CHRONIQUE DU JEUDI : Sakurasô no Pet na Kanojo

La chronique du jeudi #109 – The Pet Girl of Sakura Hall

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Il y a certains noms dont on connaît les œuvres mais pas forcément le fait qu’ils sont derrière. Disons, par exemple, que si on évoque Spice & Wolf, Sword Art Online, The Irregular at Magic High School, A Certain Magical Index, Oreimo ou Durarara, vous connaissiez sans doute les œuvres en question et peut-être que vous avez même compris que le point commun entre ces six éléments, c’est le fait qu’ils sont des adaptations de light novel. Et vous avez raison ! Mais soyons même encore plus précis : non seulement ce sont tous des romans illustrés pour public adolescent, mais ils ont tous les six la même maison d’édition : la Dengeki.

 

Même si on voit de plus en plus de light novels débarquer à l’écran, la Dengeki n’est pas une maison d’édition récente puisqu’elle est présente sur ce créneau depuis 1993, en ayant publié tout d’abord Legend of Crystania, un roman basé sur les Chroniques de la Guerre de Lodoss, grande œuvre emblématique de la fantasy japonaise.

 

Dès lors, cette maison n’a jamais cessé de produire un grand contenu : en 2004 elle publie son millième roman et aujourd’hui sort près d’une centaine de volumes nouveaux par mois. Leader du milieu du light novel, ses plus grands hits sont souvent richement mis en avant avec des séries animées qui bénéficieront d’un soin particulier.

 

La série dont on va parler aujourd’hui n’a pas forcément beaucoup traversé les frontières, mais elle est une adaptation fidèle d’un light novel Dengeki un peu sous-estimé par rapport aux six œuvres citées plus haut. Pourtant, on va vous encourager à y jeter un œil. Commençons dès maintenant en vous donnant son nom : Sakurasô no Pet na Kanojo.

 

Les principaux personnages de la série !

 

Sorata est un lycéen inscrit dans une école d’art particulièrement renommée mais qui a un petit souci : logé dans l’internat scolaire, il refuse de se séparer d’un chaton qu’il a recueilli, ce qui est contraire aux règles. Au lieu de le mettre dehors, la direction de l’établissement décide de l’assigner à Sakura Hall, un autre internat mais qui possède une réputation… plutôt peu flatteuse. Assez petit, l’endroit recueille en fait les artistes les plus excentriques et les moins soigneux sur les règles, totalement inadaptés à une vie sociale dans les dortoirs normaux de l’école. Sorata va donc devoir découvrir la faune locale et essayer de s’y adapter, ce qui ne sera évidemment pas facile, d’autant que les stigmates liés au fait de faire partie de cet endroit sont assez lourds et offre au lycéen une image qu’il ne souhaite pas avoir.

 

Mais une fois sur place, il est chargé par la professeur responsable de l’endroit, Chihiro Sengoku, de surveiller un des éléments les plus spéciaux : Mashiro Shiina, une lycéenne extrêmement talentueuse et prodige de la peinture, qui ne ferait pas de mal à une mouche mais qui est incapable de conserver une hygiène de vie correcte et d’avoir le moindre lien social avec quiconque. Il va vite s’attacher à cette jeune fille inexpressive et pas toujours très simple à suivre, et se rendre compte que sa place est peut-être dans ce dortoir, en compagnie de personnages aussi timbrés que Misaki Kamiigusa, une experte en animation, Jin Mitaki, un écrivain très doué mais incapable de passer une journée sans draguer qui que ce soit ou bien Ryûnosuke Akasaki, un génie des technologie enfermé dans sa chambre 24 heures sur 24. Mais il n’est heureusement pas le seul élève « normal » puisqu’on retrouve enfin Aoyama Nanami, une apprentie doubleuse qui a quitté son cocon familial de manière très forcée et doit aujourd’hui accumuler les petits boulots afin de subvenir à ses besoins...

