

 

 

Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo.

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