CHRONIQUE DU JEUDI : Macross Zero

La chronique du jeudi #118 – Macross Zero

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.


Si la chronique no 70 avait été dédiée à Macross et la chronique no 90 à Macross Frontier, alors pourquoi ne pas continuer cet étrange pattern pour le n110 ? (NdC : oups, ça ne fonctionne plus, on a tout décalé…) La franchise de science-fiction possède en effet plus d’une flèche à mettre sur la corde de son arc. D’autant que Macross est une franchise qui sait mettre la variété en avant et chaque série se révèle toujours plus différente des autres, offrant une grande diversité d’univers et d’ambiances. Macross Delta, actuellement en cours de diffusion au Japon, continue ainsi parfaitement à montrer cette volonté de ne jamais refaire les mêmes séries et de toujours proposer quelque chose de neuf et d’adapté à son époque.

 

Le chapitre de Macross que nous allons évoquer aujourd’hui, c’est donc Macross Zero qui est loin d’être l’élément le plus connu mais possède, malgré tout, pas mal d’aspects très intéressants.

 

Les flamboyants héros : Sara, Shin, Fokker et Mao

 

Macross Zero se déroule en 2008, un an avant les événements de Super Dimension Fortress Macross. Les Zentradis n’ont pas encore attaqué la Terre mais les humains se font une guerre sans relâche autour des artefacts extraterrestres découverts sur la planète neuf ans plus tôt. Le conflit implique donc deux camps bien distincts, qui se battent tout autour du globe : les Nations Unies et ses opposants. C’est dans cette guerre qu’on retrouve dans le Pacifique un soldat nommé Shin Kudo, d’origine américano-japonaise, qui se bat dans l’armée de l’air des Nations Unies. Chargé de défendre son périmètre, il est soudainement attaqué par un prototype ennemi assez étrange, qui possède la capacité d’alterner entre une forme aérienne et une forme semblable à celle d’un mécha humanoïde. Cette bataille va l’affaiblir et il va se retrouver sur une île du gigantesque océan.

 

Ce qu’il découvre sur l’île l’interloque puisque toute une société d’autochtones qui vivent loin de toutes les technologies y habite, dirigée par une prêtresse nommée Sara Nome. Très vite, le pilote va apprendre à vivre dans ce milieu très différent et se lier d’amitié avec Mao Nome, la sœur de cette prêtresse. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que l’île va jouer un rôle important dans le conflit mondial et que les sœurs Nome cachent en elles un secret qu’elles-mêmes ignorent...

 

Accueil mitigé

 

Macross Zero est une série courte de 5 OAV de 30 minutes chacun. L’histoire va donc plutôt vite et va nous raconter la destinée de ces trois personnages — Shin, Sara et Mao — dans une guerre sans pitié où se mélangeront conflits armés, bombardements sanguinaires et technologies extraterrestres menaçantes. La totalité du scénario se déroule soit sur l’océan, soit sur l’île ce qui peut étonner quand on part du principe que dans l’esprit collectif, Macross est souvent lié à ses batailles spatiales épiques. La série a ainsi beau avoir été réalisée pour célébrer les vingt ans de la série originale, elle va s’amuser à prendre à contre-pied beaucoup d’attentes des spectateurs !

 

Ainsi on trouve ici une œuvre qui, si elle est toujours placée dans le genre de la science-fiction, introduit ici et là des éléments fantastiques assez inédits dans la franchise. Si ces éléments trouvent une explication cohérente à la fin de la série, cela reste assez inattendu. Tout comme le fait que la série ne quitte jamais la planète Terre et que, finalement, les emblématiques Valkyries ne sont pas spécialement mis en avant, les héros se contentant initialement de vaisseaux plus classiques. On y trouve également un rythme assez lent, avec des combats finalement assez rares, la série se concentrant principalement sur la relation entre les différents personnages et mettant souvent en avant les très beaux décors de la série, avec une ode d’amour aux atolls du Pacifique comme on n’en a jamais vu ailleurs.

 

Mais aussi à ses fonds marins

 

Malgré tout, on retrouve toujours une grande continuité : un des autres personnages importants de l’intrigue est Roy Fokker, pilote d’élite qui jouait déjà un sacré rôle dans la série originale de 1982. À côté, le fait que la famille s’appelle Nome a tout à voir avec le personnage de Sheryl Nome de Macross Frontier… Bref, comme dans l’habitude des séries Macross, on retrouve beaucoup de clins d’œil et d’efforts qui n’empiètent pour autant pas sur le récit et ne forcent pas le spectateur à connaître l’univers de la franchise sur le bout des doigts.

 

Enfin, évidemment, qui dit Macross dit musique et là aussi la musique est partie intégrante du scénario. Composée par Kuniaki Haishima, la bande originale est tout à fait réussie, avec de nombreuses chansons qui s’inspirent beaucoup de la musique océanique, souvent avec une pointe ou deux de français dans le texte ! Si d’un point de vue qualité, ce n’est pas forcément aussi grandiose que le travail de Kentaro Haneda sur Super Dimension Fortress Macross ou celui de Yoko Kanno sur Macross Plus et Macross Frontier, il faut tout de même mentionner que ça reste d’une très bonne qualité.

 

Conflits dans la jungle

 

Visuellement, c’est également loin d’être désagréable à voir. Comme dit plus haut, les décors sont vraiment sublimes et très bien mis en avant par la mise en scène. L’animation est également réussie, et l’on sent que la série a bénéficié d’une production plutôt longue qui aura permis aux animateurs et réalisateurs de prendre leur temps pour nous proposer quelque chose de très beau. Seules les intégrations de vaisseaux en 3D font un peu tache, mais on pourra nuancer en disant que comparé à d’autres œuvres de la même époque, Macross Zero s’en sort un poil mieux. En règle générale, ça reste une œuvre aujourd'hui vieille de presque une quinzaine d'années et même si le tout est de bonne facture, ça se voit tout de même par moments !

 

On pourra en revanche reprocher à la série un rythme parfois assez lent. La série aime bien prendre son temps à certaines occasions et si c’est souvent justifié, il y a des fois où on peine à comprendre la raison de ce ralentissement. Mais ce rythme un peu irrégulier, on peut le devoir au réalisateur des OAV et cocréateur de la franchise, Shoji Kawamori, qui semble aimer ralentir l’intrigue pour mieux mettre en avant ses décors ou ses designs.

 

 

Macross Zero est finalement une série surprenante. Arrivant à garder le « nécessaire » de la franchise (l’importance de la musique, le triangle amoureux et les vaisseaux de combats des Nations Unies), elle sait jouer avec nos attentes et nous offre une version plus terre à terre et plus concrète de la formule. Si ce n’est pas forcément l’œuvre la plus conseillée pour commencer la franchise, son onirisme, son superbe visuel, ses personnages forts et sa très belle fin vous feront malgré tout passer un très bon moment. 

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