CHRONIQUE DU JEUDI : A Certain Scientific Railgun

La chronique du jeudi #127 – To Aru Kagaku no Railgun

Tous les jeudis, Amo revient sur un animé terminé. L’occasion de découvrir ou redécouvrir aussi bien des classiques que des titres tombés dans l’obscurité. Un topic est mis à votre disposition sur le forum pour retrouver toutes les anciennes chroniques.

 

Les spin-off. Liés à une œuvre déjà existante, ils racontent une histoire différente de l’œuvre d’origine, et se concentrent sur des personnages ou des points de l’univers non développés jusque-là. Pensez, par exemple, aux Experts: Miami, spin-off bien connu de la série originale Les Experts. Et cette tendance, qui touche de plus en plus les œuvres de fiction partout autour du monde (Les Animaux Fantastiques dans l’univers Harry Potter, Rogue One pour Star Wars, etc.) n’a jamais non plus épargné le Japon, qui s’est souvent permis d’offrir à certains de ses mangas ou animés phares des spin-off divers et variés. On peut ainsi penser à des exemples comme Saint Seiya The Lost Canvas, Soul Eater Not ou bien Magical Patissiere Kosaki-chan mais finalement rares sont ces séries dérivées à retrouver un succès comparable à leur œuvre d’origine.

 

Néanmoins, ce n’est pas faute d’essayer et le spin-off que nous allons évoquer aujourd’hui, A Certain Scientific Railgun, pourrait se targuer d’être un des spin-off à avoir le mieux réussi à égaler sa source…

 

Les quatre héroïnes, de gauche à droite : Kuroko, Saten, Uiharu et l'héroïne, Misaka

 

Avant A Certain Scientific Railgun nous avions donc A Certain Magical Index, qui racontait l’histoire de Touma et Index, deux personnages vivant au sein d’Academic City, une cité dédiée à la recherche et à l’enseignement, dans un monde où magie et technologie coexistent. Dans ce contexte, les pouvoirs des êtres humains varient énormément d’individu en individu et vont de ceux qui n’en possèdent aucun à ceux qui disposent de pouvoirs quasi divins. Cette inégalité, elle est observée et classifiée via une hiérarchie chiffrée qui va du niveau 0 (pour ceux qui ne disposent d’aucun pouvoir) jusqu’au niveau 5 (pour la poignée de personnages qui possèdent des pouvoirs exceptionnels). A Certain Magical Index, dans son intrigue, nous introduisait très rapidement à un de ses niveau 5, une collégienne nommée Misaka Mikoto, capable de maîtriser l’électricité à un niveau réellement impressionnant.

 

Et, ça tombe bien, car popularité du personnage aidant, un manga autour de ce personnage est vite mis en branle. Et c’est ainsi que naquit A Certain Scientific Railgun.

 

 

Dans ce spin-off, on suit donc les aventures de Misaka Mikoto, niveau 5, et de ses amies, particulièrement Shirai Kuroko — une niveau 4 qui maîtrise la téléportation et est incroyablement amoureuse de Misaka — et Uiharu Kazari — une niveau 1 timide et discrète mais très douée avec les outils informatiques — qui travaillent toutes deux au sein de Judgement, un organisme étudiant qui protège Academic City des crimes et délits. Ajoutons à ce petit groupe une niveau 0, Saten Ruiko, qui ne peut guère aider ses camarades à cause de son absence de pouvoirs mais saura être là quand viendra le moment de jouer un petit rôle. Ces quatre personnages vont donc se retrouver tout le long de la série à faire face à des criminels plus ou moins bien équipés qui menacent, d’une façon ou d’une autre, le calme relatif d’Academic City. Et Misaka étant une niveau 5, inutile de dire que son rang exceptionnel la met sous tous les projecteurs, pour le meilleur comme pour le pire…

 

On peut par conséquent en déduire que Railgun va surtout proposer de nombreuses scènes d’action et des combats entre des personnages dotés de nombreux pouvoirs. Et si c’est effectivement le cas… cela ne concerne qu’environ la moitié de la série. Car l’autre moitié va surtout se concentrer sur le quotidien de nos héroïnes et, plus largement, des personnages secondaires de la série. Plus légers, ces épisodes « tranche de vie » vont surtout tâcher de miser sur l’humour et les sentiments. On y retrouve moins de combats et le rythme s’y voudra beaucoup plus lent. Ce qui va évidemment pas mal décontenancer les spectateurs en quête d’action. Sachant que ça devient d’autant plus compliqué quand on prend en compte le fait que la cinquantaine d’épisodes qui composent aujourd’hui la série n’adapte qu’un tiers du manga original ! En effet, chacune des deux saisons de la série va dédier sa première moitié à l’adaptation d’un arc du manga tandis que les secondes moitiés seront consacrées à un arc inédit, écrit pour l’animé.

