Animet'Eck #24 : Tsuki ga Kirei

Douceur printanière sans conteste : Tsuki ga Kirei est singulier en son genre et c'est tant mieux.

Retrouvez Eck chaque quinzaine pour la présentation d'une série du catalogue Crunchyroll. Spoiler : elle lui a plu, et il vous explique pourquoi. Un topic regroupant les chroniques est disponible sur le forum

 

Rencontre fortuite entre deux collégiens, Tsuki ga Kirei peint avec justesse et délicatesse les sentiments adolescents que tout le monde traverse à cette tendre époque. Mais est-elle vraiment tendre ? Entre la puberté qui change nos corps et les affres d’une vie étudiante en pleine métamorphose elle aussi en nous faisant entrer dans une ère plus sérieuse, rien n’est de tout repos. Quelles surprises attendent Kôtarô et Akane, deux jeunes personnes sur le point de se connaître et apprécier ? La rentrée de cette année de troisième ne sera décidément pas comme les autres...



poster


Tsuki ga Kirei, alias as the moon, so beautiful, est un animé du studio feel. que l’on connaît déjà pour son travail sur Oshiete! Galko-chan ou encore Dagashi Kashi. Changement de registre cette fois car pas d’adaptation de manga ou light novel mais une histoire originale. À l’écriture, un habitué des tranches de vie romantiques qui a déjà œuvré sur Chihayafuru ou Orange plus récemment, Yûko Kakihara. À la réalisation, une tête bien connue des aficionados car on lui doit le grandiose Angel Beats, le surprenant YûYûYû ou bien même l’étourdissant Ranpo Kitan: Game of Laplace : j’ai nommé Seiji Kishi. Sans plus attendre on sait qu’on est déjà entre de bonnes mains.


Rom + Com = ?


Maintenant, posons le décor : un garçon entame sa troisième et dernière année de collège (format scolaire primaire + collège + lycée en 6-3-3 années au Japon). Il est dans la même classe qu’une fille qui ne connaît pas grand monde car séparée par le hasard de ses amies qui se retrouvent dans une autre classe. Leurs regards se croisent et pouf, ça fait des chocap- rien du tout, mais l’intention y est. Leur rencontre fortuite lors d’un repas en famille (chacun avec la sienne) dans une cafétéria les fera se rapprocher malgré eux et la proximité sera encore plus soudée par leur travail d’équipe à la préparation d’un événement scolaire sportif. Bref, tous les éléments sont là pour que deux inconnus se rapprochent et se connaissent, en nous laissant ainsi spectateurs de la naissance d’une relation dont on ne demande qu’à voir du joli mamour tout dégoulinant de miel. Venons-en aux faits.


Kôtarô est donc un élève de troisième, d’une quinzaine d’années. Il aime lire et écrire et c’est pour cela qu’il travaille un peu dans une librairie et participe à des concours d’écriture amateurs. Plutôt réservé et régulièrement en train de citer l’auteur Osamu Dazai pour justifier ses pensées et actes, il finira par s’ouvrir un peu au contact de… Akane, une jeune fille qui participe activement à son club d’athlétisme et ne jure que par sa petite peluche antistress qui lui sert de porte-bonheur. Souvent stressée par la pression et les attentes des autres, elle s’en sert souvent pour se canaliser sur la réussite. Comment ces deux-là que tout semble séparer vont se lier d’amitié alors qu’ils transpirent déjà à l’idée d’ouvrir la bouche pour se saluer le matin en entrant dans la même salle de classe ? Bonne question, bonne question…


cupidon was here

Un seul regard qui vaut tous les mots de l'univers.


Une série douce, que me diffusait ma maman


C’est une série douce. Elle n’apporte rien au spectateur de stressant ni de dramatique et ne proclame aucun enjeu qui puisse nous scotcher à notre fauteuil. Et pourtant, les 25 minutes par épisode passent toutes seules sans qu’on s’en aperçoive. Cette douceur est nécessaire à l’appréciation de la série. En effet, on ressent beaucoup d’onirisme dans le cadrage de la caméra, le rythme du déroulement de la série et le temps qui nous est donné pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. Sa réalisation sent bon la patience et cette baisse de tension fait un bien fou au point que ça en devient un visionnage cathartique.


Pour contrecarrer l’obscurité inhérente des ombres, la palette graphique préfère ajouter des surfaces blanches sur les parties éclairées des personnages ou de leurs vêtements afin de mieux souligner la luminosité des environnements et accentuer l’éclairage. Ce dernier fait primer le clair sur l’obscur et joue avec les tons pastel pour délivrer une ambiance sereine. Les musiques, au tempo languissant et mélancolique, sont souvent quelques notes de piano glissées ici et là pour accompagner avec tranquillité les vies des protagonistes. Douceur également au niveau du doublage. Pas de garçons aux intonations gueulardes ou de filles au moe exagéré, non, des voix normales et maîtrisées. Encore une fois, la justesse est clef.


sakura

Les cerisiers ne sont pas les seuls à être en fleurs... 


Dur dur d’être un ado


Les thématiques abordées jusqu’à présent sont celles de tout un chacun. Le doute et le repli sur soi d’un adolescent peut-être un peu mal dans sa peau, notamment lorsque les parents sont plus facilement sociables. La timidité envers le sexe opposé, chose tout à fait normale en ces temps de puberté où l’on se redécouvre comme être potentiellement sexué, avec ce que ça sous-entend d’acceptation de soi et d’ouverture à autrui. L’événement sportif organisé par l’école aide les élèves à partager et s’ouvrir les uns aux autres. Mieux encore, avec les technologies actuelles de communication les adolescents s'affranchissent de la barrière corporelle dont ils ont tant honte pour briser la glace via leurs smartphones, notamment avec l’application de messagerie LINE, très populaire au Japon. Les balbutiements de la salle de cours deviennent alors des franches discussions avec emojis et autres stickers pour appuyer des émotions pourtant simples mais qui ont parfois de la peine à sortir.


Par ce biais vont se créer des sentiments, que ce soit l’amitié en premier lieu ou encore l’amour si plus et affinités. La sexualité est abordée de façon indirecte via des regards et autres constats alarmants : oui, les garçons et filles sont beaux/belles et attirant(e)s. Cette attirance sexuelle est notamment dépeinte par un éveil du désir : Kôtarô louche sur un magazine avec en couverture des idols en bikini, un autre jour il concentre les dix dixièmes (et au-delà) de sa vision sur les tenues de sport aérées des filles pendant les courses d’athlétisme, etc. Mais jamais dans un contexte d’humour grivois, ici nulle blague salace à la Prison School, tout est naturel et crédible et c’est pour ça que c’est aussi appréciable que juste.


En résumé, cette série s’adresse aux curieux et curieuses qui aiment savourer un thé avec parcimonie, se délectant de chaque gorgée chaque fois légèrement moins brûlante que la précédente mais toujours plus goûtue. Le rythme posé ne doit pas être mépris avec de la lenteur, c’est un choix esthétique qui sied parfaitement au genre : une douce romance scolaire qui finira très certainement bien car rien ne présage que du mal puisse arriver, certainement pas l’ending en tout cas où l’on voit le petit couple se tenir côte à côte en terminant par se prendre la main.


Tsuki ga Kirei est disponible en streaming chaque semaine sur Crunchyroll.




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