Animet’Eck #12 : Oshiete! Galko-chan vs. HackaDoll the Animation

Duel au sommet entre les filles de Oshiete! Galko-chan et celles de HackaDoll the Animation, toutes prêtes à nous décrocher la mâchoire... de rire !

Retrouvez Eck chaque quinzaine pour la présentation d’une série du catalogue Crunchyroll. Spoiler : elle lui a plu, et il vous explique pourquoi. Un topic regroupant les chroniques est disponible sur le forum.

 

À ma gauche, une série racontant les vies quotidiennes de trois lycéennes préoccupées par les changements que la puberté produit sur leurs corps ; à ma droite, une série sur trois intelligences artificielles se matérialisant pour venir en aide à ceux qui les appellent via une application mobile ; au centre, le même format de huit minutes, le même objectif de divertissement et… différents moyens d’y arriver. Analyse de ces deux séries estampillées Ultra Super Anime Time, un créneau de diffusion d’animés au format court occupé par par une coalition de studios du nom d’Ultra Super Pictures.


Oshiete! Galko-chan vs HackaDoll the Animation

 


Sujet no 1 : Oshiete! Galko-chan


Trois filles, trois stéréotypes, trois façons de voir le monde et de survivre à l’adolescence en milieu scolaire. La première c’est la jeune fille bien sous tout angle, qui étudie bien, se coiffe bien, parle bien, agit bien en public, etc. C’est Ojô, qui est vraiment parfaite selon les normes de la société. Ce nom est tiré du même mot qui signifie « demoiselle » de façon formelle et qui s’utilise pour appeler une fille de cet acabit : la petite princesse fifille à papa de bonne famille plutôt riche et conservatrice. Et si l’accentuation change en passant au premier des deux « O », ça devient princesse. Rien ne s’invente. Ojô est grande, fine, belle comme un ange avec son sourire naturel et raffiné. Bref, elle a tout pour plaire et symbolise de par son innocence naïve et ses questions curieuses sur ci ou ça, la virginité d’une adolescente.


La seconde c’est Otako, un nom dérivé d’otaku, qui signifie passionné et par abus de langage s’étend aux fanas d’animation, manga, jeux vidéo, bref les vrais de vrais qui vivent leur passion à 100 à l’heure (ça me rappelle quelqu’un). Petite, avec des lunettes (hé) et des taches de rousseur, elle n’a pas encore eu de développement majeur de son corps et représente encore l’âge enfant, les ados qui attendent leur puberté avec impatience pour enfin grandir et avoir un corps un peu plus adulte, comme les autres. Se réfugier dans ses passions s’oppose directement à la tâche ardue d’étudier pour obtenir un bon emploi et la ramène à une condition d’enfant plutôt qu’une adulte en devenir. Mais n’en déplaise aux clichés, elle est évidemment la plus mature du groupe.


La troisième et éponyme jeune fille n’est personne d’autre que Galko. Avec un nom dérivé de kogal (ou gyaru/gal), on pourrait s’attendre à ce qu’elle en soit une : bronzée artificiellement, cheveux teints en blond, maquillage à outrance et énorme focus sur l’apparence (j’avais mis la puce à l’oreille) à travers les vêtements et accessoires. Bref, une fashionista de l’extrême façon Japon. Eh bien non, ou pas tout à fait. Galko est effectivement assez préoccupée par son look et a les cheveux teints, mais n’a pas du tout le caractère d’une kogal dans le sens où elle s’en sort souvent dernière en matière de maturité. Y compris face à la virginale Ojô qui pose des questions embarrassantes pour son âge sur des sujets pas spécialement si adultes que ça. Souvent fatiguée, gênée par sa timidité et n’assumant pas pleinement ce corps qui change un peu trop vite (elle a en effet une poitrine énorme, pour ceux/celles qui avaient les yeux embrumés) en se demandant comment sa sœur (la même en plus âgée) a bien pu surpasser tout ça. Et c’est là que la roue tourne et que chaque rôle se voit échangé d’une à l’autre.


Sujet n°2 : HackaDoll the Animation


Il existe une application pour smartphones et autres appareils mobiles qui permet d’obtenir de l’aide d’intelligences artificielles. Une Siri en plus évoluée en quelque sorte. Excepté lorsque lesdites IA se mettent à se matérialiser sous les yeux des plus nécessiteux afin de résoudre leurs problèmes, en chair et en os ! Elles sont 3 (puis 4, puis 5) et ont chacune leur personnalité. La première est très énergique et se donne le rôle de leader ; la seconde est plus lascive, ses courbes de femme révolue aidant ; et la troisième est plus juvénile dans son apparence, doublée d’une grosse larve. Pourquoi « the Animation » ? Car il existe en effet une application Hacka Doll qui sert de fil d’actualité otaku. La série est donc une publicité à grande échelle et on est en droit de se demander : c’est une bonne série ou c’est une pub sans intérêt ? Ce à quoi je réponds : je ne parle que de bonnes séries, voyons, un peu de sérieux.

