Animet'Eck #25 : Alice & Zôroku

De l'autre côté du miroir : une douce relation entre une jeune fille dotée de pouvoirs et un vieux fleuriste.

Retrouvez Eck chaque quinzaine pour la présentation d'une série du catalogue Crunchyroll. Spoiler : elle lui a plu, et il vous explique pourquoi. Un topic regroupant les chroniques est disponible sur le forum.

 

Des affrontements à base de pouvoirs magiques, explosions et autres artifices, avec un vieux fleuriste et une jeune fille qui semble sortir de nulle part. Voici le tout début de Alice & Zôroku et il nous faudra creuser un peu plus pour élucider quelques unes des interrogations qui nous assaillent. Qui est qui, qui fait quoi, comment et surtout pourquoi ? Hmm, bonnes questions.

 

 

 

poster

 

Cette adaptation du manga éponyme (publication du 1er tome en anglais courant été 2017) de l’auteur Tetsuya Imai a été réalisée par le studio J.C. Staff et promet pendant 12 épisodes (dont un premier de 45 minutes) de donner vie aux aventures de Sana et Zôroku, les deux protagonistes. La première, jeune fille mystérieuse fraîchement échappée d’un centre de détention scientifique un peu spécial se retrouve vite liée au second, un fleuriste bourru vivant avec sa petite-fille. Tout les sépare et pourtant devant la candeur et la fragilité de Sana, le vieux Zôroku se sentira responsable d’elle et la prendra sous son aile. Démarre alors une relation paternelle que Sana n’a jamais connue et que Zôroku semble n’avoir aucun mal à exprimer avec naturel et sagesse.


La série s’articule autour de deux axes principaux, que tout oppose. Face A : comédie dramatique façon tranches de vie. Face B : série d’action de type fantastique avec pouvoirs magiques et univers urban fantasy. Autant dire que, d’emblée, ça ressemble à un sacré mélange. C’est d’ailleurs bien le cas : la série donne une sensation de diversité et réussit à nous dépayser par son contenu.


sana zoroku

Deux êtres que tout sépare, et pourtant...


Tranches de vie toastées et tartinées à la comédie


D’une part, nous avons la petite Sana, jeune fille enfuie d’un centre/prison/labo scientifique top secret et aux activités douteuses. Elle semble invoquer un pouvoir grâce à son imagination, qui lui permet à peu près tout. Une puissance inimaginable aux conséquences potentiellement désastreuses si ça venait à se retrouver entre de mauvaises mains. Or, c’est le vieux Zôroku qui tombe sur Sana. Fleuriste, grand-père, assez sauvage dans son comportement à première vue, mais plutôt nounours au final : ça grogne plus que ça ne mord. Il se prend d’affection pour elle et lui offre le lit et le couvert. C’est un luxe pour une fille qui ne connaît rien du monde extérieur, enfermée depuis des années dans une cellule. Le choc de ces personnalités est la pierre angulaire de la partie dramatique de la série. Découlent de leurs expériences passées ensemble tout un tas de leçons de vie et autres carcans du récit d’apprentissage.


La petite-fille Sanae, qui partage presque le même prénom avec la nouvelle venue à la maison, aura elle aussi son rôle à jouer dans la quête initiatique de Sana. Grande sœur, presque mère bienveillante et conciliante, elle possède une force humaine qui donne des ailes à la petite rescapée. Mieux encore, elle accepte sans se questionner à ce sujet les particularités de Sana liées à sa magie. Ouverte d’esprit et avec un cœur gros comme ça, elle a de qui tenir. Toutefois l’aspect le plus marquant de leur relation reste la comédie. À travers les utilisations mal maîtrisées et fantaisistes de la magie de Sana, ce sont des situations  comiques à base de gags qui résultent et ouvrent la porte à des moments de réflexion entre les deux filles.


sana sanae

La nourriture comme lien social : approuvé par Sana et Sanae.


Alice au pays des cerisiers

 

Bon alors, c’est quoi le rapport avec Alice ? On parle bien de “la” Alice qui est souvent utilisée comme inspiration au Japon dans des œuvres de fictions fantastiques ? Eh bien oui, la fameuse Alice au pays des merveilles, née de l’imagination de Lewis Carroll. Ici, le terme Alice représente ces enfants dotés de pouvoirs aussi appelés les Rêves d’Alice. Ils disposent de dons qui leur permettent de défier les lois de la physique en créant de la matière depuis rien, en volant, se téléportant, etc. Bref, rien de vraiment habituel. Mais le pouvoir militaire étant important, elles sont des cibles faciles pour tout type de personnes malveillantes… mais bienveillantes aussi pour assurer leur protection. Sana est une de ces personnes et la série débute avec son évasion du laboratoire secret où elle a été élevée en captivité. On fera vite la connaissance de plusieurs autres personnages partageant ces dons, mais ceux de Sana semblent être bien au-dessus des leurs. Ceci expliquant cela, elle est vivement recherchée.

 

C’est le noyau dur de l’action qui a lieu dans la série : capturer ou défendre Sana. Tout s’articule autour d’elle, malgré elle. Cela ajoute de la valeur à son personnage, tel un butin que l’on doit posséder. Sana n’est pas considérée comme humaine aux premiers abords. Il s’agit d’un sujet d’expérimentations qui a glissé des mains de ses créateurs et qu’il faut à tout prix retrouver. C’est sa rencontre avec Zôroku et son entourage qui permettra de polir la dimension humaine de Sana en la considérant comme un membre de la famille. Passer en effet de demoiselle en détresse à petite sœur adoptive sera un déclic nécessaire à Sana dans son évolution. Impossible de ne pas y voir une analogie avec l’évolution des protagonistes de la série Elfen Lied. Cette dernière possédait le même thème de sujets de laboratoire aux pouvoirs dévastateurs qui finissaient par s’humaniser au contact de personnes chaleureuses et ouvertes d’esprit.


alice dream

Parfois, Sana devra aussi protéger Zôroku en utilisant ses pouvoirs.


La partie animation de la série souffre cependant de quelques irrégularités. Autant le chara-design est fidèle au manga et l’animation dans son ensemble est très correcte, mais les rares parties faites en 3DCG restent coincées en travers de la gorge. Le reste est somme toute relativement classique, la série ne se fera pas de place au panthéon des dieux de l’animation, mais ne sera pas oubliée non plus par son classicisme. L'ending, par contre, est un petit bijou qui se regarde comme on mange de la guimauve. Le traitement de faveur à la dimension dramatique est réellement le facteur qualitatif que la série saura utiliser à son avantage. Ce qui n'est en rien surprenant quand on sait que le réalisateur de la série est Katsushi Sakurabi qui a œuvré sur Flying Witch. C’est avec hâte qu’on veut voir les péripéties du quotidien de Sana et son grand-père d’adoption, entre deux bastons explosives et des invocations de cochons (je n’en dis pas plus).


Retrouvez Alice & Zôroku en streaming gratuit sur Crunchyroll.



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