Animet'Eck #01 : Myriad Colors Phantom World

La nouvelle série de KyoAni vous plonge dans l'univers coloré et déjanté des Phantoms, attention à ne pas trembler... de rire !

Retrouvez Eck chaque quinzaine pour la présentation d'une série du catalogue Crunchyroll. Spoiler : elle lui a plu, et il vous explique pourquoi. Un topic regroupant les chroniques est disponible sur le forum

 

S’il y a bien un studio d’animation japonaise qui a droit à toute l’attention du public lorsqu’il diffuse une nouvelle série, c’est bien KyoAni. Sous les feux des projecteurs, c’est donc le dernier projet né du studio Kyoto AnimationMyriad Colors Phantom World (Musaigen no Phantom World), qui s’y colle cet hiver 2016, en reprenant l’univers des romans éponymes.

 

L’histoire ?  Des adolescents développent de manière aléatoire des capacités surnaturelles qui leur permettent de combattre des esprits, les Phantoms, à l’orée de l’imaginaire et du rêve, dans un monde où ceux-ci sont partout mais pas visibles par tous. Jusqu’à ce qu’un virus soit « accidentellement » répandu et que tout le monde prenne conscience de leur présence…

 

logo myriad


Une histoire… déjà vue ?


C’est dans ce contexte somme toute banal mais efficace que commence l’histoire, où l’on suivra les aventures d’un groupe d’adolescents dotés de pouvoirs qui les aideront à apaiser les esprits (pour ne pas dire les détruire, dans la majorité des cas) et maintenir un semblant de statu quo de paix, puisque relativement temporaire. Les différentes aventures de cette bande se suivront et étofferont les liens qui les unissent, en creusant petit à petit dans leur vie. À mi-chemin entre série sérieuse d’action sauce Monster of the Week et comédie romantique, le spectre des émotions est bien utilisé avec un peu de tout sans trop d’abus.


On regrettera peut-être ce manque de ligne directrice qui, pendant les premiers épisodes, nous conduit à regarder la série sans entrapercevoir de fil rouge scénaristique pour nous tenir en haleine ou sans nous intéresser à son univers. En effet, tout le pan technique d’explication des pouvoirs, des Phantoms et de tout ce qui a trait au surnaturel est développé par le protagoniste, Haruhiko, qui prend un malin plaisir à briser le quatrième mur en parlant souvent directement au public, par exemple lors de chaque scène d’introduction d’épisode.


L’histoire ne brille donc pas par son postulat original ni par son casting de personnages plutôt réchauffé : Haruhiko, un garçon meneur de groupe malgré lui, cultivé et fin stratège ; Mai, une fille énergique, sexy et autoritaire ; Reina, une autre fille plus réservée, mignonne et à la puissance dévastatrice, tranchant avec son attitude ; Koito, encore une fille froide et assez asociale… et la mascotte de service, Lulu, adorablement insupportable. Bref, rien de nouveau sous le soleil sinon que c’est bel et bien un harem.


myriad characters



Une série typiquement KyoAni


C’est visuellement beau. Que l’on soit fan ou pas du genre, il faut reconnaître que le studio ne perd pas en talent. Les séquences d’action sont animées avec soin et détail et souvent agrémentées d’effets spéciaux réalisés aux petits oignons qui savent offrir un certain plaisir visuel appréciable.


Mais tout en restant beau, c’est aussi surtout très propre. Comme le studio nous y habitue, c’est aussi coloré que lissé. Les personnages ont un chara-design toujours très conventionnel, sans réelle fantaisie malgré l’univers qui s’y prête, avec des visages et cheveux dignes de top models. On pourrait se laisser tenter de dire que c’est trop générique, comme beaucoup le reprochent souvent aux adaptations de Light Novel à tendance harem d’action en milieu scolaire. Est-ce réellement un problème ? Dans ce cas, non, car la série se plonge dans le fantastique et l’humour avec brio : du scolaire mignon et assez délirant par moments, s’enfonçant dans le fanservice exacerbé (la scène déjà culte d’exorcisme au limbo) et la parodie qui se joue de tout et en vient à casser certaines espérances du public. Une bonne chose qui saura dépayser les aficionados.


limbo myriad colors phantom world mai

Un sens de l’abnégation sans faille au service de l’altruisme.


Plus que du divertissement


Comme on l’a déjà abordé plus tôt, mais en surface, le thème du Phantom apparaissant dans la vie d’un membre du groupe et permettant à ce dernier de mieux se connaître à travers ses différentes aventures n’est pas anodin. À la manière de la saga Monogatari, ce sont les démons intérieurs de chacun qui sont chassés à l’aide de psychologie, de compréhension et d’une bonne dose d’amour ou d’amitié, selon. Et tout ceci est représenté avec une créature tantôt malfaisante, tantôt parasite, ici des Phantoms, qui tire le personnage vers le bas en lui faisant ressasser de mauvais souvenirs ou des pensées néfastes.


Cette représentation est purement physique mais aussi très virtuelle : les Phantoms ne sont à l’origine pas vus de tous et l’imagerie du virtuel est très présente à travers la pixellisation qui a lieu quand des phénomènes surnaturels ont lieu. Ce n’est pas le fruit d’un hasard qui laisse planer le doute sur l’existence de ces créatures. Ne seraient-elles pas juste une manifestation des troubles internes de chacun ? Quoi qu’il en soit, le thème de l’exorcisme a récemment fait des vagues avec des animés comme Ushio & Tora, Garo, ou encore Noragami, et il semblerait que ce ne soit pas fini !


Les histoires à morale sont donc légion, chaque épisode reposant sur une facette de la vie d’un personnage, avec à la fin une résolution du conflit souvent teintée de douce amertume. La vie n’est pas toujours parfaite, mais il faut savoir tirer le bon du mauvais et faire avec sans s’apitoyer sur son sort. Cet aspect de fable donne à la série ce fameux petit plus qui a permis à d’autres de devenir cultes.


On peut alors dire que Myriad Colors Phantom World est une série agréable à regarder en raison de son équilibre alternant humour bien dosé, action survitaminée et moments guimauves appréciés afin de finir sur une note généralement positive. Retrouvez Myriad Colors Phantom World sur Crunchyroll, en simulcast toutes les semaines !




Retrouvez Eck sur Crunchyroll toutes les deux semaines pour une chronique sur l’animation japonaise, ou chez votre marchand de journaux dans les pages d’AnimeLand, sur le web chez Nostroblog (où il fait en gros la même chose, mais en râlant) et pour les plus valeureux : suivez-le sur Twitter pour tout savoir sur lui… ou presque. 
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