CHRONIQUE DU JEUDI : Pokémon Diamant et Perle

La chronique du jeudi #117 – De Pokémon Diamond and Pearl à Pokémon XY

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

La semaine dernière, souvenez-vous, nous évoquions la série animée Pokémon ou, du moins, ses dix premières années de diffusion. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, voici donc la seconde partie de la rétrospective où nous allons donc parler, fort logiquement, des presque dix années qui suivent donc, avec les trois saisons supplémentaires de Pokémon qui ont suivies ! C'est peut-être à partir de là que vous avez arrêté de suivre, donc voici ce qu'il faut retenir !

 

Pokémon Diamond and Pearl (191 épisodes)

Pierre, Sacha et Aurore, à l'aise

 

Sinnoh, c’est donc dans cette zone que se déroulent les aventures des jeux Pokémon Diamant et Perle. À nouveau, le plan marketing est absolument parfait puisque l’animé se renomme Pokémon Diamant et Perle, commence sa diffusion le 28 septembre 2006, c’est-à-dire le jour de la sortie dans les boutiques japonaises… des jeux vidéo du même nom ! Si Flora s’en est allée à la fin de Battle Frontier, elle laisse sa place à un nouveau personnage féminin, elle aussi issue des jeux dont dépend l’arc, nommée Aurore. À noter qu’Aurore et Flora possèdent une origine assez similaire, étant toutes deux des dresseuses débutantes qui cherchent avant tout à devenir les meilleures dans le monde des concours de beauté Pokémon. Malgré cette origine similaire, les deux personnages possèdent néanmoins un caractère un poil différent, ce qui évite de peu le sentiment d’autoplagiat qui pourrait en naître. Ainsi, là où Flora doutait souvent d'elle-même, Aurore possède le défaut contraire, c'est-à-dire qu'elle se surestime parfois et ne sait pas forcément s'arrêter. 

 

Très long — 191 épisodes —, Diamant et Perle, va donc être diffusée de septembre 2006 à septembre 2010 et, finalement, ne dédiera pas vraiment d’arcs spéciaux à Pokémon HeartGold & Soul Silver, remakes DS d’Or et Argent qui sortiront au Japon fin 2009. Ainsi, mis à part quelques apparitions de personnages — l’héroïne des remakes rejoindra les héros le temps de quelques épisodes, comme le héros photographe du jeu Pokémon Snap aura pu le faire une décennie plus tôt —, il n’y aura ni fil rouge ni long retour à Johto, au grand regret des fans de la première heure ! Cependant, d'autres caméos seront de la partie, comme un retour très temporaire de Flora, qui portera pour l'occasion son costume tiré du jeu Pokémon Émeraude. Les petits détails, comme on dit.

 

 

Mis à part cela, la série continue sur son schéma habituel, la Team Rocket est toujours au rendez-vous à chaque épisode, et les enjeux restent inchangés. Toujours adressé à la même tranche d’âge (mais pas forcément au même public) que les saisons précédentes, Diamant et Perle ne réinvente donc pas l’eau chaude. Mais rassurez-vous : la série reste populaire sur les télévisions du monde entier !

 

Pokémon Best Wishes (140 épisodes)

Iris, Sacha et Rachid, entourés de beaucoup de Pokémon particulièrement poseurs

 

2010, la déjà cinquième génération approche et il est donc à nouveau temps de renouveler l’univers de la série animée. Pokémon Blanc et Pokémon Noir sortent donc au Japon le 18 septembre 2010, suivie le 22 septembre 2010 par le début de Pokémon Best Wishes, nouvelle saison qui promet à nouveau un léger reboot : Pierre et Aurore s’en vont, Sacha débarque dans une nouvelle région nommée Unova et va se lier d’amitié à Iris et Rachid, deux dresseurs, l’une étant une jeune fille au passé mystérieux et le second est membre d’un trio de frères champions d’arène.