 

 

Du coup, Railgun passe son temps à zigzaguer entre différents arcs narratifs et épisodes one-shots qui n’ont souvent que des liens assez ténus entre eux, ce qui en fin de compte crée une grande irrégularité dans le ton. Une fois un arc terminé, dur de savoir à quoi on va avoir affaire par la suite, que ce soit en matière de contenu ou… de qualité. Car avec un peu de recul, dur de trouver les arcs inédits à l’animé aussi intéressants que ceux adaptés du manga, ces derniers proposant des antagonistes plus complets et des scènes ou combats beaucoup plus marquants et imaginatifs. Une vraie montagne russe, qui sait atteindre aussi bien le firmament que les souterrains, ce qui rend difficile de juger clairement la série sur son ensemble. Un défaut d’irrégularité que possédait également A Certain Magical Index !

 

En parlant d’Index, il est important de noter que ce Railgun, en tant que spin-off, possède une grande qualité : il peut facilement être vu de manière indépendante. L’épisode 1 prend ainsi le temps de poser les bases de l’univers et de présenter les héroïnes ; quant à la série, ses intrigues se déroulent souvent en parallèle des événements de la série principale et représentent tous les personnages ou les entités, ne forçant jamais les spectateurs motivés à devoir regarder 26 épisodes d’Index pour apprécier Railgun. Il faut donc applaudir cet effort d’accessibilité, d’autant que les deux séries possèdent finalement un ton très différent : Index va surtout développer un univers très touffu, avec énormément d’enjeux et d’intrigues à suivre simultanément tandis que Railgun va surtout se focaliser sur ses héroïnes qui vont donc vivre un peu au jour le jour différentes aventures et conflits, quand elles n’iront pas batifoler durant leurs journées de repos.

 

 

Votre appréciation de Railgun dépendra donc beaucoup de votre attachement aux personnages principaux, principalement Misaka, qui est l’héroïne et la figure principale de cet univers. Très puissante, la jeune fille semble néanmoins blasée de ses super-pouvoirs, dont elle semble faire un usage extrêmement polyvalent, tout en sachant rester relativement humble. Cachant quelques petits points faibles (comme une adoration peu saine pour une mascotte en forme de grenouille), c’est une héroïne au caractère bien trempé, qui peut se révéler incroyablement badass quand vient le moment de se friter contre des adversaires tout aussi puissants qu’elle. Kuroko est elle beaucoup plus comique, assez remarquable de par sa voix immédiatement identifiable, et si elle se fait souvent ridiculiser dans les scènes quotidiennes, elle sait devenir sérieuse et menaçante quand la situation l’exige.

 

Quant au duo composé de Uiharu et Saiten, ces deux personnages n’ayant initialement que peu d’apparitions dans la série principale, c’est elles qui connaissent du coup le plus de développement des quatre, principalement Saiten qui, de par son rôle de niveau 0, va pas mal nous forcer à nous questionner sur les mauvais côtés d’Academic City qui semble être une cité difficile à vivre pour les sans-pouvoirs…

 

 

Du coup, il existe deux saisons à Railgun : si les deux saisons durent 26 épisodes, la première est sortie en 2009 tandis que la seconde a débuté en 2013 et se nomme A Certain Scientific Railgun S. Les deux sont gérées par le studio JC Staff, qui s’était déjà occupé avant cela des deux saisons — et du film — adaptés de l’univers de A Certain Magical Index. On est donc en terrain connu pour le studio, qui avec plus d’une centaine d’épisodes en tout s’est quand même bien imprégné de l’ambiance d’Academic City.

 

Dans tous les cas nous sommes en 2016 et le manga d’origine continue toujours tranquillement sa parution au rythme d'un tome par an, et a tout juste conclu l’an dernier un très large arc mettant en scène Misaka et un nouveau personnage, la niveau 5 Misaki. Personne ne sait de quoi l’avenir sera fait mais cela fait trois années que JC Staff n’est pas retourné dans ce monde où se mélangent science et technologie, et les fans sont plus impatients à l’idée de retrouver une troisième saison d’Index que Misaka. Si cela serait dommage de ne pas voir animé un des meilleurs arcs de la franchise, disons que jusque-là, pour sa version animée, Misaka Mikoto aura tout de même bien vécu et que l'heure n'est sûrement pas aux regrets.

 

 

Amo s’occupe de son blog Néant Vert et gère le podcast musical Kaorin, dédié à la culture visuelle japonaise. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @PiscesAmo

Other Top News

0 Comments
Be the first to comment!
Sort by: