CHRONIQUE DU JEUDI : Hellsing

La chronique du jeudi #112 – Hellsing

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

S’il y a bien un élément du folklore occidental que les Japonais semblent adorer, ce sont les vampires. Assez présent dans nombre d’œuvres fantastiques, il n’en finit pas de déchaîner l’imaginaire de différents auteurs. Jojo’s Bizarre Adventure, Blood+, Vampire Knight, Trinity Blood, Vampire Hunter D, Chibi Vampire Karin-Chan : toutes ces œuvres emblématiques ont donc en commun de mettre en scène des suceurs de sang, en réinterprétant cette mythologie à chaque fois. Qu’il soit héros ou antagoniste, que ses pouvoirs soient surhumains, ou au contraire, qu’ils soient la source de bien des malheurs, le vampire de l’animation japonaise diffère énormément selon l’œuvre.

 

Aujourd’hui, nous allons donc évoquer un des vampires les plus connus du Japon : Alucard, le fameux vampire au manteau rouge tout droit venu de la série à laquelle cette chronique no 112 est dédiée : Hellsing.


Dites bonjour à Alucard, votre ami vampirique ! Il est un peu énervé, là.

 

Hellsing prend place dans le Royaume-Uni des années 90 et va suivre les aventures de l’ordre royal des chevaliers protestants, aussi nommé la fondation Hellsing, car fondé par Abraham Van Helsing, l’archnémesis mythique de Dracula. Et ce n’est pas un hasard, donc, si cette fondation ne possède qu’un seul et unique objectif : la recherche et l’éradication des morts-vivants, vampires et autres forces surnaturelles maléfiques, cachés dans les bas-fonds de la société humaine. Parmi leurs agents de choc, on retrouve particulièrement une figure mythique : Alucard, un vampire extraordinairement puissant, habillé d’un long manteau rouge et qui a juré fidélité absolue à l’organisation. Il va très rapidement se trouver une sidekick : Seras Victoria, une policière britannique qui va se retrouver mêlée à des événements surnaturels et être « sauvée » par Alucard. Sauvée signifiant ici « être transformée en vampire », ce qui n’est pas forcément agréable au début, mais amène des améliorations physiques qui vont la transformer.

 

Si au départ, l’organisation Hellsing va affronter des vampires de bas niveau et autres monstres finalement rapidement défaits par Alucard, des menaces de plus en plus importantes vont être dévoilées à nos héros, allant d’une secte de néonazis particulièrement puissante à une aile secrète du Vatican, bien déterminée à ne pas laisser des protestants faire la loi dans la chasse aux vampires !

 

 Tonton Alucard a soif.

 

Hellsing est initialement un manga créé en 1997 par Kôta Hirano, un ancien auteur de mangas hentai. Néanmoins, si Hellsing est son premier gros succès, ce n’est pas sa première incursion dans le monde des vampires. En 1996, il réalisait The Legend of Vampire Hunters, une histoire courte et érotique… où l’on trouvait déjà Alucard et Victoria ! Si le manga ne compte que dix volumes (dont les chapitres paraîtront de manière sporadique, ce qui explique pourquoi la publication dure finalement douze ans), il sera cependant rapidement adapté en animé par le studio Gonzo en octobre 2001.

 

Hellsing, l’animé de 2001 donc, se veut ainsi être dans l’ADN du studio Gonzo du début 2000, avec la production d’œuvres adultes, sans cacher une volonté d’internationalisation des productions. Ainsi, Hellsing possède un générique d’ouverture intégralement en anglais, quant au générique de clôture c’est Shine par le groupe Mr.Big, un groupe de hard rock américain particulièrement connu pour avoir signé en 1992 un hit intitulé To Be With You. Rajoutez à cela le thème universel des vampires, le cadre britannique, le scénario qui tourne autour de pas mal de légendes urbaines, une bande originale incroyable et il est dès lors difficile de nier que Hellsing est une œuvre très simple à exporter autour du monde, ce qui va rapidement se vérifier avec un succès international incontestable.

 

 La bastos ne va pas faire du bien.

 

Néanmoins, deux ombres entachent le tableau : la première, c’est un aspect technique assez irrégulier, avec des passages vulgairement animés qui peuvent sortir le spectateur de l’œuvre. La seconde, c’est qu’en raison du fait que le manga d’alors n’avait que peu de chapitres sortis, les équipes de Gonzo ont décidé de se baser vaguement sur le manga tout en racontant leur propre histoire. De ce fait, on a une série complète, avec une véritable fin, mais beaucoup lui reprocheront de ne pas aller aussi loin que le manga original et de ne pas offrir une intrigue de la même qualité.

 

Surtout, comme la série Fullmetal Alchemist de 2004, cette série Hellsing a un problème : une nouvelle série va prendre le relais.

 

 Des nazis qui semblent tout droit revenus des enfers.

 

Débutée en 2006, la série d’OAV Hellsing Ultimate décide d’aller plus loin : chaque épisode va alors commencer à adapter un rythme plus proche d’une série américaine (50 minutes par épisode) et être extrêmement fidèle au manga original. Pour contrebalancer, les épisodes sortent au compte-gouttes, avec un OAV tous les six mois environ. Cela donnera un total de dix épisodes, le dernier étant sorti en décembre 2012. Pour l’adaptation, trois studios vont se succéder : Satelight (de l’épisode 1 à l’épisode 4), Madhouse (de l’épisode 5 au 7) et Graphinica & Kelmadick pour les épisodes restants.

 

Du manga original, Hellsing Ultimate garde tout, y compris la très très grande violence : des monstres nazis mangeurs de bébés ? Il y en a. Et pas que ça ! La série ne cache rien, ne censure rien, ce qui entraîne l’impossibilité de conseiller à des âmes sensibles de regarder les OAV. Ici, la figure du vampire n’est pas magnifiée, romancée : il s’agit d’un univers sombre, sale, injuste, et cruel. Des gens meurent, et quand ils meurent, c’est souvent de la manière la plus dégradante possible. Heureusement, la série distille également beaucoup d’humour. Un humour très noir, qu’on doit à des personnages parfois assez sarcastiques ou exagérés. Le personnage de Schrödinger, un garçon chat nazi qui existe et n’existe pas simultanément provoque ainsi beaucoup d’amusement, à la fois grâce à son concept, mais aussi parce qu’il possède un caractère très… spécial. Ce qui ne va pas l’empêcher d’être extrêmement important dans l’intrigue et de se révéler être une vraie menace pour Alucard !

 

 À votre place, j’éviterais de l’énerver.

 

Alors, que vous conseiller ? Soyons honnête : la série originale a mal vieilli. L’intrigue créée pour l’animé possède quelques qualités (un bon développement du personnage de Victoria, par exemple), mais pas suffisamment pour valoir le coup de la préférer à Hellsing Ultimate qui, pour le coup, offre presque dix heures de contenu bien réalisé et plutôt sympa à suivre pour peu qu’on accroche à ce méli-mélo de légendes urbaines et autres forces mystiques qui viennent taper l’incruste. Les deux séries se distinguent néanmoins par une excellente bande originale, donc même si vous ne vous sentez pas de regarder la série, n’hésitez pas à l’écouter, pour en profiter malgré tout ! En France, ça se passe chez Dybex.

 

Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo.

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