Crunchyroll et la diffusion illégale de séries japonaises

Des questions, des protestations et des débats passionnés !

Cette semaine, la fermeture du site Endless Manga, qui proposait un accès gratuit, mais illégal, à de nombreuses séries japonaises, a suscité un élan de questions, de protestations et des débats passionnés.

Forcément, Crunchyroll est concerné par la question car, à l’instar de Wakanim, nous cherchons aussi à protéger les séries dont nous payons les droits pour pouvoir les diffuser en français.

 

Nous l’avons encore constaté récemment : qu’ils soient diffuseurs ou consommateurs sur ces réseaux parallèles, beaucoup agissent par méconnaissance. Voici donc quelques principes qu’il semble bon de rappeler face à des idées reçues ayant encore la vie dure.

 

Ces sites sont dans leur droit, car ils le font à but non lucratif

Non, ce n’est pas parce qu’on diffuse un programme sans en tirer de bénéfice qu’on a le droit de le faire. Même si ces sites n’hébergent pas directement les vidéos, même si certains épisodes proviennent de plates-formes reconnues comme YouTube ou Dailymotion, rien ne l’autorise. Enfin, en allant sur ces sites, vous remarquerez qu’il y a souvent beaucoup de publicités, souvent très intrusives. Qui tire parti de ces revenus ? En tout cas, pas les créateurs, ni les studios produisant les animés.

 

C’est gratuit au Japon, ça devrait être gratuit en France

Non, ce n’est pas gratuit au Japon ! Déjà, comme en France, les Japonais payent la redevance pour la télévision publique. Certaines séries passent sur des réseaux payants (câble ou satellite) et d’autres sur des chaînes, certes gratuites, mais avec de la publicité (beaucoup). De plus, la chaîne a payé les droits ou investi dans la production pour pouvoir la diffuser. Et que dire des DVD et Blu-ray vendus souvent très cher au Japon ?

 

Je suis jeune, je n’ai pas beaucoup d’argent

Les temps sont durs pour tout le monde, mais qu’en est-il des gens qui travaillent dans cette industrie, que ce soit au Japon (auteurs, animateurs, studios…) ou en France (traducteurs, adaptateurs, développeurs…) ? Leur travail ne mérite-t-il pas d’être rémunéré ? Aimeriez-vous que quelqu’un s’approprie votre travail sans vous le demander ? De plus, les offres légales sont loin d’être hors de prix (moins de 5 euros par mois, pour Crunchyroll), parfois même gratuites.

 

Les éditeurs s’en mettent plein les poches

Le modèle économique des plates-formes de VOD est encore loin d’avoir fait ses preuves. Quand on enlève les frais techniques, les rémunérations du personnel, les taxes et le coût des droits, il ne reste pas grand-chose. Il trouvera probablement son équilibre dans quelques années, s’il est déployé à grande échelle. En attendant, un conseil : si vous voulez vous enrichir rapidement, mieux vaut travailler dans d’autres domaines que l’animation japonaise ou le manga.

 

Pourquoi agir maintenant alors que rien n’a été dit pendant des années ?

C’est seulement depuis deux ou trois ans que l’offre légale s’est très largement développée. De plus, les compagnies japonaises ont mis du temps avant de comprendre l’ampleur du phénomène. Peu importe si auparavant, cette diffusion parallèle a été bénéfique ou pas à ce marché, le débat n’est pas là. Le fait est qu’à présent, la plupart des séries diffusées au Japon sont licenciées en France. Il est donc légitime que les détenteurs de ces droits cherchent à les protéger.

 

Nous en venons finalement à la vraie question du moment : pourquoi continuer une diffusion et une consommation sauvage de programmes qui sont accessibles légalement, facilement et souvent gratuitement en France ?

 

Voilà pourquoi Crunchyroll, comme Wakanim ou ADN, passe du temps à faire retirer ses contenus diffusés de façon illicite. Parfois, cela se fait en bonne entente, d’autres fois, il faut user de moyens plus répressifs, pouvant aller jusqu’à la fermeture définitive d’un site.

 

Rappelons encore une fois qu’il est possible aujourd’hui de regarder beaucoup de choses gratuitement. Alors oui, il peut y avoir certaines contraintes ou des restrictions, mais il faut savoir qu’il n’existe pas d’équivalent pour le cinéma ou les séries US, où l'on doit forcément payer pour regarder un programme légalement.

Si l'on aime l’animation japonaise, si l'on veut réellement soutenir cette culture, il est important d’adopter une attitude responsable.

 

L’équipe Crunchyroll

 

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