 

Mashiro te regarde dormir dans ton sommeil

 

Sakurasô no Pet na Kanojo se veut donc une comédie en milieu lycéen, qui va d’abord principalement se baser sur le décalage entre Sorata, un garçon un peu oisif mais aux valeurs bien ancrées, et le reste du dortoir, qui accumule des caractères bien trempés. Mais, vous vous en doutez juste avec l’intrigue, une romance va évidemment commencer à prendre forme entre Sorata et Mashiro et, qui sait, peut-être entre différents autres membres du dortoir. Nous avons donc là une pure comédie romantique avec des jeunes adultes enfermés dans la même pension. Une sorte de Love Hina des temps modernes, en bien plus mixte.

 

Mais Sakurasô no Pet na Kanojo va essayer d’aller plus loin que son genre et durant les 24 épisodes que vont durer la série, les différents membres de Sakura Hall vont devoir allier leurs forces pour régler certains soucis, pour soutenir les leurs ou pour créer des projets artistiques ambitieux. On en apprend également toujours un peu plus sur les personnages et leurs problèmes personnels : des parents indignes de Nanami au manque d’assurance de Jin en passant par les troubles sociaux criants de Mashiro, tous sauront évoluer dans la série, sachant dépasser leurs archétypes pour montrer des profondeurs non soupçonnées.

 

Quelques petits délires de réalisation se cachent de-ci de-là

 

Mais si la série se fait remarquer au début, c’est moins par l’écriture que par le visuel, très doux à l’œil et qui se distingue par des teintes un peu plus roses et violettes qu’à l'accoutumée. Ce style, cette patte, on la doit à la réalisatrice-storyboardiste Atsuko Ishizuka, qui signe sa première réalisation complète. Elle avait auparavant travaillé sur des courts métrages projetés dans le monde entier (dont un nommé Gravitation, projeté au festival international du court métrage de Téhéran en 2005) avant d’intégrer des séries comme Nana (où elle a réalisé une quinzaine d’épisodes) ou Chihayafuru. En 2007, elle réalise une section du film Piano Forest et quand elle prend la tête du projet Sakurasô no Pet na Kanojo en 2012, elle n’a alors que 31 an mais est déjà considérée dans l’industrie comme une valeur montante. Son style se distingue énormément puisqu’en plus d’avoir une animation souvent plutôt travaillée, une grande emphase est mise sur les décors et sur les couleurs, avec une passion affirmée pour certains tons qui peuvent donner aux séries d’Ishizuka cette teinte rosée-pourpre qu’il va être difficile de ne pas voir dans les séries suivantes : Hanayamata, Prince of Stride Alternative et, évidemment, No Game No Life.

 

Techniquement et visuellement, Sakurasô no Pet na Kanojo est donc réussi. À l’écriture, on retrouve Mari Okada qui n’est pas à sa première adaptation de light novel romantique puisqu’elle avait travaillé sur Toradora quatre années plus tôt. L’écriture est au final plutôt solide, même si certains épisodes semblent avoir été plus soignés que d’autres, ce qui se traduit à l’écran par un certain ventre mou autour du septième épisode, qui accumule dans cette partie-là pas mal de petits clichés un peu irritants ! C’est d’autant plus frustrant qu’une majorité de la série ne partage pas ces défauts.

 

Repas nombreux, repas heureux

 

Racontant donc une jolie histoire avec des visuels remarquables, Sakurasô no Pet na Kanojo évite en outre l’erreur classique de l’adaptation de light novel en offrant une fin à peu près complète. Si évidemment, certaines histoires restent un peu en suspens, la plupart des relations entre les personnages sont clôturées et l’épisode 24 fait office d’épilogue plutôt intéressant, laissant aisément la possibilité pour une suite qui mettrait en scène une nouvelle génération d’habitants.

 

En somme, Sakurasô no Pet na Kanojo ne paie pas de mine aux premiers abords mais sait surprendre agréablement son spectateur. Ne révolutionnant vraiment pas le genre de la comédie romantique, il évite néanmoins pas mal de pièges et peut se targuer de pouvoir proposer une jolie histoire d’amour. Et parfois, c’est tout ce qu’on demande.

 

 

Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo.

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