 

La première chose qui surprend lorsqu’on regarde un épisode de Best Wishes c’est les légers changements visuels qui vont toucher la série. Nouveaux costumes, nouveau chara design : plus que jamais, Best Wishes est la saison du renouveau et sort un peu la série du visuel très fin des années 90 qu’elle pouvait se traîner jusqu’alors. Elle va même commencer à jouer avec nos attentes puisque c’est dans Best Wishes que nos trois membres préférés de la Team Rocket vont soudainement commencer… à redevenir plutôt dangereux pour nos héros ! Habillés de noir, Jessie, James et Miaouss vont alors surprendre tout le monde et retourner à l’état menaçant et sans remords de leurs débuts, bien loin des clowns sans cesse maltraités qu'ils étaient devenus depuis la ligue Orange.

 

Back in Black, comme le veut l'adage

 

Mis à part ça, Best Wishes se veut aussi plus ambitieux dans son écriture, avec des intrigues un peu plus solides, et des vrais fils rouges entre les épisodes. La team Plasma va ainsi jouer un rôle assez important, tout comme le jeu, et ça se ressentira particulièrement lors des 13 épisodes nommés Episode N, où Sacha et ses amis joueront un rôle très important auprès d’un personnage nommé N qui, comme son équivalent dans le jeu, possède des pouvoirs et des origines assez uniques, qui valent le coup d’être développés. Sans oublier également le personnage d’Iris, qui possède elle aussi quelques secrets et n’est pas qu’une simple sidekick cherchant à devenir la meilleure...

 

Après ce passage beaucoup plus sérieux, assez proche de ce qu’on a pu trouver dans certains films animés de la franchise, la saison va se terminer plus tranquillement sur Decolora Adventures, où nos héros vont explorer, comme à l’époque de la Ligue Orange, un petit archipel et y connaître des aventures inédites ! Après cela, il sera temps de dire au revoir à Iris et Rachid, comme à l’accoutumée, car Sacha va partir pour une nouvelle région et modifier, pour l’occasion, sa liste d’amis !

 

N tout à droite, en train de méditer sur la vie et ses pouvoirs

 

Note pour conclure : il ne vous aura pas échappé que le nom Pokémon Best Wishes a pour diminutif Pokémon BW, ce qui correspond également à Pokémon Black and White. Subtil, mais rien qui ne peut être décrypté par nos yeux experts ! Autre anecdote : deux épisodes, censés raconter le combat homérique entre la Team Rocket la Team Plasma, ont été annulés et ne sont jamais sortis, pour une raison terriblement simple : ils devaient être diffusés à peine quelques jours après les séismes qui ont touché le Japon en mars 2011, et il se révèle que ces épisodes n'auraient pas forcément été bienvenus dans ce contexte. Ils n'ont du coup jamais été diffusés ni été distribués où que ce soit.... 

 

Pokémon X&Y

 

Pokémon X&Y (92 épisodes)

 

 

Le 12 octobre 2013 sortait sur les 3DS du monde entier les deux jeux issus de la sixième génération Pokémon, Pokémon X et Y, et arrive dans la foulée la série animée qui va, elle, porter un nom similaire mais un poil différent: Pokémon XY. Basée à Kalos, la France repensée par l’univers de Pokémon, la série va donc encore une fois mettre en avant Sacha et son Pikachu, qui seront accompagnés cette fois de Serena — une amie d’enfance de Sacha qui se questionne sur son avenir et cherche quelle voie du dressage Pokémon envisager —, Lem — un champion d’arène doué pour la bidouille — et Clem — sa petite sœur passionnée d’histoires horrifiques. Avec toute cette petite troupe ils vont donc, vous le devinez déjà, explorer Kalos, découvrir moult nouveaux Pokémon et faire face à une Team Rocket redevenue moins menaçante mais restant parfois capable de coups réussis.