 

HackaDoll Evangelion

Vous allez voir qu’il va y monter dans ce satané robot.


L’humour selon…


HackaDoll ! C’est un humour de niche. Attention pas de chiens ici, juste une forte propension à faire rire via des situations que seuls certains pourront apprécier. Les filles agissent de gaieté de cœur, étant des IA qui n’ont pas grand-chose à perdre à s’impliquer à 100 % dans les vies de leurs « patients », et ça se ressent. Parfois même trop : c’est en effet souvent surjoué. Mais ça fait partie du charme, notamment lorsque ce surplus de comique ou tragique devient la locomotive de la série. Les HackaDolls sont comme elles sont, avec leurs qualités davantage que leurs défauts, et feront tout pour aider leur prochain. Y compris nous inonder de références geek, d’humour absurde et d’une franche envie de faire rire sans artifice… ah pardon un peu de fanservice mais c’est une part du gâteau que l’on ne peut dissocier au tout sous peine de le voir s’écrouler lamentablement. Il faudra du coup être calé en culture otaku pour saisir à fond les œuvres parodiées ou les clins d’œil disséminés parfois un peu grossièrement. Avec un format d’une histoire (un cas à traiter) par épisode, la série reste dans une certaine linéarité soutenue par la qualité constante de l’animation, on y reviendra.


Changement de coin du ring avec l’humour selon Galko-chan ! C’est de l’humour franc, vrai, qui vient du cœur. C’est-à-dire qu’il n’y a rien de véritablement forcé dans cette série, car chaque situation est envisageable. Ce sont des questions sur la vie de tous les jours, souvent orientées sur la femme et sur certains changements dus à l’adolescence. Ça parle de poils, de tétons, de sous-vêtements et autres joyeusetés typiquement présentes dans la bouche d’une ado parlant à une autre ado. Les divergences d’avis et l’écart de maturité d’une fille à l’autre serviront alors d’ascenseur humoristique qui saura nous faire rire assez facilement durant ces quelques minutes de show.


Oshiete! Galko-chan mangaLa couverture du tome 1 du manga, que l’on attend de pied ferme, avec son style bien à lui.


Visuellement, ça donne quoi ?


Pour du short (aïe, je sens déjà les regards assassins), c’est très très bon. L’une comme l’autre a ses charmes et ses atouts, et les deux s’en sortent très bien. Galko bénéficie d’une fidèle adaptation du manga, pleine de couleurs et de formes douces et rondes. L’animation est correcte étant donné qu’il n’y a pas d’action en particulier, mais la physique mammaire de l’héroïne est respectée, le monde peut dormir sur ses deux oreilles. Quant à HackaDoll, c’est le studio Trigger qui remplit sa tâche et le fait à merveille, avec énormément d’attention sur le mouvement, le dynamisme des IA et leurs actions souvent surjouées sont ici accentués par le zèle que l’on connaît du studio Trigger à en faire des tonnes. C’est grandiose, ça explose de partout et on en redemande.


HackaDoll Ball Z

Le dernier épisode, c’est littéralement Dragon Ball Z au Comiket.



Bon alors qu’est-ce qu’on regarde ? Galko ou HackaDoll ? Les deux mon capitaine. Oshiete! Galko-chan est plein de fraîcheur et possède un humour direct qui nous parle à tous et surtout à toutes, les situations sont crédibles, les personnages suffisamment stéréotypés pour être réalistes, et l’on se plaît à observer leur quotidien semé d’interrogations et débats animés. De son côté HackaDoll the Animation est un divertissement purement fou, proposant un trip non-stop de culture pop japonaise et de démence graphique. Idéal pour faire grimper la tension juste avant de la faire redescendre avec Galko-chan. Comme quoi, une série complète l’autre. Conclusion : pourquoi choisir quand on peut avoir les deux, d’autant plus que ce sont des formats courts ce qui a tendance à faciliter le visionnage… et à nous démanger lorsque l’on se rend compte qu’il n’y a plus rien à regarder ! HackaDoll the Animation et Oshiete! Galko-chan sont disponibles en streaming sur Crunchyroll.



Retrouvez Eck sur Crunchyroll toutes les deux semaines pour une chronique sur l’animation japonaise, ou chez votre marchand de journaux dans les pages d’AnimeLand, sur le web chez Nostroblog (où il fait en gros la même chose, mais en râlant) et pour les plus valeureux : suivez-le sur Twitter pour tout savoir sur lui… ou presque.

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