 

Avec Junichi Masuda directement impliqué à la production, cette nouvelle saison continue l’élan de la saison précédente, avec un peu plus d’ambition dans le visuel et dans les intrigues racontées, tout en continuant à garder en tête le public cible. Habituellement interchangeables, les compagnons de voyage de Sacha vont ainsi connaître de réels développements, particulièrement Serena, qui va essayer du mieux qu’elle peut de trouver sa place dans le monde des dresseurs Pokémon, se lier d’amitié avec ses Pokémon et essayer de s’affirmer.

 

Et créer avec Sacha une relation UNIQUE

 

Si évidemment il ne faut pas non plus exagérer l’intrigue générale, qui reste assez simple, ces efforts pour secouer un peu la construction habituelle du show depuis presque quinze ans restent particulièrement bienvenue, et vont s'accentuer radicalement lors du début de la seconde saison du show.

 

Pokémon XY&Z (en cours, 30 épisodes diffusés jusqu’ici)

 

La série actuelle qui est donc, vous l’aurez deviné, une « seconde saison » de la partie Pokémon XY. Rajoutant donc un mystérieux Z au titre — qui rend peut-être involontairement hommage à un potentiel jeu Pokémon Z qui aura fait fantasmer beaucoup de pokémaniaques —, cette saison va mettre en place une intrigue beaucoup plus importante, voyant Clem récupérer un mystérieux Pokémon verdâtre qui n’est recensé sur aucun Pokédex. Problème : cette petite bestiole à priori inoffensive est recherchée très activement par certains malfrats, à commencer par la démoniaque Team Flare. Mais cette terrible menace n’empêchera pas Sacha et Serena de tâcher d’accomplir leurs objectifs : le dernier badge d’arène de Kalos pour Sacha, et la dernière clé des princesses pour Serena, qui a désormais trouvé sa voie dans les spectacles Pokémon. Et attention : la Team Rocket rôde toujours !

 

 

Mené tambour battant par un excellent générique d’ouverture japonais, qui voit Rica Matsumoto reprendre de la voix presque vingt ans après qu’elle a interprété le premier générique original de la série initiale, Pokémon XY&Z continue donc à chambouler quelques codes de la série, pour un résultât assez réussi, qui n’hésite pas à commencer à faire quelques petits clins d’œil… aux parents ! Car oui, Pokémon est devenu tant transgénérationnel que commencent à apparaître des parents qui regardent la série avec leurs enfants… alors qu’eux-mêmes la regardaient quand ils étaient plus jeunes !

 

Difficile de dire comment cette série va se terminer — sans doute d’ici la sortie japonaise de Pokémon Soleil et Pokémon Lune, prévus pour la fin d’année 2016. Néanmoins, il faut remarquer que les audiences de la série Pokémon commencent doucement à s’effriter au fil des âges. Si la série reste toujours une locomotive qu’aucune chaîne ne voudrait laisser tomber, et financée par un Nintendo qui ne reculera devant aucune dépense pour promouvoir une de ses séries phares, il faut tout de même remarquer que le jeune public commence à détourner les yeux, peut-être plus intéressé actuellement par des nouveaux venus comme Yo-kai Watch.


 

On aurait pu également citer les films tirés de la série, et il y en a énormément, sachant qu’il y a un film par an, chaque été depuis 1998. Souvent non canoniques par rapport aux événements de la série, ils sont rarement référencés dans les épisodes et mettent souvent les héros aux prises de Pokémon légendaires ultrapuissants qui, souvent, menacent indirectement le monde ou l’écosystème environnant, à cause bien souvent d’ambitions maléfiques de personnes mal intentionnées…


Mais ceci sera peut-être un conte pour une autre fois, en attendant, souhaitons à la franchise toujours une plus grande longévité car si elle ne paie pas de mine pour les passionnés, elle reste une porte d'entrée plutôt efficace à l'univers de la japanim et ce dès le plus jeune âge. On pourra se moquer longtemps des clichés et tics de la série, particulièrement de son héros indéboulonnable qui semble éternellement avoir dix ans, mais ne nions pas les efforts de la Pokémon Company pour offrir un dessin animé accessible et, finalement, pas si médiocre. 

Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo.

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